L’amortissement : dĂ©finition, calcul et comptabilisation (guide 2026)

DerniĂšre mise Ă  jour le 11 juillet 2026

L’amortissement est la dĂ©prĂ©ciation de la valeur d’une immobilisation dans le temps. Cette perte de valeur est liĂ©e Ă  son utilisation et Ă  son anciennetĂ©. En effet, les immobilisations sont inscrites Ă  l’actif du bilan de l’entreprise. Elles constituent un Ă©lĂ©ment de son patrimoine. L’amortissement reprĂ©sente la charge, comptablement parlant, liĂ©e Ă  cette utilisation. Le coĂ»t de l’immobilisation est ainsi rĂ©parti sur plusieurs annĂ©es en comptabilitĂ©, correspondant Ă  sa durĂ©e d’utilisation. L’Ă©criture permet de prĂ©senter une image fidĂšle de l’entreprise. Son calcul peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© de deux façons : linĂ©airement ou de façon dĂ©gressive.

Bien maĂźtriser le calcul de l’amortissement est essentiel : il conditionne Ă  la fois le rĂ©sultat comptable, le rĂ©sultat fiscal et la valeur nette de l’immobilisation figurant au bilan chaque annĂ©e.

Qu’est-ce que l’amortissement ?

Il s’agit de la constatation comptable de la perte de valeur d’une immobilisation liĂ©e :

  • Ă  son utilisation (ex : l’usage d’une machine dans la production, l’utilisation de la voiture d’un vendeur) ;
  • Ă  son ancienneté et son obsolescence, correspondant à l’Ă©volution des technologies (ex : achat d’ordinateurs plus performants).

Il n’engendre pas de dĂ©caissement de trĂ©sorerie. Il s’agit simplement d’une opĂ©ration comptable. L’immobilisation n’est pas une charge mais un investissement. On attend d’elle qu’elle procure des avantages Ă©conomiques futurs. La charge est Ă  l’inverse consommĂ©e dans la production.

L’immobilisation est inscrite Ă  l’actif dans le bilan de l’entreprise ; aucune charge n’est constatĂ©e lors de son achat, et donc aucune baisse du rĂ©sultat comptable et fiscal n’est constatĂ©e. L’amortissement permet au contraire de rĂ©duire le rĂ©sultat.

Quels sont les différents types ?

Il existe deux types d’amortissement : linĂ©aire et dĂ©gressif.

L’amortissement linĂ©aire

L’amortissement linĂ©aire consiste Ă  pratiquer des amortissements Ă©quivalents sur chaque pĂ©riode. Le montant amorti chaque annĂ©e est Ă©gal Ă  la base amortissable divisĂ©e par le nombre d’annĂ©es d’utilisation Ă  compter de la date de mise en service. Le nombre d’annĂ©es dĂ©pend du type d’immobilisation et est dĂ©terminĂ© par les durĂ©es usuelles. Ce mode de calcul est obligatoire pour les biens d’occasion et les biens dont la durĂ©e d’utilisation est infĂ©rieure Ă  3 ans.

L’amortissement dĂ©gressif

L’amortissement dĂ©gressif consiste Ă  pratiquer des amortissements plus importants en dĂ©but d’utilisation de l’immobilisation. Le montant sera ensuite dĂ©gressif d’annĂ©e en annĂ©e. Le calcul du montant Ă  amortir se fait en divisant la base amortissable par le nombre d’annĂ©es d’utilisation puis en appliquant un coefficient :

  • 1,25 pour une durĂ©e d’utilisation de 3 Ă  4 ans ;
  • 1,75 pour une durĂ©e d’utilisation de 5 Ă  6 ans ;
  • 2,25 pour une durĂ©e d’utilisation supĂ©rieure Ă  6 ans.

À noter : l’amortissement dĂ©gressif est rĂ©servĂ© Ă  certains biens neufs limitativement Ă©numĂ©rĂ©s par la loi (matĂ©riel industriel, matĂ©riel de bureau, logiciels, etc.). Il est en revanche exclu pour les vĂ©hicules de tourisme, quelle que soit leur durĂ©e d’utilisation.

Comment le calculer ?

Le calcul est fonction de :

  • La nature de l’investissement, qui dĂ©termine la durĂ©e applicable. La durĂ©e d’amortissement correspond Ă  la durĂ©e d’utilisation prĂ©vue. Ainsi, un logiciel, bien technologique et donc rapidement obsolĂšte, sera amorti sur un an. Un terrain, Ă  l’inverse, n’est pas amortissable. Par mesure de simplification, l’administration fiscale a mis en place des durĂ©es d’amortissement usuelles. Voici quelques exemples :
  • Les immobilisations financiĂšres ne sont pas amortissables ;
  • Le fonds de commerce et le droit au bail ne sont pas amortissables ;
  • Le matĂ©riel de transport est amortissable sur 4 Ă  5 ans ;
  • Les constructions sont amortissables sur 20 Ă  50 ans.
  • Le type d’amortissement choisi (linĂ©aire ou dĂ©gressif).

