L’intérim en 6 questions

L’intérim consiste à sous-traiter le recrutement d’une personne à une agence de travail temporaire. L’intérimaire travaille donc pour une durée déterminée, aussi bien en temps plein qu’en temps partiel, au sein de l’entreprise mais son contrat de travail est réalisé par l’agence d’intérim.

Qu’est ce que l’intérim?

L’intérim est un système de recrutement tripartite :

  • L’intérimaire, qui va dans un premier temps rencontrer l’agence d’intérim à qui il aura envoyé son CV ou qui l’aura déposé sur des sites de recherches d’emploi ;
  • L’agence de travail temporaire qui va être contactée par son client pour un besoin en personnel précis. Elle se mettra alors à la recherche du candidat correspondant au poste ;
  • Le client qui va formuler une demande auprès de l’agence d’intérim et qui rencontrera ensuite une short-list de candidats.

Un contrat de mission est signé entre l’intérimaire et l’agence de travail temporaire. Un contrat de mise à disposition est signé entre l’agence de travail temporaire et son client. En aucun cas un contrat n’est directement signé entre l’intérimaire et l’entreprise dans laquelle il va travailler.

Enfin, bien qu’elles soient répandues, les agences d’intérim ne proposent pas que des missions non qualifiées. D’ailleurs les cabinets de recrutement “classiques” peuvent aussi proposer des missions d’intérim.

Pourquoi y avoir recours ?

Avoir recours à l’intérim permet de recruter du personnel sur une durée limitée comme en cas d’accroissement d’activité ou pour remplacer un salarié absent.

A la différence du CDD, l’employeur fait appel à une agence d’intérim qui mettra en relation l’intérimaire et l’entreprise. L’entreprise soustraite ainsi le recrutement. L’agence s’occupe également de la rédaction du contrat de travail et de la réalisation des démarches administratives.

Passer par une agence d’intérim permet donc à l’entreprise de gagner du temps. Il lui permet également d’avoir une flexibilité au niveau de sa masse salariale. Ainsi, en cas de ralentissement de l’activité, les intérimaires sont souvent la première variable d’ajustement.

Autre avantage : l’intérimaire ne fait pas partie des effectifs de la société. A ce titre, il n’entre pas dans le décompte permettant de déterminer les obligations sociales quand l’entreprise dépasse un certain nombre de salariés (mise en place de délégués du personnel, d’un comité d’entreprise, d’un CHSCT…). L’intérimaire quant à lui ne bénéficie pas des mêmes avantages que les salariés comme l’intéressement et la participation quand ils existent ou les offres du CE.

Quel est le coût de l’intérim ?

Parmi tous les types de recrutement possibles, CDD, CDI ou intérim, l’intérim est la solution la plus coûteuse. Non seulement l’entreprise doit payer une commission à l’agence d’intérim mais elle doit également verser à l’intérimaire une prime de congés payés et une prime de précarité :

  • La prime de précarité est égale à 10% de la rémunération brute. Elle est versée à l’employé pour compenser le fait que son contrat est précaire ;
  • La prime de congés payés est égale à 10% de la rémunération brute (prime de précarité incluse) et permet de compenser le fait que l’intérimaire n’a pas pu prendre de congés.

La prime de précarité n’est toutefois pas due dans les cas suivants :

  • Si l’intérimaire est embauché en CDI ;
  • Si l’intérimaire rompt le contrat de manière anticipée.

A noter également le système de bonus-malus prévu dans la réforme de l’assurance chômage. Le taux de contribution d’assurance chômage sera modulé en fonction du taux de séparation. Il s’agit du rapport entre le nombre de fin de CDD ou de missions d’intérim qui débouche sur une inscription à Pôle Emploi et l’effectif total.

Ce système ne concerne toutefois pas toutes les entreprises mais uniquement celles de 11 salariés ou plus dans certains secteurs d’activité.

Quelles sont les spécificités d’un contrat de travail d’un intérimaire ?

Le contrat de travail d’un intérimaire doit notamment comporter les éléments suivants :

  • Le motif du recours à l’intérim ;
  • La durée prévue de la mission : elle peut aller d’une journée à 18 mois maximum (24 dans certains cas très précis) ;
  • La rémunération ;
  • Le lieu et les horaires de travail ;
  • La qualification professionnelle ;
  • La période d’essai éventuelle : elle est au maximum de :
    • 2 jours pour les missions de moins d’un mois ;
    • 3 jours pour les contrats de 1 à 2 mois ;
    • 5 jours pour les contrats de plus de 2 mois.

Comment rompre un contrat d’intérim?

En dehors de la période d’essai, le contrat d’intérim peut être rompu par le salarié :

Du côté de l’employeur, et toujours en dehors de la période d’essai, le contrat peut être rompu :

  • En cas de faute grave du salarié ;
  • En cas de force majeure ;
  • S’il propose au salarié un nouveau contrat avec les mêmes éléments (rémunération, qualification, horaire et temps de transport) dans un délai de trois jours.

Et l’intérim du côté du salarié dans tout ça?

Travailler en intérim est indéniablement gage de précarité pour l’intérimaire. Cela engendre des difficultés pour avoir une situation stable et pouvoir se projeter dans l’avenir (louer un appartement, acheter un bien immobilier…).

Afin de compenser cette situation, l’intérimaire perçoit une prime de précarité. Elle s’ajoute à la prime de congés payés, puisque, sauf pour les missions relativement longues, l’intérimaire ne prend pas de jours de congés payés.

Toutefois, c’est un statut qui peut permettre d’acquérir rapidement des expériences multiples, en changeant de poste mais aussi de missions régulièrement. Il permettra alors de se créer un réseau. Il peut être suivi d’un renouvellement, d’un CDD ou d’un CDI dans l’entreprise dans laquelle la mission était effectuée (sans délai à respecter comme c’est le cas pour le CDD). Pour rappel, le CDD ne doit en aucun cas constituer une période d’essai déguisée.

A noter l’existence d’un CDI intérimaire qui permet de lutter contre cette situation de précarité. L’intérimaire est alors embauché en CDI. Son contrat de travail précise les missions qu’il sera dans l’obligation d’accepter ainsi que les informations relatives à la rémunération minimale, au périmètre de mobilité et à la durée du travail. Si l’agence ne lui confie pas de missions, il est alors en période d’intermission mais il reçoit tout de même une rémunération.

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