DerniĂšre mise Ă jour le 11 juillet 2026
L’immobilisation est le terme comptable dĂ©signant un investissement. Son traitement comptable est particulier dans la mesure oĂč l’achat ne constitue pas une charge. Ă ce titre, la somme payĂ©e ne vient pas diminuer le rĂ©sultat durant l’annĂ©e d’achat. Ce sont les amortissements qui viennent diminuer le rĂ©sultat. L’immobilisation est quant Ă elle inscrite Ă l’actif au bilan de l’entreprise. Elle vient augmenter son patrimoine. Puis, il arrive qu’elle soit vendue ou mise au rebut. Dans ce cas, il faut constater sa sortie de l’actif. Bien souvent, il est difficile de diffĂ©rencier une immobilisation d’une charge. Certaines conditions doivent donc ĂȘtre respectĂ©es pour bien comptabiliser les deux.
Ce distinguo entre charge et immobilisation a un impact direct sur le rĂ©sultat fiscal de l’entreprise : une erreur de qualification peut entraĂźner un redressement lors d’un contrĂŽle. Il est donc essentiel de bien maĂźtriser les critĂšres applicables.
Conditions de comptabilisation de l’immobilisation
L’immobilisation est enregistrĂ©e comme telle s’il s’agit d’un investissement, c’est-Ă -dire que l’achat sera utilisĂ© sur le long terme. On attend d’elle qu’elle procure Ă l’entreprise un avantage Ă©conomique futur et qu’elle ne soit pas consommĂ©e dans la production. C’est un actif de l’entreprise qui doit ĂȘtre identifiable.
Charges ou immobilisations ?
Une charge est consommĂ©e dans la production de l’entreprise ou dans la rĂ©alisation du service. Une immobilisation ne l’est pas. De plus, on retient souvent comme limite le seuil de 500 ⏠HT. En dessous, il est frĂ©quent de voir des biens qui rĂ©pondraient en thĂ©orie Ă la dĂ©finition d’une immobilisation ĂȘtre passĂ©s directement en charges.
Ce seuil de 500 ⏠HT n’est pas une rĂšgle comptable de fond, mais une tolĂ©rance fiscale : elle permet, Ă titre de simplification, de comptabiliser directement en charges les biens de faible valeur unitaire, sans attendre d’eux qu’ils soient amortis. Cette tolĂ©rance s’apprĂ©cie en valeur unitaire hors taxes pour les entreprises assujetties Ă la TVA (et en TTC pour celles qui ne rĂ©cupĂšrent pas la TVA, comme les micro-entrepreneurs en franchise en base).
Elle ne s’applique en revanche pas au matĂ©riel de transport, qui doit ĂȘtre immobilisĂ© quel que soit son montant, ni aux biens achetĂ©s en nombre formant un ensemble cohĂ©rent (interdiction du « saucissonnage » d’une facture globale).
La grande diffĂ©rence entre la charge et l’immobilisation est le traitement de comptabilisation :
- Une charge vient rĂ©duire le rĂ©sultat l’annĂ©e oĂč elle est enregistrĂ©e en comptabilitĂ© ;
- L’immobilisation ne vient pas rĂ©duire le rĂ©sultat. Ce sont les amortissements, qui correspondent Ă un pourcentage de la valeur de l’immobilisation, qui viennent le rĂ©duire. Les amortissements sont calculĂ©s selon des durĂ©es usuelles. Par exemple, il est d’usage d’amortir les logiciels en un an et les vĂ©hicules en 5 ans. Certaines catĂ©gories ne sont toutefois pas amortissables : il s’agit notamment des terrains et des immobilisations financiĂšres.
A noter que certaines dĂ©penses peuvent ĂȘtre comptabilisĂ©es soit comme une charge, soit comme une immobilisation. C’est le cas par exemple des frais de constitution de l’entreprise.

Immobilisations ou stock ?
Le stock est destinĂ© Ă ĂȘtre revendu en l’Ă©tat ou aprĂšs transformation, contrairement Ă l’immobilisation. De plus, le stock doit ĂȘtre non durable et avoir une espĂ©rance de vie plutĂŽt courte dans la sociĂ©tĂ©. Ce n’est pas le cas de l’immobilisation, qui a une durĂ©e d’utilisation d’au moins un an.
Traitement comptable de l’immobilisation
L’acquisition de l’immobilisation s’enregistre de la façon suivante :
| Débit | Crédit |
|---|---|
| Compte de classe 2 (immobilisation) : montant de l’achat HT | |
| Compte 44562 (TVA sur immobilisation) : montant de la TVA | |
| Compte 404 (fournisseur d’immobilisations) : montant de l’achat TTC |
Lors du paiement, l’Ă©criture Ă passer est la suivante :
| Débit | Crédit |
|---|---|
| Compte 404 : montant de l’achat | |
| Compte de banque : montant de l’achat |
Puis, des amortissements sont passĂ©s chaque annĂ©e en comptabilitĂ© afin de constater la perte de valeur. L’amortissement correspond Ă un pourcentage de la valeur de l’immobilisation. Afin de connaĂźtre ce pourcentage, il faut se rapporter aux durĂ©es usuelles d’amortissement. Ainsi, si un bien est amorti sur 5 ans, le taux d’amortissement annuel sera de 20 % (1/5 ans).
L’Ă©criture d’amortissement sera la suivante :
| Débit | Crédit |
|---|---|
| 6811 Dotation aux amortissements | |
| 28 Amortissement des immobilisations |
Types d’immobilisations
Il en existe trois types : corporelles, incorporelles et financiĂšres.
