Le crowdfunding entrepreneurial

Le crowdfunding ou en français financement par la foule ou financement participatifprend aujourd’hui de plus en plus d’essor. On en entend parler dans tous les domaines : production de films, de musiques, financement de projets humanitaires ou encore financement de création d’entreprise ou crowdfunding entrepreneurial. Comment ça marche ? Pourquoi y faire appel ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce système qui a déjà fait ses preuves et grâce à qui de nombreuses entreprises ont vu le jour.

Comment le crowdfunding entrepreneurial fonctionne t-il?

Le crowdfunding entrepreneurial consiste à faire financer son projet de création d’entreprise grâce à un système d’entraide.

Le créateur d’entreprise qui cherche à se financer s’inscrit sur une plateforme de crowdfunding. Le travail ne s’arrête pas là : il doit ensuite faire parler de son projet. Pour cela, il utilise généralement les réseaux sociaux. La campagne de communication fonctionne en effet par « réseautage ». Les premières personnes à voir le projet seront les amis et la famille. Ils en parleront ensuite à leurs amis, qui en parleront ensuite à leurs amis. Ainsi, en dernier lieu, de parfaits inconnus entendront parler du projet et y adhéreront. C’est ce qu’on appelle les 3 cercles.

Afin de récolter des financements et d’attirer des investisseurs potentiels, le créateur d’entreprise doit toutefois au préalable avoir bien étudié son projet. Il doit avoir détaillé l’idée, étudié le marché, réalisé des tableaux de financement, un business plan

Pourquoi faire appel au crowdfunding entrepreneurial ?

Le crowdfunding entrepreneurial est une solution alternative pour financer son projet. C’est un moyen qui permet de se financer quand des solutions classiques comme le prêt bancaire s’avèrent compliquées. Les personnes qui investissent dans le projet attendent souvent autre chose que la recherche unique de profit comme c’est le cas dans une solution classique de financement. Les fonds peuvent aussi venir en plus des autres sources de financement de l’entreprise : prêt bancaire, apports des associés, subventions, micro-crédit de l’ADIE…

Les contributeurs peuvent ainsi avoir toutes sortes de rétribution en retour de leur aide financière :

  • Participation au capital ;
  • Bon de réduction ;
  • Produit fabriqué par l’entreprise ;
  • Remise d’un certain pourcentage pour une certaine durée
  • Rien…si ce n’est la satisfaction d’avoir aidé un projet dans lequel ils croient.

Le crowdfunding entrepreneurial est également un moyen de communiquer lors de la création de l’entreprise ainsi qu’un moyen de tester son idée : certaines personnes peuvent y apporter des critiques constructives et faire évoluer le projet. Il peut permettre de se construire une première communauté de futurs clients fidèles.

Enfin, le crowdfunding entrepreneurial obligera le ou les créateurs à peaufiner leurs projets. Il faut donner envie aux personnes de soutenir financièrement le projet et donc bien le ficeler. La campagne permettra de s’initier aux joies du marketing, à l’animation d’une communauté sur les réseaux sociaux mais aussi à tout l’aspect financier, notamment la réalisation d’un plan de financement.

Que peut-on espérer gagner dans une campagne de crowdfunding entrepreneurial?

Il existe trois types de financement possible avec le crowdfunding entrepreneurial :

  • Des dons, avec ou sans contrepartie : c’est le reward crowdfunding. Les contreparties peuvent être symboliques (le nom du contributeur inscrit sur le site Internet par exemple) ou plus importantes. Il s’agit alors d’une pré-vente. En augmentant les fonds propres, les fonds peuvent permettre d’accroitre les autres sources de financement, par exemple le prêt bancaire. C’est ce qu’on appelle l’effet de levier. Les entreprises peuvent espérer recevoir quelques milliers d’euros de don.
  • Des prêts : c’est le crowdlending. Les prêts peuvent être attribués à taux zéro, à taux réduit par rapport au marché ou à un tout autre taux. Il faut toutefois faire attention à ce que le taux de remboursement, conjugué éventuellement à une assurance, une garantie, une commission de la plateforme et de frais de dossier ne s’envole pas. Le crowdlending est souvent utilisé quand les banques ne veulent pas prêter, par exemple pour financer le BFR initial.
  • La participation au capital : c’est le crowdequity. L’investisseur va avoir en contrepartie de son investissement des parts sociales et sera rémunéré en dividendes ou via la plus-value quand il revendra ses titres.

