DerniĂšre mise Ă jour le 28 mai 2026
Un incendie dans vos locaux, un client qui vous attaque en justice, une cyberattaque qui paralyse votre systĂšme informatique, un collaborateur clĂ© immobilisĂ© pendant six mois⊠Ces situations peuvent survenir dans n’importe quelle entreprise, Ă n’importe quel moment. Sans les bonnes assurances, elles peuvent menacer la survie mĂȘme de votre activitĂ©.
Assurer son entreprise, c’est transfĂ©rer Ă un assureur les risques financiers que vous ne pourriez pas absorber seul, en Ă©change du paiement d’une prime. Mais face Ă la multitude de contrats disponibles â RC pro, multirisque, cyber, perte d’exploitation, homme-clé⊠â difficile de savoir par oĂč commencer.
Dans ce guide, nous répondons à toutes les questions pratiques : quelles assurances sont obligatoires, lesquelles sont fortement recommandées, combien ça coûte, et comment choisir le bon contrat.
Faut-il assurer son entreprise ?

Dâun point de vue strictement lĂ©gal, aucune assurance nâest obligatoire pour les entreprises sauf dans certains secteurs dâactivitĂ©. Il sâagit par exemple des professions rĂ©glementĂ©es ou des entreprises dans le BTP. Dâautres entreprises doivent souscrire une assurance soit en cas de location dâun local ou parce quâelles possĂšdent des vĂ©hicules de sociĂ©tĂ©. Enfin, certaines assurances sont vivement recommandĂ©es, câest le cas notamment de lâassurance civile professionnelle.
âĄïž Pour en savoir plus, consultez notre article sur les assurances facultatives et les assurances obligatoires pour les entreprises.
Quels sont les risques auxquels l’entreprise est confrontĂ©e?
Avant de souscrire la moindre assurance, il est essentiel d’identifier les risques auxquels votre entreprise est rĂ©ellement exposĂ©e. Cette dĂ©marche, souvent appelĂ©e cartographie des risques, permet de hiĂ©rarchiser les menaces et de dĂ©cider quelles couvertures sont prioritaires.
On distingue généralement quatre grandes catégories de risques :
đ° Les risques liĂ©s aux biens : incendie, dĂ©gĂąt des eaux, vol, vandalisme, panne de matĂ©riel, catastrophe naturelle. Ils concernent vos locaux, votre matĂ©riel, vos stocks et vos donnĂ©es informatiques.
đ§ŻLes risques liĂ©s Ă la responsabilité : dommages causĂ©s Ă des tiers (clients, fournisseurs, passants) du fait de votre activitĂ©, de vos produits ou de vos salariĂ©s. Ces risques peuvent engager votre responsabilitĂ© civile, voire pĂ©nale.
đ©â𩳠Les risques liĂ©s aux personnes : arrĂȘt maladie ou dĂ©cĂšs d’un dirigeant ou d’un collaborateur essentiel, accident du travail, litige prud’homal.
âąïž Les risques liĂ©s Ă l’activité : perte de chiffre d’affaires suite Ă un sinistre, impayĂ©s clients, litiges contractuels, cyberattaques.
Chaque entreprise, aprĂšs avoir dĂ©terminĂ© les risques auxquels elle est confrontĂ©e, doit dĂ©cider quels risques sont supportables et quels risques ne le sont pas. Elle dĂ©cidera ensuite de sâauto-assurer si sa trĂ©sorerie le lui permet ou dĂ©cidera de transfĂ©rer le risque auprĂšs dâun assureur.
Pour en savoir plus, consultez notre article sur la gestion des risques.
Quels sont les types d’assurance?
L’assurance multirisque professionnelle (MRP)
C’est le contrat de rĂ©fĂ©rence pour les TPE et PME. La MRP regroupe en un seul contrat plusieurs garanties : protection des locaux et du matĂ©riel (incendie, dĂ©gĂąt des eaux, vol), responsabilitĂ© civile professionnelle, et souvent une garantie perte d’exploitation. C’est la solution la plus pratique pour les petites structures qui souhaitent une couverture globale sans gĂ©rer plusieurs contrats sĂ©parĂ©s.
L’assurance responsabilitĂ© civile professionnelle (RC Pro)
Elle couvre les dommages matĂ©riels, immatĂ©riels ou corporels causĂ©s Ă des tiers dans le cadre de votre activitĂ© professionnelle. Elle est obligatoire pour de nombreuses professions rĂ©glementĂ©es (mĂ©decins, avocats, experts-comptables, agents immobiliers, architectesâŠ) et vivement recommandĂ©e pour toutes les autres. Sans RC pro, un seul sinistre important peut mettre en pĂ©ril la totalitĂ© du patrimoine de l’entreprise.
