La réduction générale dégressive unique (RGDU) des cotisations patronales : ce qui change en 2026 (ex-réduction Fillon)

Dernière mise à jour le 4 juillet 2026

La réduction générale des cotisations patronales sur les bas salaires, longtemps appelée « réduction Fillon », existe toujours en 2026. Mais elle a été profondément réformée : depuis le 1er janvier 2026, elle fusionne avec les anciennes réductions de taux sur les cotisations maladie et allocations familiales pour former un dispositif unique, la réduction générale dégressive unique (RGDU). Son champ d’application est élargi, sa formule de calcul modifiée, et son plafond d’éligibilité passe de 1,6 à 3 fois le SMIC. Quel est le montant de cette réduction en 2026 ? Comment la calculer ? Qui peut en bénéficier ?

Qu’est-ce qui change avec la RGDU au 1er janvier 2026 ?

Jusqu’au 31 décembre 2025, trois dispositifs distincts coexistaient pour alléger les cotisations patronales sur les bas et moyens salaires :

  • la réduction générale dégressive (ex-réduction Fillon), applicable jusqu’à 1,6 SMIC ;
  • le taux réduit de cotisation maladie (« bandeau maladie »), ramenant le taux de 13 % à 7 % jusqu’à 2,5 SMIC ;
  • le taux réduit de cotisation allocations familiales (« bandeau famille »), ramenant le taux de 5,25 % à 3,45 % jusqu’à 3,5 SMIC.

Cette superposition de seuils créait des effets de seuil brutaux : au franchissement de 2,5 ou 3,5 SMIC, une augmentation de salaire d’un euro pouvait faire perdre d’un coup plusieurs dizaines, voire centaines d’euros de réduction mensuelle à l’employeur.

Depuis le 1er janvier 2026, les trois dispositifs fusionnent en un mécanisme unique et continûment dégressif, la RGDU, applicable jusqu’à 3 SMIC. Cette réforme vise à supprimer les effets de seuil et à limiter les « trappes à bas salaires », tout en restant la plus favorable au niveau du SMIC.

Quel est le montant de la réduction générale des cotisations patronales en 2026 ?

Le montant de la RGDU est égal à la rémunération annuelle brute multipliée par un coefficient, qui varie selon le niveau de salaire et l’effectif de l’entreprise.

La nouvelle formule de calcul

Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient se calcule ainsi :

C = T min + (T delta × [(1/2) × (3 × SMIC annuel brut / rémunération annuelle brute − 1)]^1,75)

  • T min : 0,0200 (seuil minimal d’exonération, applicable quel que soit le niveau de salaire dans le champ d’application) ;
  • T delta : variable selon le taux de la contribution Fnal applicable à l’entreprise (lui-même fonction de l’effectif) ;
  • l’exposant 1,75 a été introduit pour lisser la dégressivité sur l’ensemble de la plage 1 à 3 SMIC.

Le coefficient est maximal au niveau du SMIC puis diminue progressivement jusqu’à devenir nul à 3 SMIC.

Un coefficient maximal qui dépend de la taille de l’entreprise

La valeur maximale du coefficient (au niveau du SMIC) augmente par rapport à l’ancien système, du fait de l’intégration des anciens bandeaux maladie et famille :

  • environ 0,3981 pour les entreprises redevables du Fnal au taux de 0,10 % (en pratique, les entreprises de moins de 50 salariés) ;
  • environ 0,4021 pour les entreprises redevables du Fnal au taux de 0,50 % (en pratique, les entreprises de 50 salariés et plus).

📌 Pour un salarié rémunéré au SMIC en 2026 (1 823,03 € brut mensuel), la réduction représente environ 730 à 740 € de cotisations patronales économisées par mois, ce qui correspond à une quasi-exonération totale des cotisations patronales entrant dans le champ de la RGDU.

➡️ À noter : ces paramètres (T delta, exposant, seuils) sont fixés par décret et peuvent faire l’objet d’ajustements chaque année. Il est recommandé de vérifier les valeurs en vigueur sur le site de l’Urssaf ou dans le Bulletin officiel de la sécurité sociale (BOSS) avant tout calcul de paie.

Les cotisations et contributions concernées

La RGDU s’applique à un périmètre élargi de cotisations et contributions patronales :

  • les cotisations de Sécurité sociale (maladie, maternité, invalidité, décès, vieillesse plafonnée et déplafonnée) ;
  • les cotisations d’allocations familiales ;
  • la cotisation accidents du travail et maladies professionnelles, dans la limite d’un taux plafond (0,49 à 0,55 % selon les textes) ;
  • la contribution de solidarité pour l’autonomie (CSA) ;
  • la contribution Fnal ;
  • la cotisation patronale d’assurance chômage ;
  • les cotisations patronales de retraite complémentaire Agirc-Arrco, y compris la contribution d’équilibre général (CEG).

La rémunération annuelle brute prise en compte pour le calcul comprend tous les éléments de rémunération : salaire fixe et variable, primes, avantages en nature, indemnités compensatrices de congés payés, ainsi que, depuis la réforme, la prime de partage de la valeur (PPV) le cas échéant.

Quelles sont les entreprises concernées ?

Toutes les entreprises et sociétés, quelle que soit leur taille, leur forme juridique ou leur secteur d’activité, peuvent bénéficier de la RGDU. Seul le taux de la contribution Fnal, qui dépend de l’effectif de l’entreprise, fait varier légèrement le coefficient maximal applicable.

