L’entreprise individuelle

DerniÚre mise à jour le 24 août 2020

L’entreprise individuelle est une entreprise dirigĂ©e par une seule personne. Elle n’est pas considĂ©rĂ©e comme une sociĂ©tĂ© et n’a pas de personnalitĂ© morale. Le patrimoine de l’entrepreneur y est ainsi confondu avec le patrimoine de l’entreprise. En consĂ©quence, si l’entreprise a contractĂ© des dettes qu’elle ne peut pas rembourser, c’est l’entrepreneur qui devra les rembourser. Au niveau fiscal, l’entreprise individuelle est Ă  l’impĂŽt sur le revenu. Cela signifie que c’est l’entrepreneur qui paye l’impĂŽt et non l’entreprise.

Quelles sont les caractĂ©ristiques de l’entreprise individuelle ?

Les principales caractĂ©ristiques d’une entreprise individuelle sont :

  • Il n’y a pas de capital Ă  mettre dans la sociĂ©té ;
  • Le patrimoine de l’entreprise et le patrimoine de l’entrepreneur sont confondus. Ainsi en cas de dettes, les crĂ©anciers peuvent se retourner contre les biens personnels de l’entrepreneur pour se faire rembourser.
  • La responsabilitĂ© de l’entrepreneur individuel est donc totale et indĂ©finie. Cependant, il est possible de rĂ©aliser un acte d’insaisissabilité pour protĂ©ger les biens de l’entrepreneur ;
  • Elle est imposĂ©e Ă  l’impĂŽt sur le revenu. Cela signifie que c’est l’entrepreneur qui paye l’impĂŽt. Le rĂ©sultat de l’entreprise est inclus dans les revenus du foyer fiscal et c’est ensuite le barĂšme fiscal qui est appliquĂ© pour dĂ©terminer le montant Ă  payer ;
  • Il n’y a qu’un seul associĂ©. Si vous souhaitez vous associer tout en restant sous une forme comme l’entreprise individuelle, il faudra se tourner vers la SNC. L’intĂ©rĂȘt rĂ©sidera surtout pour crĂ©er un dĂ©bit de tabac (il est obligatoire de l’ouvrir en entreprise individuelle ou en SNC) ;
  • L’entrepreneur individuel a le statut social de travailleur non salariĂ©. Cela signifie qu’il cotise Ă  la SĂ©curitĂ© Sociale des indĂ©pendants, ex RSI. Le fonctionnement des cotisations et la protection sociale sont diffĂ©rentes des salariĂ©s et des assimilĂ©s salaries, qui relĂšvent tous les deux de la SĂ©curitĂ© Sociale. Ainsi, les TNS ont des cotisations forfaitaires en premiĂšre annĂ©e et en dĂ©but de deuxiĂšme annĂ©e. Ils dĂ©clarent leur rĂ©munĂ©ration via la DSI (dĂ©claration sociale des indĂ©pendants) une fois par an. Suite Ă  cette dĂ©claration, leurs cotisations sociales sont rĂ©gularisĂ©es en fin de deuxiĂšme annĂ©e. Ce dĂ©calage continue chaque annĂ©e avec un rĂ©gularisation intervenant en fin d’annĂ©e pour prendre en compte les revenus de N-2. De plus, le dirigeant paye des cotisations sociales forfaitaires minimums quoi qu’il arrive. En contrepartie, il perçoit des prestations sociales qui sont moindres que pour un salariĂ©. Toutefois, ces cotisations sont Ă©galement moins Ă©levĂ©es car elles sont dans l’ordre de 45% de la rĂ©munĂ©ration quand un salariĂ© en paye 80%.

Quelles sont les formalités de création ?

Les formalitĂ©s de crĂ©ation d’une entreprise individuelle sont relativement simples et le coĂ»t est faible en comparaison de la crĂ©ation d’une sociĂ©tĂ© telle que SARL ou EURL. L’entrepreneur dĂ©clare sa crĂ©ation auprĂšs du CFE compĂ©tent en lui apportant tout un tas de documents complĂ©tĂ©s :

  • DĂ©claration P0  ;
  • Copie de la piĂšce d’identitĂ© du crĂ©ateur ;
  • Formulaire TNS (travailleur non salariĂ©) ;
  • Justificatif de domicile ;
  • Attestation de filiation et dĂ©claration de non condamnation ;
  • Si le crĂ©ateur peut y avoir droit, demande d’ACCRE. Il s’agit d’une demande d’exonĂ©ration des charges sociales lors de la premiĂšre annĂ©e d’activitĂ©. Depuis le 1er janvier 2019, l’ACCRE a Ă©tĂ© remplacĂ©e par l’ACRE. Cette aide est maintenant attribuĂ©e Ă  tous les crĂ©ateurs d’entreprise. Il n’y a plus de demandes Ă  rĂ©aliser ;
  • En cas d’activitĂ© dans un secteur rĂ©glementĂ©, justificatif de diplĂŽme ou d’expĂ©rience ;
  • En cas d’activitĂ© dans un secteur artisanal, justificatif du stage d’initiation Ă  la gestion. A noter qu’il n’est dorĂ©navant plus obligatoire pour les artisans de rĂ©aliser ce stage de prĂ©paration Ă  l’installation.

