DerniĂšre mise Ă jour le 8 octobre 2020
La rupture du contrat de travail peut ĂȘtre le fait du salariĂ©, de l’employeur ou des deux. On parle dans le premier cas d’une dĂ©mission, dans le deuxiĂšme d’un licenciement et dans le troisiĂšme d’une rupture conventionnelle. En fonction des cas, la procĂ©dure Ă suivre et les consĂ©quences ne sont pas les mĂȘmes.
La dĂ©mission, la rupture du contrat de travail Ă l’initiative du salariĂ©
La dĂ©mission rĂ©sulte de la volontĂ© du salariĂ© de rompre le contrat de travail. Le salariĂ© doit dans ce cas clairement manifester sa volontĂ© de quitter lâentreprise. Ainsi, un abandon de poste, c’est-Ă -dire l’absence d’un salariĂ© sans motif et sans en avertir l’employeur, n’Ă©quivaut pas Ă une dĂ©mission.
Il doit par conséquent remettre une lettre de démission à son employeur soit en main propre soit par courrier recommandé avec accusé de réception.
A partir de ce moment, si elle est prévue dans le contrat, la période de préavis débute.
A noter que la dĂ©mission nâoffre pas de droits aux allocations chĂŽmage.
Le licenciement, la rupture du contrat de travail Ă l’initiative de l’employeur
Le licenciement est la rupture du contrat de travail qui rĂ©sulte de lâemployeur. Afin de rompre le contrat de travail, lâemployeur doit avoir une raison valable (sauf sâil rompt le contrat de travail en pĂ©riode dâessai, dans ce cas il est possible de ne donner aucun motif). Il doit Ă©galement respecter une procĂ©dure qui comprend plusieurs Ă©tapes allant de la convocation Ă un entretien prĂ©alable Ă la remise dâune lettre de licenciement.
Le licenciement donne droit aux allocations chĂŽmage.
Les motifs de licenciement
Le licenciement peut ĂȘtre dĂ» au salariĂ© ou Ă des raisons Ă©conomiques.
Licenciement pour motif économique
Le licenciement pour motif économique est possible si trois conditions sont respectées :
- Les difficultĂ©s Ă©conomiques sont avĂ©rĂ©es et peuvent ĂȘtre prouvĂ©es (cessation de paiement, baisse du chiffre d’affaires…) ;
- Elles ont pour conséquence une suppression du poste ou une modification refusée par le salarié ;
- Les propositions de reclassement que l’entreprise doit prĂ©senter au salariĂ© doivent avoir Ă©tĂ© refusĂ©es.
Licenciement pour motif personnel
Sâil ne dĂ©pend pas de raisons Ă©conomiques, lâemployeur doit avoir une cause rĂ©elle et sĂ©rieuse pour licencier le salariĂ©. Dans le cas contraire, il sera considĂ©rĂ© comme abusif. Un salariĂ© peut ainsi par exemple ĂȘtre licenciĂ© pour fautes professionnelles (faute sĂ©rieuse, faute grave ou faute lourde). Il en existe 4 types :
- La faute lĂ©gĂšre, qui n’est pas un motif de licenciement ;
- La faute sĂ©rieuse, qui peut ĂȘtre un motif de licenciement si elles se cumulent ;
- La faute grave, qui empĂȘche le maintien du salariĂ© dans l’entreprise ;
- La faute lourde, qui rĂ©sulte d’une volontĂ© de nuire du salariĂ©.
Hormis le licenciement pour motif disciplinaire, le salariĂ© peut ĂȘtre licenciĂ© pour insuffisance professionnelle :
- Insuffisance de rĂ©sultat compte tenu des objectifs fixĂ©s (objectifs qui doivent ĂȘtre rĂ©alisables) ;
- MĂ©sentente avec les collĂšgues ou avec les supĂ©rieurs rendant impossible pour le salariĂ© de rester dans l’entreprise ;
- Perte de confiance Ă l’Ă©gard du salariĂ© ayant des consĂ©quences sur l’activitĂ© du service ;
- Absences prolongĂ©es et Ă rĂ©pĂ©tition entraĂźnant une perturbation de l’organisation de l’entreprise
La procédure de licenciement
La procédure de licenciement pour motif personnel comporte trois étapes :
- La convocation Ă un entretien prĂ©alable au licenciement : il doit mentionner qu’il est envisagĂ© de mettre fin au contrat du salariĂ© et qu’un entretien sera organisĂ© afin d’informer le salariĂ© des faits qui lui sont reprochĂ©s. Y seront aussi indiquĂ©s la date, l’heure et lieu de rendez-vous, la possibilitĂ© de se faire assister par un salariĂ© et les coordonnĂ©es de l’inspection du travail afin d’en savoir plus sur le dĂ©roulement de la procĂ©dure ;
- L’entretien : il doit avoir lieu au moins 5 jours aprĂšs la prĂ©sentation de la lettre. C’est au cours de l’entretien que seront communiquĂ©s au salariĂ© les faits qui lui sont reprochĂ©s. Ce sera pour lui l’occasion de se dĂ©fendre et de s’expliquer ;
- La lettre de licenciement : elle doit ĂȘtre envoyĂ©e au moins 2 jours aprĂšs l’entretien. Elle reprendra les motifs de licenciement qui ont Ă©tĂ© communiquĂ©s au salariĂ©.
La rupture conventionnelle, Ă l’initiative des deux
La rupture conventionnelle est la rupture du contrat de travail en commun accord entre le salariĂ© et lâemployeur. Elle permet Ă lâemployeur de ne pas mettre en place une procĂ©dure de licenciement et au salariĂ© de ne pas avoir Ă dĂ©missionner ce qui lui empĂȘcherait de toucher des allocations chĂŽmage.
Elle donne droit au salariĂ© Ă une indemnitĂ© spĂ©cifique de rupture conventionnelle qui ne peut pas ĂȘtre infĂ©rieure Ă lâindemnitĂ© lĂ©gale de licenciement ainsi quâaux allocations chĂŽmage.
Les documents de rupture du contrat de travail
Peu importe la situation, l’employeur doit remettre trois documents au salariĂ© quand il quitte l’entreprise :
- Un certificat de travail : il permettra d’attester que le salariĂ© a bien travaillĂ© dans l’entreprise et qu’il n’y travaille plus ;
- Un solde de tout compte : il mentionne toutes les sommes versées au salarié à savoir le dernier salaire et les différentes indemnités : de préavis, de licenciement, de rupture conventionnelle ou de congés payés ;
- Une attestation PÎle Emploi qui permettra de faire valoir ses droits au salarié le cas échéant.
La rupture du CDD, CDI et contrat d’interim
Il existe trois grands types de contrat de travail : le CDI (contrat Ă durĂ©e indĂ©terminĂ©e), le CDD (contrat Ă durĂ©e dĂ©terminĂ©e) et lâintĂ©rim. Il faut savoir que les modalitĂ©s de rupture du contrat de travail ne sont pas les mĂȘmes en fonction du type :
– Le salariĂ© en CDI peut dĂ©missionner, ĂȘtre licenciĂ© ou signer une rupture conventionnelle ;
– Les cas pour rompre le CDD et le contrat dâintĂ©rim sont diffĂ©rents. D’ailleurs, on parle de rupture anticipĂ©e du contrat de travail. Elle n’est possible que dans les cas suivants :
- Accord entre le salarié et son employeur ;
- Faute grave d’une des deux parties ;
- Force majeure ;
- Le salarié est embauché en CDI ;
- Le salarié est déclaré inapte par le médecin du travail.