Qui sont les salariés concernés par la réduction ?

Les salariés concernés sont désormais ceux dont la rémunération est inférieure à 3 fois le SMIC, contre 1,6 fois le SMIC avant la réforme 2026. Cette réduction concerne tous les types de contrats :

  • en CDI ;
  • en CDD, au prorata du temps de présence sur les 12 derniers mois (sauf remplacement d’un salarié absent) ;
  • à temps partiel, le SMIC de référence étant reconstitué sur la base de la durée légale du travail (151,67 heures), avant application du coefficient à la rémunération réelle proratisée.

Les salariés en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation bénéficient, quant à eux, de leurs propres dispositifs d’exonération spécifiques, qui peuvent se cumuler avec la RGDU selon les cas, ce qui rend le coût de l’alternance particulièrement compétitif pour l’employeur.

Comment bénéficier de la RGDU ?

Comme pour l’ancienne réduction générale, il suffit d’indiquer sur la DSN (déclaration sociale nominative) le nombre de salariés concernés et le montant de la réduction calculée. Le calcul peut être effectué mensuellement (méthode la plus courante) ou annuellement avec régularisation en fin d’exercice. Cette régularisation annuelle est obligatoire pour certaines situations (CDD courts, entrées/sorties en cours d’année, changement de temps de travail en cours d’année).

Les logiciels de paie intègrent en principe automatiquement la nouvelle formule de calcul depuis le 1er janvier 2026. Il reste néanmoins utile de vérifier le paramétrage auprès de son expert-comptable ou de son éditeur de logiciel de paie, notamment pour les entreprises ayant des salariés dont la rémunération se situe entre 1,6 et 3 SMIC, auparavant hors du champ de la réduction générale.

Tableau récapitulatif : de la réduction Fillon à la RGDU

Avant le 1er janvier 2026Depuis le 1er janvier 2026 (RGDU)
Dispositifs3 dispositifs distincts (réduction Fillon + bandeau maladie + bandeau famille)1 dispositif unique
Plafond d’éligibilité1,6 SMIC (réduction Fillon)3 SMIC
Effet de seuilOui, à 1,6, 2,5 et 3,5 SMICNon, dégressivité continue
Coefficient maximal (au SMIC)Environ 0,3195 / 0,3235 selon effectifEnviron 0,3981 / 0,4021 selon effectif
Base légaleArticle L. 241-13 du Code de la sécurité socialeArticle L. 241-13 du CSS modifié, décret n° 2025-887

Check-list pour les entreprises

☐ Vérifier que le logiciel de paie applique bien la nouvelle formule de la RGDU depuis la paie de janvier 2026 ;

☐ Identifier les salariés dont la rémunération se situe entre 1,6 et 3 SMIC, désormais éligibles à une réduction alors qu’ils ne l’étaient pas auparavant ;

☐ Vérifier le taux de la contribution Fnal applicable à l’entreprise (0,10 % ou 0,50 %), qui détermine le coefficient maximal ;

☐ Contrôler le SMIC de référence utilisé dans le calcul, qui doit correspondre à sa valeur en vigueur sur la période d’emploi concernée ;

☐ Vérifier les modalités de cumul avec d’autres exonérations spécifiques (apprentissage, professionnalisation, zones géographiques) ;

☐ Se référer au Bulletin officiel de la sécurité sociale (BOSS) pour les valeurs exactes de T delta et des seuils, susceptibles d’évoluer chaque année.

Foire aux questions

La réduction générale des cotisations patronales existe-t-elle encore en 2026 ?

Oui. Elle a été renommée et réformée : depuis le 1er janvier 2026, elle fusionne avec les anciennes réductions de taux maladie et allocations familiales pour former la réduction générale dégressive unique (RGDU), applicable jusqu’à 3 SMIC au lieu de 1,6 SMIC auparavant.

Pourquoi parle-t-on de RGDU et non plus de réduction Fillon ?

La réduction Fillon, le bandeau maladie et le bandeau famille formaient jusqu’en 2025 trois dispositifs distincts avec des seuils différents (1,6, 2,5 et 3,5 SMIC), créant des effets de seuil. La RGDU les fusionne en un mécanisme unique et continûment dégressif jusqu’à 3 SMIC.

Le plafond de 1,6 SMIC s’applique-t-il encore ?

Non. Depuis le 1er janvier 2026, le plafond d’éligibilité est passé à 3 SMIC. Des salariés rémunérés entre 1,6 et 3 SMIC, auparavant exclus de la réduction générale, peuvent désormais en bénéficier partiellement.

Le montant de la réduction a-t-il changé pour un salarié au SMIC ?

Le coefficient maximal applicable au niveau du SMIC augmente légèrement (environ 0,3981 à 0,4021 contre environ 0,3195 à 0,3235 auparavant), ce qui traduit l’intégration des anciens bandeaux maladie et famille dans le nouveau dispositif.

Où trouver les paramètres de calcul à jour (T delta, seuils) ?

Ces paramètres sont fixés par décret et peuvent évoluer chaque année. Il convient de les vérifier sur le site de l’Urssaf ou dans le Bulletin officiel de la sécurité sociale (BOSS), rubrique allègements généraux.

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