DerniĂšre mise Ă jour le 5 octobre 2020
Lorsque vous avez pour projet de crĂ©er une entreprise, vous devez choisir une forme juridique. Vous aurez le choix entre une forme individuelle comme auto-entrepreneur, EI (entreprise individuelle), EIRL (entreprise individuelle Ă responsabilitĂ© limitĂ©e) ou une forme de sociĂ©tĂ© comme EURL, SARL, SA, SAS, SASU, SCM, SNC, SELARL. Sur le plan juridique, l’entreprise se distingue de la sociĂ©tĂ©. L’entreprise est ainsi confondue avec la personne de l’entrepreneur. La sociĂ©tĂ© est en revanche bien distincte de l’entrepreneur. Mais ce ne sont pas les seules dissemblances, et Ă l’intĂ©rieur mĂȘme de chaque catĂ©gorie (entreprise ou sociĂ©tĂ©), des diffĂ©rences existent.
La nature de lâactivitĂ©, un critĂšre dĂ©cisif pour choisir une forme juridique
En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, il n’y a pas de liens entre forme juridique et nature d’activitĂ©. Toutefois, il peut parfois arriver, notamment pour les secteurs rĂ©glementĂ©s, qu’il faille ouvrir un certain type d’entreprise. C’est le cas pour les dĂ©bitants de tabac qui seront forcĂ©ment en SNC (sociĂ©tĂ© en nom collectif) ou en entreprise individuelle.
La raison : l’Etat est le principal crĂ©ancier de l’entreprise et il prend donc des garanties pour se faire rembourser. En effet, en entreprise individuelle et en SNC, la responsabilitĂ© des associĂ©s est illimitĂ©e. En cas de dettes, ils engagent donc leurs biens personnels.
A noter que certaines formes juridiques conviennent davantage que d’autres Ă certaines activitĂ©s. Câest le cas des SEL (sociĂ©tĂ© d’exercice libĂ©ral) pour les professions mĂ©dicales.
La volontĂ© de sâassocier, Ă ne pas prendre Ă la lĂ©gĂšre pour choisir une forme juridique
Si vous voulez vous associer, il faudra choisir une forme sociĂ©taire (donc ni auto entrepreneur, ni entreprise individuelle, ni EIRL) qui ne comprend que la personne de l’entrepreneur. Vous aurez donc le choix entre :
- SARL (société à responsabilité limitée) ;
- SAS (société à actions simplifiée) ;
- SNC (société en nom collectif) ;
- SA (société anonyme).
A noter que la SARL et la SAS peuvent avoir un unique associĂ©. On parle dans le premier cas d’EURL (entreprise unipersonnelle Ă responsabilitĂ© limitĂ©e) et dans le second cas de SASU (sociĂ©tĂ© anonyme Ă actions simplifiĂ©e unipersonnelle). Il est possible de commencer avec ces formes si vous voulez ĂȘtre seul dans un premier temps puis de faire entrer des associĂ©s.
Le rĂ©gime social de lâentrepreneur
Deux rĂ©gimes existent pour les crĂ©ateurs dâentreprise : assimilĂ© salariĂ© ou travailleur non salarié :
- Vous serez assimilé salarié en étant président de SA, SAS, SASU et gérant minoritaire de SARL ;
- Vous serez travailleur non salariĂ© en Ă©tant gĂ©rant dâEURL, gĂ©rant majoritaire de SARL, en entreprise individuelle ou en EIRL;
La grande diffĂ©rence entre les deux est que les assimilĂ©s salariĂ©s cotisent Ă la SĂ©curitĂ© Sociale et que les TNS cotisent au RSI, devenu depuis la SĂ©curitĂ© Sociale des IndĂ©pendants. Les assimilĂ©s salariĂ©s ont des cotisations qui s’apparent aux salariĂ©s, sauf pour les cotisations chĂŽmage auxquelles ils ne cotisent pas.
Les travailleurs non salariĂ©s cotisent moins, mais en contrepartie les prestations sont moindres. Tout comme les assimilĂ©s salariĂ©s, ils ne cotisent pas Ă l’assurance chĂŽmage.
