DerniĂšre mise Ă jour le 9 juin 2026
Une entreprise a des stocks si elle ne travaille pas en flux-tendu. Ils lui permettent de faire face aux demandes urgentes des clients et de les livrer au plus vite. Si le stock nâest pas suffisant, lâentreprise se trouve en rupture de stock. Il sert donc de prĂ©caution et permet Ă©galement de faire face aux fluctuations de prix. Toutefois, le stockage nâest pas gratuit : coĂ»t de manutention, coĂ»t de stockage, coĂ»t de freinte, coĂ»t dâobsolescence sont autant de coĂ»ts qui impactent le stock. Pour toutes ces raisons il nĂ©cessite d’ĂȘtre gĂ©rĂ© correctement.
Comment gérer le stock ?
Les types de stock
L’entreprise doit se constituer un stock afin de faire face Ă la demande. Son stock peut ĂȘtre constituĂ© de :
- MatiÚres premiÚres et fournitures consommées dans la fabrication du produit ;
- Produits-finis c’est-Ă -dire produits dĂ©finitivement achevĂ©s qui seront commercialisĂ©s en l’Ă©tat ;
- Marchandises, achetĂ©es pour ĂȘtre revendues en l’Ă©tat, sans transformations ;
- En-cours de production, aussi appelés produits semi-finis, qui entreront dans une nouvelle phase de production ;
- Emballages qui seront intégrés aux produits-finis ;
- Produits rĂ©siduels, dĂ©chets ou rebus. Dans le premier cas, il s’agit de matiĂšres premiĂšres qui ne se retrouvent pas dans le produit final. Dans le second, il s’agit d’un produit ne passant pas au contrĂŽle qualitĂ© car ne satisfaisant pas le cahier des charges.

Les lieux de stockage
Le stock peut se trouver dans différents endroits :
- Dans le magasin en lui-mĂȘme ou en rĂ©serve quand il s’agit d’un boutique ;
- Dans un entrepÎt dédié pour une usine ;
- Chez le fournisseur ou le distributeur. On parle alors de stock déporté.
Les rĂšgles de stockage
Le stock doit ĂȘtre rangĂ© correctement pour plusieurs raisons :
- Afin de pouvoir mettre rapidement la main dessus quand on en a besoin. Par exemple, un prĂ©parateur de commandes qui cherche un produit doit savoir instantanĂ©ment oĂč il se trouve afin de ne pas perdre de temps ;
- Pour des raisons de sĂ©curitĂ©, notamment en cas de stockage de produits dangereux. Hormis ce cas de figure, la sĂ©curitĂ© des personnes travaillant dans l’entrepĂŽt peut Ă©galement ĂȘtre impactĂ©e si la dimension de l’entrepĂŽt est trop faible par rapport au stock entreposĂ© (risques de chute de charges) ou si les voies de circulation ne sont pas correctement dĂ©limitĂ©es (collision entre un chariot et un piĂ©ton…). Comme pour tous les lieux accueillant des salariĂ©s, des rĂšgles doivent ĂȘtre respectĂ©es en matiĂšre de sĂ©curitĂ© : prĂ©sence dâextincteurs, ventilation, rĂ©alisation d’exercices de simulation en cas d’incendie…De plus, les techniques de stockage en hauteur permettant de gagner de l’espace doivent ĂȘtre Ă©tudiĂ©es attentivement ;
- Afin de s’adapter aux produits : les produits pĂ©rissables doivent ainsi ĂȘtre rangĂ©s selon la mĂ©thode du FIFO : First In, First Out, c’est-Ă -dire que les produits qui sont entrĂ©s en premier dans le stock doivent ĂȘtre les premiers Ă en sortir. A l’inverse, si des produits prennent de la valeur avec le temps, ils doivent ĂȘtre stockĂ©s en LIFO : Last In, First Out.
Les mĂ©thodes d’approvisionnement
Il existe 4 mĂ©thodes d’approvisionnement qui consistent Ă faire varier la quantitĂ© et/ou la date de commande :
- Méthode de réapprovisionnement : la quantité est fixe et la date est fixe ;
- Méthode de réapprovisionnement à la commande : la quantité est variable et la date est variable ;
- Méthode à point de commande : la quantité est fixe et la date est variable ;
- Méthode de recomplétement périodique : la quantité est variable et la date est fixe.
Le principe de flux tendus ou juste-Ă -temps
Le principe de flux tendus, ou juste Ă temps (JAT) consiste Ă fonctionner avec trĂšs peu de stocks : uniquement les encours de fabrication. L’entreprise fabrique donc uniquement la quantitĂ© nĂ©cessaire pour rĂ©pondre aux besoins du client. Cela permet de diminuer les temps morts, les coĂ»ts de production, les dĂ©lais et tous les frais liĂ©s au stockage.