Quelle plateforme choisir pour sa campagne ?

Il existe de nombreuses plateformes de crowdfunding qui peuvent être utilisées pour financer sa création d’entreprise. Certaines plateformes sont plus connues que d’autres. Certaines sont généralistes alors que d’autres sont spécialisées. Voici une sélection de plateforme :

  • KissKissBankBank, plateforme généraliste permettant de recevoir des dons ;
  • Ulule, également une plateforme généraliste permettant de recevoir des dons ;
  • Tudigo, spécialisé dans la création d’entreprise au niveau local ;
  • Pretup, spécialisé dans le crowdlending ;
  • Unilend, également spécialisé dans le crowdlending ;
  • Finance utile, spécialisé dans le crowdequity ;
  • Happy capital, également spécialisé dans le crowdequity.

Comment faire fonctionner sa campagne de crowdfunding entrepreneurial ?

Les entreprises doivent mettre en place de véritables stratégies de communication pour qu’une campagne de crowdfunding entrepreneurial fonctionne. Voici quelques conseils :

1. Bien choisir la date de lancement de la campagne : éviter les moments où les donateurs potentiels auront peu de temps à consacrer pour se rendre sur les sites de financement participatif et lire les projets, c’est à dire principalement pendant les vacances estivales. Evitez aussi les fêtes de fin d’année quand une grosse partie du pouvoir d’achat est consacrée aux cadeaux de noël ;

2. Avant la campagne, bien ficeler le projet : la réalisation d’un business plan est plus que conseillé à cette étape. Vous devrez aussi bien réfléchir à la façon dont vous allez animer la campagne et les réseaux sociaux ainsi qu’aux éventuelles contreparties. Il faut raconter une belle histoire pour inciter aux donations. Vous devez sélectionner la plateforme idéale et réfléchir au montant que vous allez demander et comment l’argent va être utilisé. Les donateurs potentiels doivent savoir à quoi servira concrètement l’argent qu’ils ont donné ;

3. Faire vivre la campagne une fois qu’elle est lancée. Inutile de partir en sprintant, la campagne de crowdfunding est un marathon et il faut la faire tenir jusqu’au bout! Vous devrez motiver vos proches et c’est ensuite eux qui motiveront les leurs et ainsi de suite.

Quel est le coût d’une campagne ?

On voit souvent dans le financement participatif une bonne façon d’avoir des fonds pour créer son entreprise. On oublie toutefois qu’une telle campagne demande du temps et de l’argent.

Tout d’abord, il faut communiquer autour, créer des visuels, prendre des photos et des vidéos…bref, faire vivre le projet.

Il faut ensuite réaliser des rétributions. Dans certains ças, comme souvent pour des projets associatifs, les continuateurs n’attendront rien en échange. Toutefois, dans le cas d’une entreprise, ils souhaiteront peut être avoir des réductions sur les produits et les services, des échantillons ou d’autres produits de l’entreprise. Tout cela a un coût qu’il faudra maitriser pour ne pas qu’il représente un pourcentage trop important des fonds récoltés pendant la campagne.

De plus, la plateforme prendra une commission, qui peut atteindre les 10%. Plus les plateformes sont connues, plus le pourcentage prélevé est en général élevé.

Enfin, dernier frais à prendre en compte : les impôts. Les revenus de la campagne de financement participatif sont en effet inclus dans les revenus de l’entreprise et font donc partie du résultat imposable. Le revenu est ensuite imposé selon le mode d’imposition de l’entreprise (impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés).

En conclusion, pour 100€ récoltés pendant la campagne, l’entreprise payera :

  • Environ 10€ de rétribution (échantillon, bon de réduction…) ;
  • Quelques euros pour l’animation, disons 5€ ;
  • Une commission de la plateforme de 10€ ;
  • Des impôts : 15€ si l’entreprise est à l’IS et bénéficie du taux réduit, sinon 33€. Si elle est à l’IR, le montant dépendra du taux d’imposition de son foyer fiscal.

=> Le résultat net sera donc de 60€

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