DerniĂšre mise Ă jour le 24 mars 2023
L’auto-entreprise est la plus simple des formes juridiques. Elle s’adresse ainsi Ă tous ceux qui veulent une source de revenus complĂ©mentaire (salariĂ©s, Ă©tudiants, retraitĂ©sâŠ) ou qui veulent tester une activitĂ©. Pour autant, cette simplicitĂ© tant dans les formalitĂ©s de crĂ©ation que dans la gestion courante n’implique pas l’absence d’obligations. Les auto-entrepreneurs doivent ainsi rĂ©aliser les formalitĂ©s de crĂ©ation puis dĂ©clarer pĂ©riodiquement leur chiffe d’affaires et payer des impĂŽts. Ils doivent Ă©galement tenir un livre des recettes et, parfois, un registre des achats ainsi qu’Ă©tablir des factures Ă destination de leurs clients.
CrĂ©er la structure juridique en tant qu’auto-entrepreneur

Les formalitĂ©s pour crĂ©er une auto-entreprise sont assez simples. Il faut d’abord faire sa dĂ©claration en tant qu’auto-entrepreneur Ă l’URSSAF, pour laquelle il suffit de remplir le dossier en ligne et de joindre un justificatif d’identitĂ©. Un mail de confirmation sera ensuite envoyĂ© pour informer de la bonne rĂ©ception du dossier et l’avis SIRENE sera reçu quelques temps aprĂšs.
A noter que les auto-entrepreneurs souhaitant exercer une activitĂ© commerciale ou artisanale devront s’immatriculer au registre du commerce et des sociĂ©tĂ©s ou au registre des mĂ©tiers. De plus, ceux qui souhaitent exercer une activitĂ© rĂ©glementĂ©e devront justifier qu’ils dĂ©tiennent la qualification suffisante (diplĂŽme et/ou expĂ©rience).
Enfin, il faudra Ă©ventuellement ouvrir un compte bancaire dĂ©diĂ© Ă l’auto-entreprise. L’ouverture d’un compte distinct de celui de l’auto-entrepreneur est d’ailleurs obligatoire si le chiffre d’affaires annuel dĂ©passe 10 000⏠pendant deux annĂ©es consĂ©cutives.
DĂ©clarer le chiffre d’affaires de sa micro-entreprise
La dĂ©claration de chiffre d’affaires se fait tous les mois ou tous les trimestres (en fonction de l’option que l’auto-entrepreneur a choisie au moment de la crĂ©ation). Il faudra prĂ©ciser la composition du chiffre d’affaires entre :
- Chiffre d’affaires des ventes de marchandises ;
- Chiffre d’affaires des prestations de services commerciales ou artisanales ;
- Chiffre d’affaires des autres prestations de services.
Le chiffre d’affaires devra Ă©galement ĂȘtre reportĂ© annuellement sur la dĂ©claration de revenu complĂ©mentaire 2042C.
Payer les charges sociales, les taxes et l’impĂŽt
L’auto-entrepreneur doit payer plusieurs types d’impĂŽts et de taxes.
Charges sociales