Il devra également :

  • Ouvrir un compte bancaire. MĂȘme s’il est possible d’utiliser le mĂȘme compte bancaire pour l’entreprise et pour l’entrepreneur, il peut ĂȘtre utile d’en ouvrir un distinct pour bien sĂ©parer ce qui relĂšve de l’activitĂ© professionnelle de ce qui relĂšve du privĂ© ;
  • AdhĂ©rer Ă  un CGA ou Ă  une AGA : cette adhĂ©sion permet de ne pas avoir un impĂŽt majorĂ© de 25% ;
  • Éventuellement effectuer une dĂ©claration d’insaisissabilitĂ©. Cette dĂ©claration pourra par exemple porter sur la rĂ©sidence principale. Dans ce cas, elle sera protĂ©gĂ©e en cas de dettes de l’entreprise. Les crĂ©anciers ne pourront pas la saisir. Pour ce faire, l’entrepreneur doit rĂ©aliser cet acte devant notaire. Son coĂ»t est d’une centaine d’euros. Le notaire fait ensuite enregistrer l’acte au bureau des hypothĂšques. Il fait ensuite l’objet d’une mention au registre du commerce et des sociĂ©tĂ©s ou au rĂ©pertoire des mĂ©tiers selon que le crĂ©ateur est commerçant ou artisan. Pour les agriculteurs et les professions libĂ©rales, l’acte est publiĂ© dans un journal d’annonces lĂ©gales du dĂ©partement oĂč l’activitĂ© est exercĂ©e.

Pour en savoir plus, consultez notre article sur les formalitĂ©s de crĂ©ation d’une entreprise individuelle.

Quels sont ses avantages et ses inconvénients ?

L’entreprise individuelle est relativement simple dans sa constitution et son fonctionnement et les formalitĂ©s de crĂ©ation sont peu coĂ»teuses.

Ses principaux inconvénients sont :

  • L’entrepreneur individuel est responsable totalement et indĂ©finiment en cas de dettes ;
  • L’imposition est Ă  l’impĂŽt sur le revenu ;
  • Les charges sociales sont calculĂ©es sur le bĂ©nĂ©fice imposable ;
  • Les possibilitĂ©s d’autofinancement sont limitĂ©es : le bĂ©nĂ©fice de l’entreprise individuelle s’ajoute aux revenus de l’exploitant et est soumis Ă  l’IR ;
  • Elle n’offre pas ou peu de possibilitĂ©s de dĂ©veloppement : elle ne permet par exemple pas l’entrĂ©e de nouveaux associĂ©s pour augmenter le capital ;
  • En cas de dĂ©cĂšs du dirigeant, ses hĂ©ritiers se retrouvent en indivision.

A qui s’adresse l’entreprise individuelle ?

Etant donnĂ© les inconvĂ©nients et les avantages que l’on vient de voir, il va sans dire que l’entreprise individuelle s’adresse davantage aux “petits projets”, ne nĂ©cessitant pas ou peu de capitaux propres, ayant peu d’investissements Ă  rĂ©aliser et aux crĂ©ateurs ne souhaitant pas s’associer. Il convient donc plutĂŽt aux mĂ©tiers intellectuels non rĂ©glementĂ©s, comme les consultants, les webmasters, les coachs d’entreprise…Bref, tous les mĂ©tiers pour lesquels les investissements sont faibles.

L’EIRL et l’auto-entreprise, deux alternatives Ă  l’entreprise individuelle

L’EIRL et l’auto-entreprise sont aussi deux formes d’entreprises, avec chacune des spĂ©cificitĂ©s propres.

Ainsi, l’EIRL est une entreprise individuelle Ă  responsabilitĂ© limitĂ©e. L’entrepreneur dĂ©cide d’affecter une partie de ses biens Ă  l’entreprise pour bien sĂ©parer le patrimoine personnel du patrimoine professionnel. Autre spĂ©cificitĂ© : il est possible de choisir entre l’impĂŽt sur le revenu et l’impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s.

L’auto-entreprise est quant Ă  elle une forme d’entreprise individuelle encore plus simplifiĂ©e. Ses formalitĂ©s de crĂ©ation sont assez simples et tout peut se faire sur Internet. Au niveau de la gestion, l’auto-entreprise n’a pas de comptabilitĂ© Ă  tenir si ce n’est suivre son chiffre d’affaires et le dĂ©clarer tous les mois ou tous les trimestres.


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