De plus, le systĂšme de calcul n’est pas le mĂȘme. Les cotisations des TNS sont ainsi forfaitaires en premiĂšre et dĂ©but de deuxiĂšme annĂ©e avec une grosse rĂ©gularisation en fin de deuxiĂšme annĂ©e, ce qui n’est pas le cas pour les assimilĂ©s salariĂ©s qui cotisent au fil de lâeau. Toutefois, avec le rapprochement des deux caisses prĂ©vu en 2020, la situation des deux devrait sâharmoniser.
Le régime fiscal de la société
Le rĂ©gime fiscal nâest pas le mĂȘme en fonction de la forme choisie :
- Lâauto-entrepreneur et lâentreprise individuelle sont forcĂ©ment Ă Â lâimpĂŽt sur le revenu ;
- LâEIRL (entreprise individuelle Ă responsabilitĂ© limitĂ©e) a le choix entre IR et IS ;
- LâEURL est par dĂ©faut Ă lâimpĂŽt sur le revenu mais elle peut choisir sur option lâIS ;
- La SARL est par dĂ©faut Ă lâIS mais elle peut opter pour lâimpĂŽt sur le revenu en cas de SARL de famille ;
- Les SA, SAS et SASU sont Ă lâimpĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s. Elles peuvent choisir, si elles respectent les conditions, lâoption Ă lâimpĂŽt sur le revenu pour 5 ans
- La SNC est par dĂ©faut Ă lâIR mais elle peut choisir lâIS sur option.
A noter que lâauto-entrepreneur nâest pas soumis Ă la TVA dans une certaine limite de chiffre dâaffaires.
A l’impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s, c’est l’entreprise qui paye directement l’impĂŽt. Le taux est de :
- 33,33% pour les bénéfices supérieurs à 500 000⏠;
- 28% pour les bĂ©nĂ©fices infĂ©rieurs Ă 500 000âŹ.
Ce taux devrait décroßtre dans les prochaines années pour arriver à un taux de 25% en 2022.
A l’impĂŽt sur le revenu, ce sont les associĂ©s qui payent directement l’impĂŽt. Le bĂ©nĂ©fice imposable est rĂ©parti entre les associĂ©s en fonction de leurs nombres de parts. Il est ensuite intĂ©grĂ© aux revenus totaux du foyer fiscal.
Il faudra faire des simulations en fonction du résultat prévu, des revenus totaux du foyer fiscal et du nombre de parts pour savoir ce qui est le plus avantageux au niveau fiscal.
Les autres critĂšres Ă prendre en compte pour choisir une forme juridique
Parmi les autres critÚres de choix, on trouve les suivants :
- DiffĂ©rencier le patrimoine professionnel du patrimoine personnel : si câest le cas, optez pour une forme sociĂ©taire ou pour lâEIRL. En effet, en entreprise individuelle et en auto-entrepreneur, le patrimoine de l’entrepreneur est confondu avec le patrimoine de l’entreprise ;
- Besoins financiers importants impliquant la nĂ©cessitĂ© de faire entrer des nouveaux associĂ©s ou dâavoir recours aux marchĂ©s financiers Ă plus ou moins long terme : SA ou SAS. De mĂȘme, si vous avez des besoins de financement modĂ©rĂ©s mais nĂ©cessitant de faire appel Ă l’emprunt bancaire, il faudra mieux crĂ©er une sociĂ©tĂ© (SARL/EURL, SAS/SASU…). Vous dĂ©poserez alors le capital lors de la crĂ©ation. Il sera un gage vis Ă vis du banquier qui pourra vous accordez un prĂȘt ;
- Crédibilité vis à vis des tiers (clients, fournisseurs et banques) : optez pour une forme de société ;
- ActivitĂ© complĂ©mentaire Ă une activitĂ© salariĂ©, au chĂŽmage, Ă la retraite : optez dans ce cas pour le statut d’auto-entrepreneur. Il permet de bĂ©nĂ©ficier de formalitĂ©s simplifiĂ©es lors de la crĂ©ation et dans la gestion quotidienne (pas de comptabilitĂ© Ă tenir si ce n’est le suivi du chiffre d’affaires) ;
- VolontĂ© de s’occuper des dĂ©marches administratives liĂ©es Ă la crĂ©ation et Ă la gestion d’une entreprise. Si vous ĂȘtes rebutĂ© par toutes ces taches administratives, mais que vous voulez vous lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat, vous pouvez vous tourner vers le portage salarial.
Consultez cet article pour en savoir plus sur le choix entre entreprise et société.