Les inventaires

Le stock doit faire lâobjet dâune gestion : lâentreprise doit rĂ©aliser des inventaires physiques en choisissant de mettre en place un systĂšme dâinventaire permanent, un inventaire annuel ou des inventaires tournants. Le choix entre ces 3 mĂ©thodes dĂ©pend de la situation de l’entreprise et est Ă dĂ©finir au cas par cas. Parfois, plusieurs mĂ©thodes peuvent mĂȘme se cumuler :
- L’inventaire annuel consiste Ă compter toutes les rĂ©fĂ©rences une fois par an. Sa rĂ©alisation est lourde au niveau des dĂ©marches et nĂ©cessite parfois lâarrĂȘt de l’activitĂ© de l’entreprise et le renfort en personnel en embauchant des intĂ©rimaires ;
- L’inventaire tournant consiste Ă rĂ©aliser plusieurs inventaires physiques dans l’annĂ©e. Les produits ne seront pas tous comptĂ©s selon le mĂȘme rythme. Certaines rĂ©fĂ©rences seront comptĂ©es une seule fois. D’autres seront comptĂ©es plus souvent (parfois mĂȘme 12 fois dans l’annĂ©e) ;
- L’inventaire permanent consiste Ă compter le stock Ă chaque mouvement, entrĂ©es ou sorties.
La rĂ©alisation dâun inventaire physique, notamment lâinventaire annuel, doit reposer sur une mĂ©thodologie et une procĂ©dure que lâentreprise doit suivre.
Le logiciel de gestion du stock
La gestion des stocks requiert un systĂšme dâinformation efficace qui passe par lâacquisition dâun logiciel de gestion pour dĂ©terminer le stock disponible.
Les indicateurs de suivi du stock
GrĂące Ă ce logiciel, plusieurs indicateurs peuvent ĂȘtre utilisĂ©s pour gĂ©rer le stock afin dâĂ©viter une rupture de stock, de vĂ©rifier la satisfaction des clients ou de sâassurer du faible coĂ»t des stocks :
- Stock d’alerte : seuil Ă partir duquel une alerte va ĂȘtre dĂ©clenchĂ©e pour se rĂ©approvisionner ;
- Stock de sécurité : stock complémentaire au stock de production permettant de faire face aux incertitudes ;
- Taux ou délai de rotation des stocks : consommation / stock ;
- Couverture des stocks : stock / consommation ;
- Taux de service : demandes satisfaites / demandes totales ;
- Taux de rupture : demandes non satisfaites / demandes totales.
âĄïž Pour en savoir plus, consultez notre article sur les mĂ©thodes de gestion du stock.
Les coûts de stockage
Il faudra, en plus de ces indicateurs, analyser les coûts de stockage :
- CoĂ»t de possession : frais de manutention, location de l’entrepĂŽt et frais gĂ©nĂ©raux, coĂ»ts d’obsolescence (destruction du stock, dĂ©stockage Ă prix rĂ©duit), charges de personnel travaillant de façon directe sur le stock (prĂ©parateur de commande, logisticien) mais Ă©galement de façon indirecte (contrĂŽleur de gestion, informaticien, comptable…) vol et casse ;
- CoĂ»t de passation d’une commande : surveiller le niveau de stock, rĂ©aliser un bon de commande, recevoir la commande, la vĂ©rifier, comparer le bon de commande au bon de livraison, puis Ă la facture, comptabiliser la facture…;
- CoĂ»t d’acquisition : se doter d’un logiciel de gestion, faire venir les produits jusqu’Ă l’entrepĂŽt, l’expĂ©dier, l’emballer, le dĂ©baller…
- CoĂ»t de rupture du stock : commandes de dĂ©pannage, baisse de revenues liĂ©e Ă la perte d’un client si un trop grand nombre de commande n’est pas aboutie.
Les Ă©carts d’inventaire
Le rapprochement entre l’inventaire physique et l’inventaire thĂ©orique (issu du logiciel), permettra d’identifier les Ă©carts d’inventaire. Il s’agit des diffĂ©rences entre les deux. Si des Ă©carts trop importants existent, il faudra comprendre d’oĂč ils proviennent (vol de produits, nomenclature incorrecte, oubli d’une zone de comptage…).
Tableau de suivi des stocks
Enfin, Ă partir de ces informations, l’entreprise pourra mettre en place un tableau de suivi des stocks oĂč l’entreprise trouvera les informations dont elle a besoin.
Comment comptabiliser les stocks ?
A la clĂŽture des comptes, on comptabilise le stock final, qui apparaĂźt dans le bilan de lâentreprise et la variation de stock qui apparaĂźt dans le compte de rĂ©sultat. Ces Ă©critures permettent de prendre en compte dans le rĂ©sultat les achats consommĂ©s pendant l’exercice et non les produits simplement achetĂ©s.
âĄïž Pour en savoir plus, consultez cet article sur les Ă©critures comptables de stock.