âĄïž Pour aller plus loin, consultez notre article : Assurance RC pro : quels critĂšres pour faire le bon choix ?
L’assurance perte d’exploitation
Souvent sous-estimĂ©e, cette assurance est pourtant l’une des plus importantes. Elle compense la perte de chiffre d’affaires et les charges fixes que vous continuez Ă supporter (loyer, salaires, remboursements de crĂ©dit) lorsque votre activitĂ© est interrompue ou rĂ©duite suite Ă un sinistre couvert. Sans elle, une entreprise qui subit un incendie peut voir ses locaux reconstruits grĂące Ă son assurance biens⊠mais faire faillite faute de revenus pendant les mois de travaux.

L’assurance dĂ©cennale (BTP)
Obligatoire pour tous les professionnels du bĂątiment, elle couvre pendant dix ans les dommages qui compromettent la soliditĂ© d’un ouvrage ou le rendent impropre Ă sa destination. Elle doit ĂȘtre souscrite avant le dĂ©but du chantier, sous peine de sanctions pĂ©nales. Elle concerne les constructeurs, maçons, Ă©lectriciens, plombiers, charpentiers, et plus gĂ©nĂ©ralement tout artisan intervenant sur le gros Ćuvre ou les Ă©lĂ©ments indissociables.
L’assurance cyber-risques
Devenue incontournable, l’assurance cyber couvre les consĂ©quences financiĂšres d’une cyberattaque ou d’une violation de donnĂ©es :
- Frais de remise en état des systÚmes
- Perte d’exploitation liĂ©e Ă l’interruption
- Frais de notification aux clients en cas de fuite de données personnelles (obligation RGPD)
- Rançons en cas de ransomware.
En France, le nombre de cyberattaques contre les PME a Ă©tĂ© multipliĂ© par quatre entre 2019 et 2023. Aucune entreprise connectĂ©e n’est Ă l’abri, quelle que soit sa taille.
L’assurance protection juridique
Elle prend en charge les frais liĂ©s Ă un litige : honoraires d’avocat, frais d’expertise, frais de procĂ©dure. Elle permet d’engager ou de se dĂ©fendre dans une procĂ©dure judiciaire sans que le coĂ»t ne soit un frein. ParticuliĂšrement utile en cas de litige avec un client, un fournisseur, un salariĂ© ou une administration.
L’assurance homme-clĂ©
Elle indemnise l’entreprise lorsqu’un collaborateur ou dirigeant indispensable au fonctionnement est immobilisĂ© (arrĂȘt longue durĂ©e, invaliditĂ©, dĂ©cĂšs). L’indemnitĂ© versĂ©e permet de compenser la perte de marge gĂ©nĂ©rĂ©e par son absence ou de financer son remplacement. Elle est particuliĂšrement pertinente pour les TPE et cabinets de conseil oĂč l’activitĂ© repose sur une ou deux personnes clĂ©s.
L’assurance RC dirigeant (RCMS)
La responsabilitĂ© civile des mandataires sociaux (RCMS) protĂšge le dirigeant personnellement en cas de mise en cause pour faute de gestion. En tant que gĂ©rant ou prĂ©sident, votre responsabilitĂ© personnelle peut ĂȘtre engagĂ©e par les actionnaires, les crĂ©anciers ou des tiers. Cette assurance prend en charge les frais de dĂ©fense et les Ă©ventuelles condamnations. Elle est souvent mĂ©connue mais essentielle pour les dirigeants de sociĂ©tĂ©s.
Les assurances liées aux véhicules
L’assurance des vĂ©hicules de sociĂ©tĂ© est obligatoire dĂšs lors que vous utilisez des vĂ©hicules pour votre activitĂ© professionnelle.
Les assurances relatives aux personnes
Les assurances relatives aux personnes couvrent quant Ă elles les salariĂ©s (complĂ©mentaire santĂ© obligatoire depuis 2016, prĂ©voyance collective) et les dirigeants (contrat Madelin, assurance perte d’activitĂ© professionnelle).
Comment assurer son entreprise ?
Afin de trouver un assureur, il existe plusieurs solutions.
