Les couveuses d’entreprises

DerniĂšre mise Ă  jour le 6 mai 2020

Les couveuses d’entreprises permettent de tester une idĂ©e de crĂ©ation d’entreprise en grandeur nature. Le passage en couveuse permet Ă  l’entrepreneur de connaitre le mĂ©tier de chef d’entreprise tout en dĂ©veloppant son activitĂ©. Les entreprises bĂ©nĂ©ficient de soutien et de conseils, tout en Ă©vitant toute la paperasse administrative puisque l’entrepreneur est salariĂ© de la structure.

Quel est le fonctionnement d’une couveuse d’entreprises ?

La gestion administrative

La couveuse d’entreprises gùre la partie administrative, comptable et juridique pour le compte de l’entrepreneur. Elle s’occupe ainsi notamment de :

  • L’hĂ©bergement juridique ;
  • L’émission des bon de commande, devis, contrats, factures ;
  • La gestion du recouvrement ;
  • Le suivi de la comptabilitĂ©.

Comme la sociĂ©tĂ© n’est pas encore créée au niveau lĂ©gal (elle n’est pas enregistrĂ©e au registre du commerce et des sociĂ©tĂ©s ou au registre des mĂ©tiers), l’entrepreneur n’est pas encore chef d’entreprise mais est salariĂ© de la couveuse. Attention toutefois, mĂȘme si le couvĂ© est salariĂ© de la couveuse, il n’y a pas de lien de subordination entre les deux parties comme dans n’importe quel contrat de travail.

Le chiffre d’affaires est encaissĂ© par la couveuse. Le rĂ©sultat s’obtient aprĂšs dĂ©duction des charges et de la commission de la couveuse (gĂ©nĂ©ralement 10% du chiffre d’affaires avec un montant plancher). Il est ensuite reversĂ© Ă  l’entrepreneur.

L’accompagnement 

En plus de cet aspect administratif, la couveuse va accompagner l’entrepreneur dans le dĂ©veloppement de son activitĂ© de bien des façons :

  • Des formations afin de parfaire les connaissances de l’entrepreneur en matiĂšre de crĂ©ation et de gestion d’entreprise (comptabilitĂ©, droit, ressources humaines, marketing…) ;
  • Des conseils pour se dĂ©velopper et adopter la meilleure stratĂ©gie commerciale et financiĂšre ;
  • Une mise en rĂ©seau, avec les autres couvĂ©s, les anciens couvĂ©s et les intervenants experts.

Sur toute la durĂ©e du passage en couveuse (au moins un an), l’accompagnement change pour laisser l’entrepreneur de plus en plus autonome au fil du temps. A la fin de la pĂ©riode passĂ©e en couveuse, l’entrepreneur dĂ©cidera de crĂ©er ou non sa sociĂ©tĂ©.

A qui s’adressent les couveuses d’entreprises ?

Les couveuses d’entreprises s’adressent aux porteurs de projets qui n’ont pas encore crĂ©e leur sociĂ©tĂ© mais qui ont dĂ©jĂ  une idĂ©e de projet bien avancĂ©e. C’est en cela qu’elles diffĂ©rent des pĂ©piniĂšres d’entreprises qui s’adressent aux sociĂ©tĂ©s dĂ©jĂ  créées.

Elles différent également des incubateurs puisque dans ces structures, la gestion comptable et financiÚre est du ressort des entreprises.

Les couveuses conviennent ainsi parfaitement aux entrepreneurs qui n’ont pas envie de sauter le pas de la crĂ©ation tout de suite. Les start-ups Ă  fort potentiel, qui ont besoin de rĂ©aliser des levĂ©es de fonds, auront donc plutĂŽt intĂ©rĂȘt Ă  se tourner vers les incubateurs ou les accĂ©lĂ©rateurs.

Comme dans le portage salarial, elles permettent aux entrepreneurs de se focaliser uniquement sur le dĂ©veloppement de leur activitĂ©, en laissant de cĂŽtĂ© tout l’aspect administratif.

Comment intĂ©grer une couveuse d’entreprises ?

L’intĂ©gration d’une couveuse d’entreprises se fait via la prĂ©sentation d’un dossier puis via la rĂ©daction d’un contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE). Il va porter sur :

  • Les engagements des deux parties ;
  • Les mesures d’accompagnement ;
  • Les modalitĂ©s de reporting ;
  • Les conditions de rupture ;
  • Les moyens Ă  disposition du crĂ©ateur ;
  • L’aspect financier :  calcul de la rĂ©tribution financiĂšre pour la couveuse et de la rĂ©munĂ©ration pour le couvĂ©.

La période en couveuse est donc limitée à la période du CAPE (12 mois renouvelable 2 fois).

En plus de ce contrat, la couveuse va rĂ©aliser une DPAE (dĂ©claration prĂ©alable Ă  l’embauche) afin d’informer la SĂ©curitĂ© Sociale de l’embauche.

L’entrepreneur sera donc couvert comme un salariĂ© classique. Il bĂ©nĂ©ficiera de prestations sociales (indemnitĂ©s journaliĂšres, remboursement des soins, protection en cas de maladie professionnelle ou d’accident du travail ainsi que d’une protection en cas de chĂŽmage).

Couveuse, portage, incubateur, pépiniÚre, accélérateur, coworking, quelles différences?

Ce sont des structures d’accompagnement de l’entrepreneur mais chacune revĂȘt des particularitĂ©s propres :

  • Dans le portage salarial, l’entrepreneur est salariĂ© de la structure mais rĂ©alise ses missions en toute indĂ©pendance et autonomie. Toutefois, la sociĂ©tĂ© de portage ne s’occupe que de la partie administrative sans accompagner l’entrepreneur dans le lancement de l’activitĂ© ;
  • La pĂ©piniĂšre va accompagner le crĂ©ateur d’entreprise dans le lancement de son activitĂ© mais s’adresse aux sociĂ©tĂ©s dĂ©jĂ  créées (relativement jeunes – moins de 3 ans d’existence) ;
  • L’incubateur d’entreprise va davantage s’adresser Ă  des porteurs de projets Ă  fort potentiel, souvent dans le domaine numĂ©rique. Leur objectif : transformer des projets en start-up et, dans des cas exceptionnels, en licorne ;
  • L’accĂ©lĂ©rateur fonctionne plus ou moins comme un incubateur, le volet financier en plus. Il est ainsi Ă  mi-chemin entre l’incubateur et le fonds d’investissement ;
  • Le coworking : il s’agit d’un espace de travail partagĂ© oĂč les entrepreneurs se rencontreront pour travailler, Ă©changer et se constituer un rĂ©seau. Il n’a pas vocation Ă  accompagner les crĂ©ateurs dans le lancement de leur activitĂ©.
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