Vous en avez marre d’être consultant pour une entreprise de conseil qui vous facture 600-700€ la journée, voire plus, alors que vous touchez beaucoup moins ? Vous ne voyez pas la nécessité de passer par un intermédiaire alors que vous pourriez facturer vos heures travaillées directement au client ? Bref, vous souhaitez être indépendant. Cet article vous explique comment devenir consultant à son compte.

Avant de devenir consultant à son compte, il faut en parler à son client

La première chose est d’en parler à son client pour savoir si ça l’intéresse. A-t-il besoin de vous sur le long terme ? est il satisfait de votre travail ? la relation qu’il entretient avec l’entreprise de conseil qui vous emploie est-elle bonne ?

Toutes les réponses à ces questions vous aideront à analyser l’opportunité de vous lancer en tant que consultant à votre compte. Si les besoins du client sont ponctuels, devenir consultant free-lance n’est peut-être pas une bonne idée. Et si vous voulez quand même vous lancer, demandez vous comment vous trouverez ensuite de nouveaux clients ?

Peut-être aussi ne veut-il pas démultiplier ses fournisseurs. Avoir une vingtaine de consultants indépendants demande la gestion de 20 comptes fournisseurs alors qu’il est plus facile au niveau administratif de passer par un seul tiers.

Vous devrez aussi négocier avec lui votre taux horaire ou taux journalier. Va-t-il bien vouloir vous payer le même taux horaire qu’il payait avec l’entreprise de conseil ? N’oubliez pas non plus dans votre calcul que vous ne serez payé que les jours ou vous travaillerez. Cela signifie que vous n’aurez rien les jours de week-end, les jours fériés et quand vous prendrez des jours de congés-payés. En tout, ça vous fera donc 253 jours de payé, sans compter les jours de congés payés que vous voudrez prendre.

Tâter le terrain avec votre employeur

Sans lui préciser que vous voulez travailler directement avec le client, vous pouvez lui faire part de vos intentions de partir de la boite de conseil. Cela vous permettra déjà de savoir s’il pourrait consentir à vous faire signer une rupture conventionnelle. Sans cela, vous devrez démissionner. Cela un impact plutôt important pour la suite du processus et le montant des charges sociales/rémunération que vous pourrez avoir.

Autre élément à prendre en compte avant de devenir consultant à son compte : votre contrat de travail. Contient-il une clause de non concurrence ? Si c’est le cas, vous devrez voir avec votre employeur s’il est possible d’y renoncer ou, dans le cas contraire, attendre avant de retravailler chez le client. Toutefois, afin d’être valable, cette clause de non concurrence doit être limitée dans le temps, dans l’espace et une contrepartie financière doit être versée. Si une des clauses n’est pas respectée, le salarié n’est pas tenu de s’y soumettre.

Créer sa structure juridique pour devenir consultant à son compte

Déjà, oubliez tout de suite le statut d’auto-entrepreneur. Avec un plafond de chiffre d’affaires à 70 000€, il ne convient pas à votre situation. Deux formes juridiques s’offrent à vous : l’EURL et la SASU. Ce sont deux formes de société unipersonnelles qui permettent de limiter la responsabilité de l’associé unique à ses apports. [Pour en savoir plus, consultez cet article sur les différences entre EURL et SASU].

Enfin, vous pourrez songer à passer par une société de portage. Les avantages : vous serez salarié de la structure et vous n’aurez pas toutes les formalités administratives à réaliser en tant qu’indépendant. La société cliente peut aussi y voir un avantage puisqu’elle n’aura plus à gérer chaque relation de façon individuelle avec un consultant s’ils passent tous par la société de conseil.

En revanche, l’inconvénient principal est que vous toucherez moins, puisque la société de portage prendra une commission.  

Les aides pour devenir consultant à son compte

C’est ici que le choix de la rupture conventionnelle ou de la démission va prendre tout son sens. Si vous démissionnez, vous n’aurez peu voire pas d’aides alors que si vous avez eu une rupture conventionnelle, vous aurez droit au chômage.

Cela signifie que vous pourrez bénéficier de l’ACCRE, qui consiste en une quasi exonération de charges sociales lors de la première année d’activité. Vous pourrez aussi percevoir vos indemnités chômage à condition que votre nouvelle rémunération ne dépasse pas 70% de la rémunération sur laquelle vos indemnités sont calculées. Ce sera à vous de bien piloter votre rémunération pour ne pas dépasser ce seuil si vous voulez continuer à en bénéficier. En effet le résultat de l’entreprise et la rémunération que vous prendrez sont deux choses différentes. Rien ne vous interdit de prendre une faible rémunération tous les mois pour vous verser ensuite plus de dividendes à la fin de l’année.

Ce qui va changer quand vous serez consultant en free-lance

Même si dans votre vie quotidienne vous aurez l’impression que rien ne change puisque vous continuerez à faire le même travail, au niveau administratif ça sera différent !

Déjà vous ne serez plus salarié, ce qui signifie que vous ne cotiserez plus au chômage. Si votre client décide d’arrêter de travailler avec vous, et si vous n’avez pas d’anciens droits qui courent, vous n’aurez plus de revenus.

Autre point qui a son importance, puisque l’employeur est désormais obligé de proposer une mutuelle à ses salariés, vous ne serez plus couvert. Là encore, si vous avez une rupture conventionnelle, il est possible de bénéficier d’une prorogation de votre ancienne mutuelle pendant un an. Sinon, vous devrez en prendre une vous-même, qui pourra éventuellement être payée par votre nouvelle entreprise. Comme c’est le cas pour toutes les charges, la mutuelle vous permettra de faire baisser votre résultat et donc vôtre montant final d’impôt à payer.

Vous pourrez également faire passer d’autres charges dans votre société : quelques repas d’affaires, des frais de transport, certaines fournitures de bureau ou matériel informatique, un prorata de votre loyer/frais de télécommunication si vous êtes amené à travailler de chez vous.

Enfin, au niveau administratif, vous aurez plus de travail : faire une facture tous les mois, tenir une comptabilité, déclarer et payer la TVA ainsi que d’autres impôts (CFE, impôt sur les bénéfices…), réaliser les documents comptables annuels obligatoires, tenir une assemblée générale ordinaire tous les ans…

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