Régime matrimonial et entreprise

DerniĂšre mise Ă  jour le 23 novembre 2020

Il existe en France deux grands types de rĂ©gimes matrimoniaux : le rĂ©gime de la communautĂ© des biens rĂ©duite aux acquĂȘts et le rĂ©gime de la sĂ©paration des biens. Le rĂ©gime de la communautĂ© des biens est celui qui s’applique par dĂ©faut quand aucun contrat de mariage n’est signĂ©. Le rĂ©gime de la sĂ©paration des biens est donc celui qui s’applique quand un contrat est signĂ©. Ces rĂ©gimes ont des incidences en matiĂšre de crĂ©ation et de gestion d’entreprise.

Quelles sont les incidences du rĂ©gime matrimonial sur la crĂ©ation et la gestion d’entreprise ?

Il existe deux types d’incidences du rĂ©gime matrimonial sur la crĂ©ation et la gestion d’entreprise :

– En cas de difficultĂ©s financiĂšres de l’entreprise :

  • Si c’est une entreprise individuelle, il n’y a pas de distinction entre le patrimoine personnel et le patrimoine professionnel. De ce fait, le conjoint du crĂ©ateur peut se retrouver Ă  devoir Ă©galement payer les dettes de l’entreprise.
  • S’il s’agit d’une sociĂ©tĂ©, mĂȘme si les deux patrimoines sont distincts, le dirigeant est tout de mĂȘme responsable en cas de faute de gestion. Il peut ĂȘtre caution personnelle vis-Ă -vis des dettes bancaires, ce qui n’est pas sans consĂ©quence sur le patrimoine du conjoint ;

– En cas de divorce, le conjoint, en fonction du rĂ©gime matrimonial, peut rĂ©clamer d’ĂȘtre associĂ©. Il peut aussi demander d’obtenir en liquide la moitiĂ© de la valeur des parts de l’associĂ© dans l’entreprise.

Quels sont les impacts du rĂ©gime de la communautĂ© des biens rĂ©duite aux acquĂȘts sur l’entreprise ?

Dans le cas de la communautĂ© des biens rĂ©duite aux acquĂȘts, les biens acquis avant le mariage ou les biens reçus par succession ou donation aprĂšs le mariage sont des biens propres. Le reste fait partie des biens communs.

Ainsi, si l’entreprise est créée avant le mariage, elle est le bien propre de l’entrepreneur.

Si elle est créée aprĂšs le mariage, et si le crĂ©ateur ne dĂ©clare pas utiliser ses biens propres pour rĂ©aliser l’apport, elle appartient Ă  50% – 50% aux deux conjoints. S’il s’agit d’une sociĂ©tĂ©, il arrive donc frĂ©quemment que la sociĂ©tĂ© soit revendue pour pouvoir verser Ă  l’autre conjoint 50% de la valeur de l’entreprise ou que chaque Ă©poux devienne associĂ©. Il est toutefois possible d’éviter ce deuxiĂšme cas de figure :

  • En rajoutant dans les statuts, lors de la crĂ©ation, une clause indiquant que tout nouvel associĂ© entrant doit ĂȘtre approuvĂ© par les associĂ©s existants ;
  • En faisant signer au conjoint un acte indiquant qu’il ne pourra pas exiger de devenir associĂ©.

A noter qu’en cas de difficultĂ©s financiĂšres de l’entreprise qui se rĂ©percuteraient sur le patrimoine personnel, les biens propres du conjoint de l’entrepreneur sont Ă©pargnĂ©s. Les biens communs (par exemple son salaire) ne le sont toutefois pas.

Quels sont les impacts du rĂ©gime de la sĂ©paration des biens sur l’entreprise ?

Dans le rĂ©gime de la sĂ©paration des biens, l’entrepreneur est le seul Ă  prendre des risques. En effet, tous ses biens sont considĂ©rĂ©s comme propres, qu’ils soient acquis avant ou aprĂšs le mariage. Son conjoint est ainsi moins affectĂ© par la vie de l’entreprise qu’en cas de mariage sous le rĂ©gime de la communautĂ© des biens.

De plus, le divorce n’a en thĂ©orie pas de consĂ©quence sur la vie de l’entreprise.

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