La CSSCT, nouveau nom du CHSCT au sein du CSE : missions, composition et fonctionnement

DerniĂšre mise Ă  jour le 4 juillet 2026

Le CHSCT (comitĂ© d’hygiĂšne, de sĂ©curitĂ© et des conditions de travail) n’existe plus depuis le 1er janvier 2020. Ses missions ont Ă©tĂ© reprises par le comitĂ© social et Ă©conomique (CSE), qui a fusionnĂ© les anciennes instances reprĂ©sentatives du personnel (dĂ©lĂ©guĂ©s du personnel, comitĂ© d’entreprise et CHSCT). Au sein du CSE, c’est la commission santĂ©, sĂ©curitĂ© et conditions de travail (CSSCT) qui assure, lorsqu’elle est mise en place, les missions autrefois confiĂ©es au CHSCT. Quelles sont ses missions ? Dans quelles entreprises est-elle obligatoire ? Qui la compose et de quels moyens dispose-t-elle ?

Pourquoi le CHSCT a-t-il disparu ?

Les ordonnances Macron du 22 septembre 2017 ont fusionnĂ© les trois anciennes instances reprĂ©sentatives du personnel, dĂ©lĂ©guĂ©s du personnel, comitĂ© d’entreprise et CHSCT, en une seule instance : le comitĂ© social et Ă©conomique (CSE). Cette fusion est devenue effective au 1er janvier 2020 dans l’ensemble des entreprises. Le CHSCT a ainsi perdu sa personnalitĂ© juridique propre et ses attributions ont Ă©tĂ© absorbĂ©es par le CSE, qui peut, selon les cas, dĂ©lĂ©guer tout ou partie de ses missions relatives Ă  la santĂ©, Ă  la sĂ©curitĂ© et aux conditions de travail Ă  une commission spĂ©cialisĂ©e : la CSSCT.

À la diffĂ©rence du CHSCT, qui Ă©tait une instance indĂ©pendante obligatoire dans les entreprises de 50 salariĂ©s et plus, le CSE est obligatoire dans toutes les entreprises d’au moins 11 salariĂ©s, ce qui Ă©largit mĂ©caniquement le nombre d’entreprises concernĂ©es par les questions de santĂ© et de sĂ©curitĂ© au travail.

Dans quelles entreprises la CSSCT est-elle obligatoire ?

Contrairement Ă  une idĂ©e reçue, la CSSCT n’est pas systĂ©matique dans toutes les entreprises dotĂ©es d’un CSE. Elle est obligatoire dans deux situations :

  • les entreprises ou Ă©tablissements distincts d’au moins 300 salariĂ©s ;
  • les Ă©tablissements prĂ©sentant des risques particuliers, quel que soit leur effectif (installation nuclĂ©aire de base, site classĂ© Seveso, etc.).

En dessous de ces seuils, l’entreprise n’est pas tenue de crĂ©er une CSSCT. Elle peut nĂ©anmoins en mettre une en place volontairement, par accord collectif ou, en l’absence de dĂ©lĂ©guĂ© syndical, par accord entre l’employeur et le CSE. L’inspection du travail peut Ă©galement imposer la crĂ©ation d’une CSSCT dans une entreprise de moins de 300 salariĂ©s, si la nature de son activitĂ© le justifie.

Le cadre de mise en place (nombre de membres, modalitĂ©s de dĂ©signation, missions, moyens) est dĂ©fini par un accord collectif d’entreprise ou, Ă  dĂ©faut, par le rĂšglement intĂ©rieur du CSE.

Quelles sont les missions de la CSSCT ?

La CSSCT n’a pas de personnalitĂ© morale propre : elle agit par dĂ©lĂ©gation du CSE, qui reste seul dĂ©cisionnaire sur deux points prĂ©cis, rĂ©servĂ©s Ă  sa compĂ©tence exclusive :

  • le vote des avis dans le cadre des consultations obligatoires
  • la dĂ©cision de recourir Ă  un expert.