Contacter les assureurs un par un
La solution “traditionnelle” est de contacter les assureurs un Ă un. Il sera possible de se rendre en agence, de faire des demandes en ligne ou de leur tĂ©lĂ©phoner. Afin d’Ă©tablir un devis, il faudra fournir un certain nombre d’informations comme l’assurance souhaitĂ©e, le secteur d’activitĂ©, la taille de l’entreprise… Une fois tous les devis reçus, il faudra les comparer, tant en terme de tarif que de couverture. Cette solution est la plus fastidieuse dans la mesure oĂč ce sont les mĂȘmes informations qui devront ĂȘtre systĂ©matiquement transmises.
Passer par un comparateur en ligne
Afin d’Ă©viter de contacter les assureurs un par un et de fournir Ă chaque les mĂȘmes informations, le plus simple est de passer par un comparateur en ligne. Les informations ne seront demandĂ©es qu’une seule fois et la comparaison sera automatique. Plusieurs aspects seront examinĂ©s automatiquement et pas uniquement le tarif.
Une fois la comparaison effectuĂ©e, il suffira de cliquer sur l’offre souhaitĂ©e pour se rendre sur le site de l’assureur. La souscription peut ensuite se faire en ligne. Il faudra alors fournir les documents demandĂ©s comme le k-bis ou le business plan pour les entreprises en crĂ©ation, ou, pour les entreprises dĂ©jĂ existantes, les derniers documents comptables. Le contrat sera ensuite Ă©tabli sur la base de ces documents et il est mĂȘme parfois possible de signer les documents en ligne.

Sous-traiter la recherche Ă un courtier
Il est possible de passer par un intermĂ©diaire comme un courtier en assurance. Il choisira la meilleure assurance et nĂ©gociera les conditions les plus avantageuses, moyennant une commission. Le courtier est ainsi un intermĂ©diaire entre l’assureur et l’assurĂ©. Il est indĂ©pendant, c’est-Ă -dire qu’il n’est salariĂ© d’aucun assureur.
Afin de mener Ă bien sa recherche, il est essentiel d’expliquer au courtier lâactivitĂ© et les risques encourus.
Evidemment, le recours au courtier a un coĂ»t mais qui est souvent bien infĂ©rieur Ă l’argent gagnĂ© en passant par lui. En effet, il bĂ©nĂ©ficie d’offres plus avantageuses qu’une simple entreprise puisqu’il agit en tant qu’apporteur d’affaires. En ramenant plusieurs clients Ă un assureur, il bĂ©nĂ©fice de tarifs “de gros”. Au delĂ de l’aspect budgĂ©taire, le courtier va faire bĂ©nĂ©ficier au client de son expertise et lui faire Ă©conomiser en temps.
Conclure un contrat d’assurance
Lors de la conclusion du contrat avec lâassureur, les conditions suivantes devront faire lâobjet dâun examen attentif :
- Risques couverts ;
- Exclusions ;
- Franchises ;
- Montants garantis.
Quel est le coĂ»t dâune assurance entreprise ?
Le coĂ»t d’une assurance professionnelle dĂ©pend de nombreux facteurs : secteur d’activitĂ©, chiffre d’affaires, taille de l’entreprise, valeur des biens assurĂ©s, historique de sinistres.
Ces fourchettes sont donnĂ©es Ă titre indicatif et peuvent varier significativement selon votre profil de risque et l’assureur retenu. Un courtier spĂ©cialisĂ© pourra vous obtenir des tarifs nĂ©gociĂ©s, souvent plus avantageux que ceux affichĂ©s en direct.
| Assurance | Obligatoire ? | Pour qui ? | Coût indicatif annuel |
|---|---|---|---|
| RC Pro | Oui (professions réglementées) / Recommandée (autres) | Toutes les entreprises | 200 ⏠à 2 000 ⏠|
| Multirisque professionnelle | Non | TPE / PME avec locaux | 500 ⏠à 3 000 ⏠|
| Perte d’exploitation | Non | Toutes les entreprises | Incluse dans MRP ou 300 ⏠à 1 500 ⏠|
| Décennale | Oui | Entreprises du BTP | 1 500 ⏠à 8 000 ⏠|
| Véhicules de société | Oui | Entreprises avec véhicules | 400 ⏠à 1 500 ⏠par véhicule |
| Cyber-risques | Non (fortement recommandée) | Toutes les entreprises connectées | 500 ⏠à 5 000 ⏠|
| Protection juridique | Non | Toutes les entreprises | 300 ⏠à 1 000 ⏠|
| Homme-clĂ© | Non | TPE / activitĂ© dĂ©pendante d’une personne | 500 ⏠à 3 000 ⏠|
| RC dirigeant (RCMS) | Non | Dirigeants de sociétés | 500 ⏠à 2 500 ⏠|
| Complémentaire santé salariés | Oui (si salariés) | Employeurs | 200 ⏠à 600 ⏠par salarié |
Checklist : bien assurer son entreprise
â Avant la souscription
â RĂ©aliser une cartographie des risques de son activitĂ©
â Identifier les assurances obligatoires dans son secteur
â Lister les biens Ă assurer et estimer leur valeur
â DĂ©finir un budget assurance annuel
â Comparer au moins 3 devis (assureurs en direct, comparateur, courtier)
â Ă la lecture du contrat
â VĂ©rifier les risques couverts et les exclusions
â ContrĂŽler les montants de franchise
â VĂ©rifier les plafonds de garantie
â Noter les dĂ©lais de dĂ©claration de sinistre
â VĂ©rifier les conditions de rĂ©siliation (loi Hamon : rĂ©siliation possible aprĂšs 1 an)
â En cours de vie du contrat
â Mettre Ă jour les garanties en cas d’Ă©volution de l’activitĂ© (nouveau local, nouveaux salariĂ©s, nouveau matĂ©riel)
â DĂ©clarer tout sinistre dans les dĂ©lais prĂ©vus au contrat
â Réévaluer ses contrats chaque annĂ©e Ă date anniversaire
â Comparer les offres concurrentes Ă chaque renouvellement
FAQ
La RC pro est-elle vraiment obligatoire pour mon activité ?
