Les charges exceptionnelles après la réforme du PCG 2025 : définition, comptes et exemples

Dernière mise à jour le 2 juin 2026

⚠️ Mise à jour importante — Réforme du PCG 2025 Le règlement ANC n°2022-06, obligatoire pour tous les exercices ouverts depuis le 1er janvier 2025, redéfinit profondément la notion de charge exceptionnelle et modifie plusieurs comptes. Les informations de cet article tiennent compte de ces changements majeurs. Si vous consultez d’anciens documents comptables (antérieurs à 2025), les comptes et classifications peuvent différer de ce qui est décrit ici.

Depuis la réforme du PCG 2025, la définition est considérablement plus restrictive qu’avant : de nombreuses charges autrefois classées en exceptionnel — comme la valeur comptable des immobilisations cédées ou les pertes sur créances irrécouvrables — basculent désormais en charges d’exploitation. Dans cet article, nous faisons le point sur ce qui reste exceptionnel, ce qui change, et les comptes à utiliser.

Une charge exceptionnelle est une charge liée à un événement majeur et inhabituel dans la vie de l’entreprise. Elle ne fait pas partie des cycles normaux d’activité. Elle doit être dissociée des charges d’exploitation et financières afin de ne pas fausser la lecture du résultat et des soldes intermédiaires de gestion.

Qu’est ce qu’une charge exceptionnelle ?

Depuis le 1er janvier 2025, une charge exceptionnelle doit répondre à deux critères cumulatifs pour être classée comme telle :

  • Majeure : ses conséquences financières sont suffisamment importantes pour influencer la lecture des états financiers de l’entreprise.
  • Inhabituelle : elle ne fait pas partie de l’activité courante de l’entreprise et est peu probable d’être reproduite dans le futur.

➡️ Ces deux conditions doivent être réunies simultanément. Si l’une des deux fait défaut, la charge doit être reclassée en charge d’exploitation ou en charge financière selon sa nature.

📌 Exemples de charges restant exceptionnelles après 2025 :

  • Pertes liées à une catastrophe naturelle (inondation, incendie majeur)
  • Pertes résultant d’une cyberattaque d’ampleur
  • Charges liées à une expropriation par l’État
  • Amendes et pénalités d’une gravité exceptionnelle et non récurrente
  • Corrections d’erreurs significatives d’exercices antérieurs

📌 Exemples de charges qui ne sont plus exceptionnelles depuis 2025 :

  • La valeur comptable des immobilisations cédées (basculée en charges d’exploitation ou financières)
  • Les pertes sur créances irrécouvrables ordinaires (reclassées en charges d’exploitation)
  • Les rappels d’impôts courants (reclassés en charges d’exploitation)
  • Les dons à des associations (reclassés en charges d’exploitation)

Charges exceptionnelles, charges financières, charges d’exploitation, quelles différences ?

Les charges d’une entreprise sont classées en 3 catégories :

  • Charges exceptionnelles : elles sont liées à des événements qui sortent de la gestion courante de l’entreprise ;
  • Charges financières : elles découlent des choix en matière de politique de financement de l’entreprise. On y trouve notamment les intérêts liés aux emprunts, les agios en cas de découvert bancaire, les escomptes, les pertes sur change…;
  • Charges d’exploitation : ce sont toutes les dépenses liées au cycle normal d’activité de l’entreprise. Elles rentrent soit directement soit indirectement dans le processus de fabrication du produit ou dans la réalisation de la prestation.

Quels sont les types de charges exceptionnelles ?

Après la réforme du PCG 2025, les charges exceptionnelles sont limitées à un seul grand type : les charges sur événements majeurs et inhabituels. La catégorie “charges sur opérations en capital” (notamment les cessions d’immobilisations) a été supprimée du résultat exceptionnel.

Restent exceptionnelles uniquement les charges résultant d’événements imprévisibles, rares et d’ampleur significative : catastrophes naturelles, expropriations, litiges judiciaires majeurs non récurrents, corrections d’erreurs importantes.

Comment sont-elles comptabilisées ?

La réforme modifie significativement les comptes de charges exceptionnelles. Voici le détail compte par compte :

Compte 671 — Charges exceptionnelles sur opérations de gestion

Ce compte est maintenu mais son périmètre est considérablement réduit. Il ne doit désormais contenir que les charges liées à des événements répondant aux deux critères (majeur ET inhabituel).

6711 — Pénalités sur marchés : maintenu uniquement pour les pénalités d’une ampleur exceptionnelle et non récurrente. Les pénalités courantes (retards de livraison habituels, pénalités contractuelles régulières) basculent en charges d’exploitation.

6712 — Pénalités, amendes fiscales et pénales : maintenu pour les amendes d’une gravité exceptionnelle. Les majorations et intérêts de retard fiscaux courants sont reclassés en charges d’exploitation.

6713 — Dons : ⚠️ reclassé en charges d’exploitation depuis 2025. Les dons sans lien avec l’exploitation ne répondent plus aux critères “majeur et inhabituel” pour la plupart des entreprises.

6714 — Créances irrécouvrables : ⚠️ reclassé en charges d’exploitation (compte 654) depuis 2025. La perte sur créances irrécouvrables fait partie de la gestion courante du risque client.

6717 — Rappels d’impôts : ⚠️ reclassé en charges d’exploitation depuis 2025 pour les rappels courants. Seul un rappel d’une ampleur véritablement exceptionnelle peut rester en 671.