Les entrées en stock sont évalués :
- Au coĂ»t d’acquisition en additionnant le prix d’achat aux frais accessoires d’achat ;
- Au coĂ»t de production en additionnant le coĂ»t d’acquisition des matiĂšres et fournitures consommĂ©es aux charges directes et indirectes de production.
Afin de dĂ©terminer la valeur du stock, on doit multiplier les quantitĂ©s en stock (d’oĂč l’importance de l’inventaire) par la valeur unitaire des stocks. Il existe plusieurs mĂ©thodes pour valoriser ce stock :
- CUMP : coût unitaire moyen pondéré ;
- FIFO : first in, first out ;
- LIFO : last in, first out â à noter : cette mĂ©thode n’est pas autorisĂ©e en comptabilitĂ© française (ni par le PCG, ni par les IFRS adoptĂ©s en Europe). En France, seules les mĂ©thodes CUMP et FIFO sont admises pour valoriser les stocks.
A noter enfin que le stock peut ĂȘtre dĂ©prĂ©ciĂ©. C’est ce qui arrive si sa valeur calculĂ©e comptablement ne correspond pas Ă sa valeur rĂ©elle, s’il est obsolĂšte par exemple.
â Check-list de bonne gestion des stocks
Organisation physique
â Zones de stockage clairement dĂ©limitĂ©es et identifiĂ©es
â MĂ©thode de rotation appliquĂ©e (FIFO pour les produits pĂ©rissables ou Ă durĂ©e de vie limitĂ©e)
â RĂšgles de sĂ©curitĂ© respectĂ©es : extincteurs, voies de circulation, hauteur de stockage
â AccĂšs restreint aux zones de stock (contrĂŽle des entrĂ©es/sorties)
Approvisionnement
â MĂ©thode d’approvisionnement choisie et formalisĂ©e
â Niveaux de stock d’alerte et de sĂ©curitĂ© dĂ©finis dans le logiciel
â Fournisseurs alternatifs identifiĂ©s pour les rĂ©fĂ©rences critiques
Inventaire
â Type d’inventaire dĂ©fini (annuel, tournant ou permanent)
â ProcĂ©dure d’inventaire Ă©crite et communiquĂ©e aux Ă©quipes
â Rapprochement inventaire physique / thĂ©orique rĂ©alisĂ©
â Ăcarts d’inventaire analysĂ©s et expliquĂ©s
Comptabilité
â MĂ©thode de valorisation choisie (CUMP ou FIFO) et appliquĂ©e de façon constante
â DĂ©prĂ©ciations Ă©ventuelles identifiĂ©es et comptabilisĂ©es
â Variation de stock inscrite au compte de rĂ©sultat Ă la clĂŽture
Foire aux questions
Quelle est la diffĂ©rence entre stock de sĂ©curitĂ© et stock d’alerte ? Le stock d’alerte est le seuil qui dĂ©clenche automatiquement une commande de rĂ©approvisionnement. Le stock de sĂ©curitĂ© est un coussin supplĂ©mentaire destinĂ© Ă faire face aux alĂ©as (retard fournisseur, pic de demande imprĂ©vu) ; il est inclus dans le stock d’alerte mais reste distinct dans son calcul.
Qu’est-ce que la mĂ©thode ABC en gestion des stocks ? La mĂ©thode ABC consiste Ă classer les rĂ©fĂ©rences en trois catĂ©gories selon leur valeur ou leur rotation : A (20 % des rĂ©fĂ©rences reprĂ©sentant 80 % de la valeur), B (intermĂ©diaires) et C (nombreuses mais peu stratĂ©giques). Elle permet de concentrer les efforts de suivi sur les articles les plus critiques.
Un inventaire annuel est-il obligatoire ? Oui. L’article L.123-12 du Code de commerce impose Ă toute entreprise de rĂ©aliser un inventaire au moins une fois par exercice afin de contrĂŽler l’existence et la valeur de l’actif et du passif. Les rĂ©sultats de cet inventaire servent de base aux Ă©critures de clĂŽture.
Que se passe-t-il comptablement si la valeur rĂ©elle du stock est infĂ©rieure Ă sa valeur comptable ? L’entreprise doit constater une dĂ©prĂ©ciation de stock (provision pour dĂ©prĂ©ciation), qui vient diminuer la valeur du stock Ă l’actif du bilan et gĂ©nĂ©rer une charge dans le compte de rĂ©sultat. Cela concerne notamment les stocks obsolĂštes, endommagĂ©s ou dont le prix de marchĂ© a chutĂ©.
Quelle mĂ©thode de valorisation choisir : CUMP ou FIFO ? Le choix dĂ©pend du secteur et de la nature des produits. Le FIFO est conseillĂ© pour les produits pĂ©rissables (cohĂ©rence entre flux physique et flux comptable). Le CUMP est souvent plus simple Ă gĂ©rer pour les produits non pĂ©rissables. Une fois choisie, la mĂ©thode doit ĂȘtre appliquĂ©e de façon constante (principe de permanence des mĂ©thodes).