Elle est lĂ©galement obligatoire pour les professions rĂ©glementĂ©es : professionnels de santĂ©, avocats, experts-comptables, agents immobiliers, architectes, auto-Ă©coles, agences de voyages, entre autres. Pour les autres activitĂ©s, elle n’est pas imposĂ©e par la loi mais reste fortement recommandĂ©e : un seul sinistre non couvert peut engager l’ensemble de votre patrimoine professionnel, voire personnel si vous exercez en entreprise individuelle.
Puis-je changer d’assureur facilement ?
Oui. Depuis la loi Hamon, vous pouvez rĂ©silier la plupart des contrats d’assurance professionnelle Ă tout moment aprĂšs la premiĂšre annĂ©e, sans frais ni pĂ©nalitĂ©s, avec un prĂ©avis d’un mois. Votre nouvel assureur peut mĂȘme se charger des dĂ©marches de rĂ©siliation Ă votre place. Profitez-en pour comparer les offres chaque annĂ©e Ă date anniversaire.
Que couvre exactement l’assurance perte d’exploitation ?
Elle compense la perte de marge brute (chiffre d’affaires moins charges variables) pendant la pĂ©riode d’interruption ou de rĂ©duction d’activitĂ© consĂ©cutive Ă un sinistre garanti (incendie, dĂ©gĂąt des eaux, etc.). Elle couvre aussi gĂ©nĂ©ralement les charges fixes que vous continuez Ă payer malgrĂ© l’arrĂȘt de l’activitĂ©. Attention : elle ne se dĂ©clenche que si le sinistre initial est lui-mĂȘme couvert par votre contrat.
Mon entreprise est trĂšs petite, ai-je vraiment besoin d’une assurance cyber ?
Oui. Les TPE sont mĂȘme des cibles privilĂ©giĂ©es des cybercriminels, justement parce qu’elles ont moins de protections que les grandes entreprises. Un ransomware peut bloquer l’ensemble de votre activitĂ© en quelques heures. L’assurance cyber prend en charge les frais de remise en Ă©tat, l’assistance d’experts en sĂ©curitĂ© informatique et la perte d’exploitation liĂ©e Ă l’interruption. Des contrats adaptĂ©s aux trĂšs petites structures existent Ă partir de 500 ⏠par an.
Quelle est la diffĂ©rence entre un courtier et un agent gĂ©nĂ©ral d’assurance ?
L’agent gĂ©nĂ©ral reprĂ©sente une seule compagnie d’assurance et ne peut vous proposer que ses produits. Le courtier est indĂ©pendant : il travaille avec plusieurs assureurs et recherche pour vous la meilleure offre du marchĂ©. Pour une entreprise, passer par un courtier est souvent plus avantageux, car il dispose de tarifs nĂ©gociĂ©s et d’une expertise sur les contrats professionnels.
Quand dois-je souscrire mes assurances ?
IdĂ©alement avant mĂȘme le dĂ©marrage de l’activitĂ©. La RC pro et la dĂ©cennale (pour le BTP) doivent impĂ©rativement ĂȘtre en place dĂšs le premier jour d’activitĂ©. L’assurance des locaux doit ĂȘtre souscrite dĂšs la signature du bail. Ne pas attendre d’avoir un premier sinistre pour se poser la question.