DerniĂšre mise Ă jour le 14 septembre 2020
Ouvrir un restaurant nĂ©cessite gĂ©nĂ©ralement un montant dâinvestissement important. Un prĂȘt est souvent demandĂ© et il est alors nĂ©cessaire de rĂ©aliser un business plan. Il permet aussi au dirigeant de vĂ©rifier la viabilitĂ© Ă©conomique de son projet et dâavoir une ligne directrice dans la gestion de son entreprise. Voici les diffĂ©rents Ă©lĂ©ments Ă prendre en compte pour rĂ©aliser le business plan dâun restaurant.
La prĂ©sentation du projet et du crĂ©ateur dans le business plan dâun restaurant
La premiĂšre partie du business plan consistera en une prĂ©sentation du projet. En guise d’entrĂ©e en matiĂšre, il pourra ĂȘtre intĂ©ressant de rĂ©aliser un executive summary. Il prĂ©sentera en deux pages les points clĂ©s du projet, le porteur de projet et son Ă©quipe, le business model et quelques chiffres financiers pertinents.
Présentation du projet
S’en suivra la prĂ©sentation du projet de crĂ©ation : concept, type du restaurant, carte, ambiance sont autant dâĂ©lĂ©ments qui doivent ĂȘtre mentionnĂ©s :
- Le type de restaurant : restaurant traditionnel ou rapide, brasserie, fast-food, restauration gastronomique, kebab ou mĂȘme food-truck ;
- Le concept est liĂ© au type de restaurant : cuisine française, italienne, japonaise… ambiance familiale, conviviale, intimiste…;
- La carte : entrées, plats et desserts proposés, formules et prix ;
- Le local : s’agit-il d’un rachat de fonds de commerce? d’une nouvelle activitĂ© Ă l’emplacement? Quel est la surface du local? OĂč se situe-t-il?
Etude de marchĂ© et de concurrence, Ă insĂ©rer en annexe du business plan d’un restaurant
Tous ces Ă©lĂ©ments auront Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©s et dĂ©finis Ă l’occasion de la rĂ©alisation de l’Ă©tude de marchĂ© et de concurrence. PlutĂŽt que de les insĂ©rer dans le business plan, mieux vaut en faire ressortir les point clĂ©s. En effet, il ne s’agit pas des documents les plus lus dans le business plan d’un restaurant.
Il faudra toutefois prĂ©senter la zone de chalandise et les restaurants dĂ©jĂ prĂ©sents dans cette zone. Il faudra aussi dĂ©tailler le type de restauration des concurrents dĂ©jĂ prĂ©sents dans le secteur. De plus, il peut ĂȘtre intĂ©ressant de prĂ©senter les attentes des consommateurs dans la zone de chalandise : envie d’un restaurant familial non satisfaite, d’un restaurant plus gastronomique…Ces deux Ă©tudes pourront toutefois ĂȘtre ajoutĂ©s en annexe.
Pour avoir quelques informations sur le secteur, n’hĂ©sitez pas Ă consulter les sites de l’Union des MĂ©tiers et des Industries de l’hĂŽtellerie ou du Groupement national des indĂ©pendants hĂŽtellerie et restauration.
Présentation du porteur de projet
Dans le business plan doit Ă©galement figurer le parcours du crĂ©ateur en expliquant sâil a les compĂ©tences, la qualification et la motivation nĂ©cessaires pour se lancer dans le projet (expĂ©rience nĂ©cessaire dans le secteur, dans la gestion dâĂ©quipeâŠ).
Présentation de la forme juridique
Mieux vaut choisir de crĂ©er une sociĂ©tĂ© pour ouvrir un restaurant plutĂŽt que de le faire en auto-entreprise ou en entreprise individuelle. En effet, comme les investissements initiaux sont assez Ă©levĂ©s (achat d’un fonds de commerce, reprise d’un droit au bail, amĂ©nagement, constitution d’un stock de dĂ©part…), mieux vaut sĂ©parer le patrimoine de l’entreprise du patrimoine de l’entrepreneur.
Le choix de la forme juridique devra ainsi figurer dans le business plan ainsi que quelques autres Ă©lĂ©ments juridiques : capital social, nombre d’associĂ©s, apports de chaque associĂ©…
Les diffĂ©rents Ă©tats financiers du business plan d’un restaurant
Comme dans tous business plan, celui d’un restaurant devra comprendre les diffĂ©rents Ă©tats financiers suivants :
- Compte de résultat prévisionnel ;
- Bilan prévisionnel ;
- Plan de trésorerie prévisionnel ;
- Plan de financement initial ;
- CapacitĂ© d’autofinancement prĂ©visionnelle ;
- Besoin en fonds de roulement prévisionnel.