Corporelles
Les immobilisations corporelles sont les actifs physiques de l’entreprise :
- Les terrains et les agencements de terrain ;
- Les constructions ;
- Les installations techniques, matériels et outillages industriels ;
- Et tout le reste : matĂ©riel informatique (ordinateur, imprimanteâŠ), mobilier de bureau, vĂ©hiculesâŠ
Incorporelles
Les immobilisations incorporelles sont tous les actifs d’ordre immatĂ©riel :
- Les frais d’Ă©tablissement, qui peuvent Ă©galement ĂȘtre passĂ©s en charges ;
- Les frais de recherche et de développement ;
- Les concessions, brevets, licences, marques, procédés et logiciels ;
- Le droit au bail et le fonds de commerce.
FinanciĂšres
Les immobilisations financiÚres sont les titres acquis de façon durable, comme les titres de participation.
Sortir une immobilisation de l’actif
L’immobilisation est inscrite Ă l’actif au bilan de l’entreprise lors de son acquisition. L’entreprise peut ensuite devoir la sortir de l’actif si elle la vend ou si elle la met au rebut.
Dans le premier cas, elle en tirera un produit exceptionnel issu de sa vente. Dans le second, elle s’en dĂ©barrassera pour un prix nul. Il faudra alors passer des Ă©critures spĂ©cifiques en comptabilitĂ©.
Ăvaluer les immobilisations
Il convient d’Ă©valuer correctement la valeur de l’immobilisation lors de son entrĂ©e dans l’actif de l’entreprise. En effet, certains coĂ»ts peuvent et doivent ĂȘtre pris en compte, et d’autres non.
Ainsi, c’est le coĂ»t d’acquisition qui est retenu comme base amortissable lors d’un achat. Il s’agit de :
- Prix d’achat de l’immobilisation, y compris les taxes non rĂ©cupĂ©rables (ce qui exclut la TVA dĂ©ductible), sans prendre en compte les Ă©ventuels rabais, remises et ristournes ;
- Frais accessoires liĂ©s Ă la livraison, Ă l’installation et Ă la mise en place ;
- Coûts de démantÚlement ;
- Frais financiers sous plusieurs conditions : frais directement attribuables, rĂ©ellement payĂ©s et mĂȘme traitement comptable appliquĂ© pour toutes les immobilisations de l’entreprise ainsi que les stocks.
Si l’immobilisation est produite en interne, c’est le coĂ»t de production qui est retenu, c’est-Ă -dire :
- CoĂ»t d’acquisition des matiĂšres utilisĂ©es (les mĂȘmes frais accessoires qu’indiquĂ©s ci-dessus sont pris en compte) ;
- Charges directes de production : il s’agit des charges engagĂ©es pendant la production, directement imputables ;
- Charges indirectes de production : il s’agit des charges liĂ©es Ă la production (par exemple la rĂ©munĂ©ration d’un salariĂ© ne travaillant pas exclusivement Ă cette immobilisation) ;
- Coûts de démantÚlement ;
- Frais financiers.
En outre, il conviendra de rĂ©aliser tous les ans un inventaire des immobilisations afin de s’assurer qu’elles existent encore.
Tableau synthétique des immobilisations
| Type | Exemples | Amortissable ? |
|---|---|---|
| Corporelle | Terrains, constructions, matériel, mobilier, véhicules | Oui (sauf terrains) |
| Incorporelle | Logiciels, brevets, licences, fonds de commerce | Selon la nature (logiciels : oui / fonds de commerce : non en principe) |
| FinanciÚre | Titres de participation, dépÎts de garantie | Non |
Check-list : bien qualifier une immobilisation
â VĂ©rifier que le bien procure un avantage Ă©conomique futur et n’est pas consommĂ© dans la production ;
â ContrĂŽler que sa valeur unitaire dĂ©passe 500 ⏠HT (sauf matĂ©riel de transport, toujours immobilisĂ©) ;
â Distinguer immobilisation et stock selon la destination du bien (usage durable ou revente) ;
â Identifier le type d’immobilisation (corporelle, incorporelle, financiĂšre) pour choisir le bon compte comptable ;
â Ăvaluer correctement le coĂ»t d’acquisition ou de production Ă inscrire Ă l’actif ;
â DĂ©terminer la durĂ©e d’amortissement usuelle applicable au bien ;
â RĂ©aliser un inventaire annuel des immobilisations existantes.
Questions fréquentes
Une immobilisation achetĂ©e Ă crĂ©dit doit-elle ĂȘtre enregistrĂ©e dĂšs la commande ?
Non, l’immobilisation est enregistrĂ©e Ă la date de livraison ou de mise Ă disposition du bien, et non Ă la date de commande ou de signature du bon de commande.
Un logiciel est-il toujours une immobilisation incorporelle ?
Un logiciel acquis pour ĂȘtre utilisĂ© durablement est en principe une immobilisation incorporelle amortissable, en gĂ©nĂ©ral sur 1 Ă 3 ans. Un abonnement logiciel (SaaS), en revanche, constitue une charge.
Le seuil de 500 ⏠s’apprĂ©cie-t-il HT ou TTC ?
Pour une entreprise assujettie Ă la TVA, le seuil s’apprĂ©cie en HT. Pour une entreprise qui ne rĂ©cupĂšre pas la TVA (franchise en base, activitĂ© exonĂ©rĂ©e), il s’apprĂ©cie en TTC.
Que se passe-t-il si une immobilisation est mise au rebut avant la fin de son amortissement ?
La valeur nette comptable restante est constatĂ©e en charge exceptionnelle, et l’immobilisation est sortie de l’actif du bilan.
Peut-on immobiliser un bien de moins de 500 ⏠par choix ?
Oui, le seuil de 500 ⏠HT est une simple tolĂ©rance fiscale, pas une obligation : une entreprise peut choisir d’immobiliser un bien de faible valeur si cela correspond Ă sa politique comptable.