6718 — Autres charges exceptionnelles sur opérations de gestion : maintenu pour les destructions, vols ou dégradations d’ampleur majeure (incendie, catastrophe naturelle). Les petits vols ou dégradations courantes basculent en exploitation.

Compte 672 — Charges sur exercices antérieurs

Ce compte est maintenu pour les corrections d’erreurs significatives portant sur des exercices antérieurs, qui répondent par nature aux critères “majeur et inhabituel”. Les ajustements mineurs doivent être reclassés dans leur compte d’exploitation ou financier d’origine.

Compte 675 — Valeurs comptables des éléments d’actif cédés : ⚠️ SUPPRIMÉ

C’est le changement le plus important de la réforme pour la plupart des entreprises. La cession d’immobilisations n’est plus une opération exceptionnelle depuis 2025.

Nouveaux comptes à utiliser :

Type d’immobilisation cédéeAncien compte (avant 2025)Nouveau compte (depuis 2025)Où figure-t-il ?
Immobilisations corporelles et incorporelles675657Charges d’exploitation
Immobilisations financières (titres…)675667Charges financières

L’écriture comptable pour une cession d’immobilisation corporelle devient donc :

DébitCrédit
657 : valeur comptable des éléments d’actif cédés (montant non encore amorti)
28 : amortissements des immobilisations (montant déjà amorti)
2 : immobilisations (montant brut)

⚠️ Si votre logiciel comptable utilise encore automatiquement le compte 675, une mise à jour du paramétrage est nécessaire.

Compte 678 — Autres charges exceptionnelles : périmètre réduit

Ce compte est maintenu mais uniquement pour les charges exceptionnelles résiduelles ne trouvant pas de compte plus précis dans la classe 67, et répondant aux deux critères cumulatifs. Les charges “fourre-tout” qui y transitaient auparavant doivent être reclassées dans leur compte d’exploitation approprié.

Compte 687 — Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions exceptionnelles

Ce compte est maintenu mais son périmètre est réduit aux dotations liées à des événements véritablement majeurs et inhabituels (par exemple, une dépréciation exceptionnelle d’actifs suite à une catastrophe naturelle). Les dotations aux amortissements dérogatoires (amortissements fiscaux) restent en exceptionnel car elles relèvent des opérations fiscales.

Suppression des comptes de transfert de charges (791, 796, 797)

Ces trois comptes sont supprimés par la réforme. Ils sont remplacés par des comptes spécifiques :

  • Les remboursements de charges sociales (ex-791) → compte 649
  • Les produits des activités annexes → compte 706
  • Vérifiez le paramétrage de votre logiciel comptable si ces comptes étaient utilisés.

Tableau de synthèse : avant/après réforme PCG 2025

OpérationAvant 2025Depuis 2025Nouveau compte
Cession d’immo corporelle/incorporelle (VNC)675 — ExceptionnelExploitation657
Cession d’immo financière (VNC)675 — ExceptionnelFinancier667
Perte sur créances irrécouvrables6714 — ExceptionnelExploitation654
Dons à des associations6713 — ExceptionnelExploitation6238 ou similaire
Rappels d’impôts courants6717 — ExceptionnelExploitation63x
Catastrophe naturelle (pertes majeures)6718 — ExceptionnelReste exceptionnel6718
Amendes fiscales exceptionnelles6712 — ExceptionnelReste exceptionnel si majeur6712
Corrections d’erreurs significatives672 — ExceptionnelReste exceptionnel672
Amortissements dérogatoires687 — ExceptionnelReste exceptionnel687
Transferts de charges791/796/797Supprimés649, 706…

FAQ

Comment savoir si une charge est “majeure” au sens de la réforme ?

La réforme ne fixe pas de seuil chiffré. Le critère est qualitatif : la charge est majeure si elle est suffisamment importante pour influencer la compréhension des états financiers par un lecteur externe (banquier, investisseur, fisc). En pratique, votre expert-comptable applique ce jugement en tenant compte de la taille de l’entreprise et de l’ampleur relative de la charge.

Les pénalités de retard que je paie régulièrement à mes fournisseurs sont-elles encore exceptionnelles ?

Non. Si les pénalités de retard sont récurrentes dans votre activité, elles ne répondent pas au critère “inhabituel” et doivent être reclassées en charges d’exploitation. Seules des pénalités d’une ampleur très inhabituelles et non récurrentes peuvent rester en charges exceptionnelles.

Mon logiciel comptable utilise encore le compte 675 automatiquement. Que faire ?

Il faut mettre à jour le paramétrage de votre logiciel pour remplacer le compte 675 par le compte 657 (pour les immobilisations corporelles et incorporelles) ou 667 (pour les immobilisations financières). Si la mise à jour n’est pas encore disponible chez votre éditeur, signalez-le à votre expert-comptable pour qu’il effectue les repassages d’écritures nécessaires.

Les dotations aux amortissements dérogatoires restent-elles en exceptionnel ?

Oui. Les amortissements dérogatoires (différence entre amortissement fiscal et amortissement économique) restent comptabilisés en charges exceptionnelles au compte 687, car ils relèvent des opérations fiscales que la réforme maintient dans le résultat exceptionnel.

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1 réflexion au sujet de « Les charges exceptionnelles après la réforme du PCG 2025 : définition, comptes et exemples »

  1. La comptabilité est aussi vaste. Je Vous remercie de nous fournir de telles information si utiles Dans la comptabilisation et Dans la planification Des projets .

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