Le compte de résultat prévisionnel et les chiffres du secteur
Le compte de résultat prévisionnel fera apparaßtre les produits et les charges du restaurant :
Les produits :
Il est toujours assez difficile d’estimer le chiffre d’affaires d’une entreprise en crĂ©ation. Les prĂ©visions doivent se baser sur les rĂ©sultats de l’Ă©tude de concurrence et de l’Ă©tude de marchĂ©. Il sera par exemple intĂ©ressant de savoir combien rĂ©alise un concurrent implantĂ© dans le mĂȘme secteur gĂ©ographique et proposant le mĂȘme type de prestations. Il faudra s’intĂ©resser Ă la typologie de clients, aux sommes qu’ils sont prĂȘts Ă dĂ©penser Ă chaque repas, aux nombres de couverts et aux nombres de services par tranche horaire.
Enfin, il pourra aussi ĂȘtre intĂ©ressant de faire une distinction entre les repas et les boissons (alcoolisĂ©es et non alcoolisĂ©es) car le taux de marge n’est pas le mĂȘme entre les deux.
Les charges :
Les charges à prévoir sont :
- Achats de matiĂšres premiĂšres ;
- Consommations en provenance des tiers : frais administratifs, marketing, sous-traitance, honoraires divers, frais de nettoyage et d’entretien, frais bancaires et assurance, eau/Ă©lectricitĂ©, frais de tĂ©lĂ©communications…
- Salaires et charges de personnels ;
- Rémunération et charges sociales du dirigeant ;
- Loyer et charges locatives ;
- ImpÎts et taxes (hors impÎt sur les bénéfices) ;
- Dotations aux amortissements et aux provisions.
Quelques chiffres du marché de la restauration :
Le compte de rĂ©sultat doit ĂȘtre cohĂ©rent avec les chiffres du secteur :
- Les frais dâachat de matiĂšres premiĂšres reprĂ©sentent en moyenne 30% du chiffre dâaffaires ;
- Les frais de personnel reprĂ©sentent Ă©galement en moyenne 30% du chiffre dâaffaires. Ce sont les deux plus gros postes de dĂ©penses.
- Le loyer reprĂ©sente environ 10% du chiffre dâaffaires ;
- Les frais de perte (par exemple péremption des aliments) sont à prendre en compte.
- Le chiffre dâaffaires doit ĂȘtre estimĂ© avec prudence en analysant le chiffre dâaffaires dâautres restaurants de taille identique et de zone de chalandise plus ou moins similaire.
Le bilan prévisionnel
Le bilan prĂ©visionnel va de pair avec le compte de rĂ©sultat prĂ©visionnel. Le premier prĂ©sente l’Ă©tat financier de l’entreprise Ă la clĂŽture des comptes, gĂ©nĂ©ralement des 3 premiĂšres annĂ©es. Le second explique le dĂ©roulĂ© de la vie Ă©conomique de l’entreprise sur l’annĂ©e.
Le plan de trésorerie prévisionnel
Le plan de trĂ©sorerie prĂ©visionnel indique mois par mois les encaissements et les dĂ©caissements de l’entreprise. En cas de dĂ©ficit sur un ou plusieurs mois, il faudra trouver des solutions pour augmenter les encaissements ou rĂ©duire les dĂ©caissements. L’avantage d’un restaurant est toutefois que les clients payent comptant alors que les fournisseurs sont payĂ©s avec un dĂ©lai.
Toutefois, pour les restaurants dans des zones touristiques subissant un fort effet de saisonnalitĂ©, il peut ĂȘtre possible de nĂ©gocier avec la banque un crĂ©dit de campagne. Il s’agit d’une sorte de dĂ©couvert qui permettra de faire face aux dĂ©caissements rĂ©guliers alors que les encaissements sont regroupĂ©s sur une pĂ©riode.
Le plan de financement initial
Le plan de financement initial fait la différence entre les ressources et les besoins de financement.
Les ressources
Les ressources de financement sont :
- Les capitaux propres : apports en numéraire et en nature des associés ;
- Les apports en compte courant ;
- Les aides et subventions à la création versées au moment de la création ;
- Les emprunts bancaires.
Les besoins
Les besoins de financement sont :
- Les frais d’Ă©tablissement ;
- Les immobilisations :
- corporelles comme lâamĂ©nagement du local (peinture, tablesâŠ), la dĂ©coration ou lâachat des Ă©quipements nĂ©cessaires (fours, frigosâŠ) ;
- incorporelles comme le rachat du fonds de commerce, le droit au bail ou le pas de porte ;
- financiĂšres comme le dĂ©pĂŽt de garantie ou la caution demandĂ©e Ă l’entrĂ©e dans le local.
- Le stock de marchandises de dĂ©part y compris lâalcool ;
- La TVA sur biens et services et sur immobilisations ;
- La publicité pour faire connaitre le restaurant.
- La trĂ©sorerie initiale et le besoin en fonds de roulement. Le BFR est la trĂ©sorerie nĂ©cessaire pour faire face au dĂ©calage entre les premiers achats et l’encaissement des premiĂšres ventes.
Le total des besoins doit ĂȘtre Ă©gal au total des ressources. De plus, les besoins financiers de longue durĂ©e (immobilisations) doivent ĂȘtre Ă©gaux aux ressources de longue durĂ©e.
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