Le résultat exceptionnel après la réforme du PCG 2025 : définition, calcul et impact

Dernière mise à jour le 3 juin 2026

⚠️ Mise à jour importante — Réforme du PCG 2025 Le règlement ANC n°2022-06, obligatoire depuis le 1er janvier 2025, redéfinit profondément le résultat exceptionnel. Sa portée est considérablement réduite : de nombreux éléments qui lui appartenaient auparavant — cessions d’immobilisations, pertes sur créances, dons — basculent désormais dans le résultat d’exploitation ou financier. Les formules de calcul et les comptes présentés dans cet article tiennent compte de ces changements.

Depuis la réforme du PCG 2025, ce résultat est strictement limité aux opérations liées à des événements majeurs et inhabituels — catastrophes naturelles, expropriations, corrections d’erreurs significatives, opérations fiscales comme les amortissements dérogatoires. Il ne reflète plus les cessions d’actifs ni la plupart des opérations autrefois qualifiées d'”exceptionnelles” faute d’une meilleure classification.

Le résultat exceptionnel est la différence entre les produits exceptionnels et les charges exceptionnelles. Il figure dans le compte de résultat, juste avant le résultat net, après le résultat courant avant impôt.

Qu’est ce que le résultat exceptionnel ?

Le résultat exceptionnel est issu d’événements répondant aux deux critères cumulatifs introduits par la réforme PCG 2025 :

  • Majeur : l’événement a des conséquences financières suffisamment importantes pour influencer la lecture des états financiers.
  • Inhabituel : l’événement ne fait pas partie de l’activité courante et est peu probable de se reproduire.

✅ S’il est positif (produits > charges), on parle de bénéfice exceptionnel.

❌ S’il est négatif (charges > produits), on parle de perte exceptionnelle.

➡️ Ce qui reste dans le résultat exceptionnel après 2025 :

OpérationNature
Pertes liées à une catastrophe naturelleCharge exceptionnelle
Pertes dues à une cyberattaque majeureCharge exceptionnelle
Expropriation par une autorité publiqueCharge exceptionnelle
Amendes et pénalités d’ampleur majeure et non récurrenteCharge exceptionnelle
Corrections d’erreurs significatives sur exercices antérieursCharge ou produit exceptionnel
Amortissements dérogatoires (différence fiscal/économique)Charge ou produit exceptionnel
Changements de méthode comptable portés en résultatCharge ou produit exceptionnel
Indemnités reçues pour sinistre majeurProduit exceptionnel

➡️ Ce qui ne fait plus partie du résultat exceptionnel depuis 2025 :

OpérationReclassement
Cession d’immobilisations corporelles/incorporellesRésultat d’exploitation
Cession d’immobilisations financièresRésultat financier
Pertes sur créances irrécouvrablesRésultat d’exploitation
Dons à des associationsRésultat d’exploitation
Rappels d’impôts courantsRésultat d’exploitation
Subventions d’équilibreRésultat d’exploitation
Quote-part de subvention d’investissement virée au résultatRésultat d’exploitation

⚠️ Note sur les normes IFRS : les normes IFRS ne reconnaissent pas de résultat exceptionnel. La réforme PCG 2025 rapproche la comptabilité française des IFRS en réduisant drastiquement le périmètre exceptionnel, même si la distinction subsiste formellement dans le PCG.

Comment le calculer ?

🧮 Formule de calcul du résultat exceptionnel après réforme PCG 2025 :

ÉlémentsComptes
Produits exceptionnels (événements majeurs/inhabituels)Compte 77 (périmètre réduit)
+ Reprises sur provisions et dépréciations exceptionnellesCompte 787 (périmètre réduit)
– Charges exceptionnelles (événements majeurs/inhabituels)Compte 67 (périmètre réduit)
– Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions exceptionnellesCompte 687 (dont amortissements dérogatoires)
= Résultat exceptionnel

➡️ Impact sur les SIG (soldes intermédiaires de gestion): le résultat d’exploitation intègre désormais les plus et moins-values sur cessions d’immobilisations corporelles et incorporelles (comptes 757 et 657). Cela modifie la lecture du résultat d’exploitation qui peut être plus volatile qu’avant selon les exercices marqués par des cessions importantes. Pour comparer les performances courantes d’une année sur l’autre, il convient de retraiter ces éléments.

Comptes supprimés à ne plus utiliser :

Compte 797 (transferts de charges exceptionnelles) : supprimé par la réforme

Compte 675 (valeur comptable des actifs cédés) : remplacé par 657 (exploitation) ou 667 (financier)

Compte 775 (produits des cessions d’actifs) : remplacé par 757 (exploitation) ou 767 (financier)

Pourquoi le calculer ?