Pour le reste, la CSSCT reprend, sur délégation, les missions historiques du CHSCT :

  • analyser les risques encourus par les salariĂ©s et leurs conditions de travail, notamment l’exposition aux facteurs de pĂ©nibilitĂ© et de troubles musculo-squelettiques (TMS) ;
  • mener des actions de prĂ©vention, en particulier dans la lutte contre les discriminations et le harcĂšlement moral ou sexuel ;
  • analyser les circonstances des accidents du travail ou des maladies professionnelles, et mener les investigations nĂ©cessaires ;
  • ĂȘtre consultĂ©e en amont de tout projet ayant un impact sur les conditions de travail des salariĂ©s, avant que le CSE ne rende son avis ;
  • prĂ©parer les inspections relatives Ă  l’hygiĂšne et Ă  la sĂ©curitĂ© ainsi que les dossiers prĂ©sentĂ©s au CSE.

IndĂ©pendamment de l’existence d’une CSSCT, la loi impose au CSE de tenir au moins 4 rĂ©unions par an consacrĂ©es spĂ©cifiquement Ă  la santĂ©, Ă  la sĂ©curitĂ© et aux conditions de travail. Lorsqu’une CSSCT existe, il est recommandĂ© qu’elle se rĂ©unisse en amont de ces sĂ©ances afin de prĂ©parer les dossiers.

Le CSE ou la CSSCT peuvent Ă©galement se saisir du document unique d’Ă©valuation des risques professionnels (DUERP) et du plan annuel de prĂ©vention pour formuler des recommandations, ainsi que du droit d’alerte en cas de danger grave et imminent pour la santĂ© publique.

Qui sont les membres de la CSSCT ?

Les membres de la CSSCT sont dĂ©signĂ©s par le CSE, parmi ses membres Ă©lus (titulaires ou supplĂ©ants), par une rĂ©solution adoptĂ©e Ă  la majoritĂ© des prĂ©sents. Leur mandat prend fin en mĂȘme temps que celui du CSE, soit tous les 4 ans.

Peuvent Ă©galement participer aux rĂ©unions avec une voix consultative, sans prendre part aux votes :

  • le mĂ©decin du travail ou un membre de l’Ă©quipe pluridisciplinaire du service de prĂ©vention et de santĂ© au travail ;
  • le responsable sĂ©curitĂ© ou prĂ©vention de l’entreprise ;
  • l’agent de contrĂŽle de l’inspection du travail ;
  • les agents des services de prĂ©vention des organismes de sĂ©curitĂ© sociale (CARSAT, etc.).

La composition doit respecter une rĂ©partition Ă©quitable entre les collĂšges Ă©lectoraux : dĂšs lors que la CSSCT compte plus de trois Ă©lus, chaque collĂšge doit y ĂȘtre reprĂ©sentĂ©, y compris le collĂšge « cadres » lorsqu’il existe.

Quels sont les moyens de la CSSCT ?

Les moyens allouĂ©s Ă  la CSSCT (heures de dĂ©lĂ©gation, frĂ©quence des rĂ©unions, formation) sont fixĂ©s par l’accord collectif de mise en place ou, Ă  dĂ©faut, par le rĂšglement intĂ©rieur du CSE. La formation des membres de la CSSCT en matiĂšre de santĂ©, sĂ©curitĂ© et conditions de travail est obligatoire, qu’ils soient titulaires ou supplĂ©ants.

Comme pour l’ancien CHSCT, le CSE peut faire appel Ă  un expert extĂ©rieur Ă  l’entreprise, aux frais de l’employeur, pour Ă©clairer ses dĂ©cisions en matiĂšre de santĂ©, de sĂ©curitĂ© et de conditions de travail — cette dĂ©cision restant toutefois de la compĂ©tence exclusive du CSE et non de la CSSCT.

Que se passe-t-il en l’absence de CSSCT ?