Il doit tout d’abord payer des charges sociales sur son chiffre d’affaires. Le taux de charges sociales dĂ©pend de la nature d’activitĂ© :
- Pour les activités commerciales de type vente de marchandises (BIC) : 12,3 % ;
- Pour les prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) : 21,2% ;
- Pour les activités libérales affiliées à la CIPAV : 21,2% ;
- Pour les autres prestations de services et les professions libérales affiliées au régime général pour leur retraite : 21,1%.
ImpĂŽt sur le revenu
L’auto-entrepreneur doit Ă©galement s’acquitter de l’impĂŽt sur le revenu. Ainsi, ses revenus sont intĂ©grĂ©s au revenu total du foyer fiscal au moment de la dĂ©claration. C’est le barĂšme progressif qui viendra ensuite s’appliquer sur le revenu imposable. Les revenus pris en compte ici correspondent au chiffre d’affaires auquel s’applique un abattement forfaitaire correspondant aux charges :
- Pour la vente de marchandises : 71% ;
- Pour les prestations de services : 50% ;
- Pour les professions libérales : 34%.
Il est toutefois possible de faire autrement et d’opter pour le prĂ©lĂšvement libĂ©ratoire si certaines conditions sont respectĂ©es. Ainsi, le revenu fiscal de rĂ©fĂ©rence par part de quotient familial doit ĂȘtre infĂ©rieur Ă 26 070⏠(seuil applicable en 2023 pour des revenus de 2021). Le prĂ©lĂšvement libĂ©ratoire consiste Ă payer l’impĂŽt au moment de la dĂ©claration du chiffre d’affaires sans attendre la fin d’annĂ©e. Le taux dĂ©pend de la nature d’activitĂ© :
- Pour la vente de marchandises : 1% ;
- Pour les prestations de services : 1,7% ;
- Pour les professions libérales : 2,2%.
CFE (cotisation fonciĂšre des entreprises)
L’auto-entrepreneur doit payer la CFE (cotisation fonciĂšre des entreprises), qui est une composante de la CET (contribution Ă©conomique territoriale). C’est une taxe sur la valeur locative des biens immobiliers utilisĂ©s pour l’activitĂ© professionnelle. Toutefois, cette taxe n’est pas due :
- Lors de la premiĂšre annĂ©e d’activitĂ© ;
- Si le chiffre d’affaires annuel est infĂ©rieur Ă 5 000⏠;
- Pour certaines professions : exploitants agricoles, pĂȘcheurs, artistes, artisans, sportifs, VDI (vendeurs Ă domicile indĂ©pendants) et propriĂ©taires qui louent une partie de leur habitation en meublĂ©.
Tenir un livre des recettes et un registre des achats
Les auto-entrepreneurs bĂ©nĂ©ficient de formalitĂ©s comptables simplifiĂ©es. Ainsi, ils n’ont pas Ă Ă©tablir tous les ans un bilan et un compte de rĂ©sultat. Toutefois, ils doivent respecter deux obligations : tenir un livre des recettes et un registre des achats (uniquement pour certains auto-entrepreneurs).
Le livre des recettes
C’est un document qui doit indiquer de façon chronologique tous les encaissements reçus en prĂ©cisant pour chacun :
- La nature de la vente ;
- Le montant ;
- La date d’encaissement ;
- Le mode de rĂšglement ;
- Le numéro de facture ;
- Le nom du client.
Le registre des achats

Seuls les auto-entrepreneurs qui vendent des marchandises, fournitures et denrĂ©es Ă emporter ou Ă consommer sur place et ceux qui fournissent des prestations d’hĂ©bergement ont l’obligation de tenir un registre des achats.ce document fera apparaĂźtre pour chaque achat :
- La nature de l’opĂ©ration ;
- Le montant ;
- La date de paiement ;
- Le mode de paiement ;
- Le numéro de facture ;
- Le nom du fournisseur.
Réaliser des factures à destination des clients
Comme pour n’importe quelle entreprise, il est obligatoire pour les auto-entrepreneurs d’Ă©tablir des factures Ă destination de leurs clients (sauf exceptions qui concernent toutes les entreprises, notamment en cas de vente infĂ©rieure Ă 25âŹ). Toutefois les factures des auto-entrepreneurs diffĂšrent sensiblement des autres factures puisque certaines mentions obligatoires doivent y figurer :
- Si l’auto-entrepreneur n’est ni commerçant, ni artisan (et donc n’est ni immatriculĂ© au registre du commerce et des sociĂ©tĂ©s ni au registre des mĂ©tiers), il faudra indiquer « dispensĂ© d’immatriculation en application du code V de l’article 19 de la loi n°96 â 603 du 5 juillet 1996 relative au dĂ©veloppement du commerce et de l’artisanat » ou « dispensĂ© d’immatriculation en application de l’article L123 â 1 â 1 du code de commerce » ;
- Si l’auto-entrepreneur n’est pas soumis Ă TVA, c’est-Ă -dire s’il ne dĂ©passe pas les seuils de chiffre d’affaires de 70 000⏠pour les prestations de services et 170 000⏠pour les achats/reventes de biens, la vente Ă consommer sur place ou les prestations d’hĂ©bergement, la mention suivante devra figurer : « TVA non applicable en application de l’article 293 B du CGI ».