Le calcul du résultat exceptionnel remplit trois rôles essentiels, qui prennent une nouvelle dimension après la réforme :

🧠 Comprendre la composition du résultat 

Le résultat exceptionnel permet d’isoler les éléments non récurrents et d’évaluer la performance de l’entreprise dans des conditions normales. Après la réforme, son périmètre étant plus restreint, un résultat exceptionnel significatif est encore plus révélateur d’un événement vraiment hors du commun (catastrophe, litige majeur).

📝 Expliquer les variations importantes d’une année sur l’autre 

Un résultat net qui s’envole ou qui décroche brutalement peut s’expliquer par un résultat exceptionnel inhabituel. Avant de conclure à une amélioration ou dégradation de l’activité, il faut vérifier la contribution du résultat exceptionnel.

💥 Attention aux cessions d’immobilisations dans le résultat d’exploitation 

Depuis 2025, les plus et moins-values sur cessions d’actifs transitent par le résultat d’exploitation. Un analyste ou un investisseur doit donc désormais retraiter le résultat d’exploitation pour en extraire les cessions et mesurer la performance opérationnelle pure. Ce point est nouveau et important : avant la réforme, les cessions étaient isolées dans le résultat exceptionnel. Elles sont maintenant “cachées” dans le résultat d’exploitation.

🚨 Signal pour les investisseurs et acquéreurs 

Lors d’un rachat ou d’une levée de fonds, l’analyse du résultat exceptionnel reste indispensable. Mais il faut désormais également examiner le résultat d’exploitation à la recherche de plus-values de cession qui pourraient le gonfler artificiellement.

Quels sont les phénomènes ayant un impact sur le résultat exceptionnel ?

Depuis la réforme PCG 2025, les phénomènes ayant un impact sur le résultat exceptionnel sont strictement limités aux événements majeurs et inhabituels :

📈 Impact positif (produits exceptionnels — compte 77) :

  • Indemnités d’assurance reçues suite à un sinistre majeur (incendie, inondation)
  • Indemnités reçues dans le cadre d’une expropriation
  • Reprises sur provisions et dépréciations exceptionnelles (compte 787)
  • Corrections d’erreurs significatives d’exercices antérieurs (si favorables)

📉 Impact négatif (charges exceptionnelles — compte 67) :

  • Pertes subies lors d’une catastrophe naturelle
  • Charges liées à une cyberattaque d’ampleur majeure
  • Amendes et pénalités d’une gravité exceptionnelle et non récurrente
  • Corrections d’erreurs significatives d’exercices antérieurs (si défavorables)
  • Dotations aux amortissements dérogatoires (compte 687)

Ce qui a basculé hors du résultat exceptionnel depuis 2025 :

  • Produits des cessions d’actifs → résultat d’exploitation (compte 757) ou financier (compte 767)
  • Valeur comptable des actifs cédés → résultat d’exploitation (compte 657) ou financier (compte 667)
  • Pertes sur créances irrécouvrables → résultat d’exploitation (compte 654)
  • Rentrées sur créances amorties → résultat d’exploitation (compte 7587 ou similaire)
  • Pénalités perçues courantes → résultat d’exploitation

FAQ

La réforme PCG 2025 change-t-elle la place du résultat exceptionnel dans le compte de résultat ?

Non. Le résultat exceptionnel continue de figurer dans le compte de résultat après le résultat courant avant impôt et avant la participation des salariés et l’impôt sur les bénéfices. Sa place dans la structure du compte de résultat est inchangée. C’est son contenu qui est drastiquement réduit.

Comment comparer les résultats d’exploitation 2024 et 2025 maintenant que les cessions d’actifs y sont intégrées ?

Pour une comparaison pertinente, il faut retraiter le résultat d’exploitation 2025 en excluant les plus et moins-values sur cessions (comptes 757 et 657). De même, si vous comparez avec des résultats antérieurs à 2025, n’oubliez pas que les cessions figuraient alors dans le résultat exceptionnel. La comparabilité inter-exercices nécessite une note explicative en annexe.

Le résultat exceptionnel peut-il être nul plusieurs années de suite ?

Oui, et c’est même ce que visait la réforme. Pour une entreprise dont l’activité est régulière et sans événement majeur, le résultat exceptionnel devrait tendre vers zéro. Un résultat exceptionnel nul est un signe de normalité comptable après la réforme — ce n’était pas toujours le cas avant, où des opérations récurrentes (cessions, pénalités) alimentaient systématiquement ce poste.

Les exercices antérieurs à 2025 doivent-ils être retraités pour comparaison ?

Non, il n’y a pas d’obligation de retraitement rétrospectif des exercices antérieurs. Mais pour faciliter la comparaison entre les états financiers 2025 et ceux des années précédentes, il est recommandé de présenter une note en annexe expliquant les reclassements opérés et leur impact sur les différents niveaux de résultat.

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