Dans les entreprises de moins de 300 salariĂ©s qui ne sont pas tenues de crĂ©er une CSSCT, les missions de santĂ©, sĂ©curitĂ© et conditions de travail sont assurĂ©es directement par le CSE :

  • dans les entreprises de moins de 50 salariĂ©s, le CSE veille au maintien de bonnes conditions de travail, sans qu’aucune consultation obligatoire spĂ©cifique ne soit prĂ©vue sur ces sujets ;
  • dans les entreprises de 50 Ă  300 salariĂ©s, le CSE reprend l’intĂ©gralitĂ© des missions autrefois exercĂ©es par le CHSCT, sans nĂ©cessairement crĂ©er de commission dĂ©diĂ©e, Ă  travers ses rĂ©unions trimestrielles consacrĂ©es Ă  la santĂ© et Ă  la sĂ©curitĂ©.

Tableau récapitulatif : du CHSCT au CSE/CSSCT

CHSCT (avant 2020)CSE / CSSCT (depuis 2020)
Personnalité juridiqueInstance autonomeIntégrée au CSE, sans personnalité morale propre
Seuil d’effectifObligatoire Ă  partir de 50 salariĂ©sCSE obligatoire dĂšs 11 salariĂ©s ; CSSCT obligatoire Ă  partir de 300 salariĂ©s (ou activitĂ© Ă  risques)
Mandat des membresDésignation, mandat de 2 ansDésignation par le CSE, mandat de 4 ans
DĂ©cision sur l’expertiseLe CHSCT dĂ©cidait seulCompĂ©tence exclusive du CSE
Réunions dédiées santé-sécuritéMinimum trimestrielMinimum 4 réunions/an du CSE sur ces sujets

Check-list pour se mettre en conformité

☐ VĂ©rifier que le CSE de l’entreprise est bien Ă©lu et en fonction (obligatoire dĂšs 11 salariĂ©s) ;

☐ DĂ©terminer si l’effectif ou l’activitĂ© de l’entreprise rend la CSSCT obligatoire (300 salariĂ©s ou activitĂ© Ă  risques particuliers) ;

☐ Formaliser, le cas échéant, la mise en place de la CSSCT par accord collectif ou accord avec le CSE ;

☐ Planifier au moins 4 réunions annuelles du CSE consacrées à la santé, à la sécurité et aux conditions de travail ;

☐ Organiser la formation obligatoire des membres de la CSSCT ;

☐ Mettre à jour tous les documents internes (rÚglement intérieur, affichage obligatoire, DUERP) qui feraient encore référence au CHSCT.

Foire aux questions

Le CHSCT existe-t-il encore en 2026 ?

Non. Depuis le 1er janvier 2020, le CHSCT a disparu au profit du comitĂ© social et Ă©conomique (CSE). Ses missions sont dĂ©sormais assurĂ©es par le CSE et, lorsqu’elle existe, par la commission santĂ©, sĂ©curitĂ© et conditions de travail (CSSCT).

Toutes les entreprises doivent-elles créer une CSSCT ?

Non. La CSSCT n’est obligatoire que dans les entreprises ou Ă©tablissements distincts d’au moins 300 salariĂ©s, ou dans les Ă©tablissements prĂ©sentant des risques particuliers, quel que soit leur effectif. Les autres entreprises peuvent la mettre en place volontairement par accord.

Que devient une entreprise de moins de 300 salariés sans CSSCT ?

Ses missions de santé, de sécurité et de conditions de travail sont assurées directement par le CSE, qui doit consacrer au moins 4 réunions par an à ces sujets.

Qui décide de recourir à un expert en matiÚre de santé et de sécurité ?

Cette dĂ©cision reste de la compĂ©tence exclusive du CSE, mĂȘme lorsqu’une CSSCT existe. La commission peut prĂ©parer le dossier, mais seul le CSE peut voter le recours Ă  un expert.

Combien de temps dure le mandat des membres de la CSSCT ?

Le mandat des membres de la CSSCT est aligné sur celui du CSE, soit 4 ans, contre 2 ans auparavant pour les membres du CHSCT.

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