Il est calculĂ© dans un tableau d’amortissement.

À noter qu’en cas d’immobilisation constituĂ©e de diffĂ©rents composants procurant des avantages Ă©conomiques selon un rythme diffĂ©rent, l’amortissement se fait par composant et non pour toute l’immobilisation uniformĂ©ment.

Comment passer une Ă©criture comptable d’amortissement ?

L’Ă©criture comptable est la suivante :

DébitCrédit
Compte 6811 (dotation aux amortissements) : montant de la dotation
Compte 28XX (amortissement des immobilisations) : montant de la dotation

Exemple chiffrĂ© de calcul d’amortissement

Une entreprise achĂšte un ordinateur professionnel pour 2 000 € HT, amortissable en linĂ©aire sur 3 ans (durĂ©e usuelle pour le matĂ©riel informatique).

  • Taux d’amortissement annuel : 100 % / 3 ans = 33,33 %
  • Dotation annuelle : 2 000 € x 33,33 % = 666,67 €

Chaque annĂ©e, l’entreprise passera une dotation aux amortissements de 666,67 €, jusqu’Ă  ce que la valeur nette comptable du matĂ©riel atteigne zĂ©ro au terme des 3 ans.

Tableau synthétique : linéaire ou dégressif ?

CritÚreAmortissement linéaireAmortissement dégressif
PrincipeDotation constante chaque annéeDotation plus forte les premiÚres années
Biens concernésTous les biens amortissablesBiens neufs limitativement listés par la loi
Obligatoire pourBiens d’occasion, durĂ©e d’utilisation < 3 ans—
Coefficient appliquéAucun1,25 / 1,75 / 2,25 selon la durée
IntĂ©rĂȘt principalSimplicitĂ©, lisibilitĂ©Optimisation fiscale les premiĂšres annĂ©es
Véhicules de tourismeAutoriséExclu (article 39 A du CGI)

Check-list : bien gérer ses amortissements

☐ Identifier la nature exacte du bien pour dĂ©terminer sa durĂ©e usuelle d’amortissement ;

☐ VĂ©rifier si le bien est Ă©ligible Ă  l’amortissement dĂ©gressif ou si le linĂ©aire est obligatoire ;

☐ Constituer et mettre à jour un tableau des amortissements pour chaque immobilisation ;

☐ Vérifier la cohérence entre la durée comptable et la durée fiscale retenue ;

☐ DĂ©composer l’immobilisation par composants si nĂ©cessaire (ex : toiture d’un bĂątiment) ;

☐ Passer les Ă©critures de dotation Ă  chaque clĂŽture d’exercice ;

☐ Réaliser un inventaire annuel des immobilisations amorties.

Questions fréquentes

Un bien totalement amorti doit-il ĂȘtre sorti du bilan ?
Non, tant que le bien est encore utilisĂ© par l’entreprise, il reste inscrit Ă  l’actif pour sa valeur d’origine, avec un amortissement cumulĂ© Ă©gal Ă  cette mĂȘme valeur, soit une valeur nette comptable de zĂ©ro.

Peut-on changer de mĂ©thode d’amortissement en cours de vie du bien ?
En principe non : la mĂ©thode choisie Ă  l’entrĂ©e du bien dans le patrimoine doit ĂȘtre appliquĂ©e de façon constante, sauf changement de mĂ©thode comptable dĂ»ment justifiĂ©.

Que se passe-t-il si un bien est cĂ©dĂ© avant la fin de son plan d’amortissement ?
L’amortissement est arrĂȘtĂ© Ă  la date de cession, et une Ă©criture de sortie d’immobilisation est passĂ©e, gĂ©nĂ©rant le cas Ă©chĂ©ant une plus ou moins-value.

L’amortissement dĂ©gressif est-il toujours plus avantageux fiscalement ?
Il permet de dĂ©duire davantage de charges les premiĂšres annĂ©es, ce qui peut rĂ©duire l’impĂŽt Ă  court terme, mais le montant total amorti sur la durĂ©e de vie du bien reste identique Ă  celui du linĂ©aire.

Faut-il amortir un bien dĂšs son achat ou dĂšs sa mise en service ?
L’amortissement comptable dĂ©marre Ă  la date de mise en service du bien, et non Ă  sa date d’achat, si les deux diffĂšrent.

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