Dernière mise à jour le 4 juillet 2026
La visite médicale doit être réalisée dès l’embauche d’un salarié, puis tout au long de sa vie dans l’entreprise. Elle permet de valider ses aptitudes, tant mentales que physiques, à exercer une activité professionnelle. Depuis la loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail, entrée en application le 31 mars 2022, le dispositif de suivi médical des salariés a été profondément modernisé : création de la visite de mi-carrière, du rendez-vous de liaison, et évolution des délais applicables aux visites de reprise et de pré-reprise. Il existe aujourd’hui plusieurs visites obligatoires (visite d’information et de prévention ou visite médicale d’embauche, visite de reprise, visite périodique, visite de mi-carrière, visite post-exposition) ainsi que des visites facultatives.
Quels sont les types de visite médicale ?
Il en existe plusieurs types :
La visite médicale d’embauche
Chaque salarié doit effectuer une visite médicale d’embauche. Elle est aussi appelée visite d’information et de prévention (VIP) quand elle est réalisée par un professionnel de santé autre que le médecin du travail (infirmier en santé au travail, par exemple). Il s’agit d’un assouplissement issu de la loi Travail de 2016, qui concerne les métiers sans risques particuliers.
Elle doit être réalisée dans les mois suivant l’embauche du salarié et, au plus tard, avant la fin de sa période d’essai. Ce délai vaut pour les personnes non exposées à des risques particuliers et sans problèmes de santé identifiés. Les salariés soumis au suivi individuel renforcé (SIR) — postes à risques — doivent en revanche bénéficier d’un examen médical d’aptitude avant leur prise de poste, réalisé par le médecin du travail.

L’objectif est de :
- Ouvrir le dossier médical si le salarié n’est jamais venu ;
- Interroger le salarié sur son état de santé ;
- L’informer sur les risques et les moyens de prévention liés à son poste ;
- Lui présenter les modalités de suivi de son état de santé.
Cette visite est obligatoire quelle que soit la nature du contrat de travail : CDI, CDD ou intérim.
Il existe des cas de dispense si le salarié occupe un emploi identique à celui pour lequel il a été déclaré apte au cours des 5 dernières années (contre 6 derniers mois auparavant, ou 12 mois pour un même employeur), sous réserve que le médecin du travail soit en possession de la fiche d’aptitude et qu’aucune inaptitude n’ait été reconnue durant cette période.
La visite médicale de reprise
La visite médicale de reprise doit être réalisée après un arrêt de travail prolongé. Depuis la réforme de 2022, les délais diffèrent selon l’origine de l’arrêt :
- Congé maternité : visite de reprise systématique, quelle que soit la durée du congé ;
- Maladie professionnelle : visite de reprise obligatoire, sans condition de durée minimale ;
- Accident du travail : absence d’au moins 30 jours ;
- Maladie ou accident d’origine non professionnelle : absence d’au moins 60 jours (contre 30 jours auparavant).
Le salarié doit bénéficier de cette visite le jour de la reprise effective du travail, et au plus tard dans les 8 jours suivant son retour.
La visite médicale périodique
La visite médicale périodique doit être réalisée au maximum tous les 5 ans pour les salariés relevant du suivi individuel simple.
Les travailleurs handicapés, les titulaires d’une pension d’invalidité, les travailleurs de nuit et les autres salariés dont l’âge, l’état de santé ou les conditions de travail le nécessitent réalisent une visite médicale périodique tous les 3 ans (suivi individuel adapté).
Les postes à risques nécessitant un suivi individuel renforcé (SIR) font l’objet d’une visite médicale périodique tous les 4 ans, avec une visite intermédiaire réalisée par un professionnel de santé deux ans après la visite avec le médecin du travail. Sont notamment considérés comme postes à risque les salariés exposés à :
- L’amiante ;
- Le plomb ;
- Les agents cancérogènes ;
- Les agents biologiques ;
- Les rayonnements ionisants ;
- La chute de hauteur…
La visite médicale de mi-carrière (nouveauté issue de la loi Santé au travail)
Depuis le 31 mars 2022, tous les salariés doivent bénéficier d’une visite médicale de mi-carrière, quel que soit leur type de suivi médical. Elle doit être organisée à une échéance déterminée par accord de branche ou, à défaut, durant l’année civile du 45e anniversaire du salarié. Elle peut être anticipée et réalisée conjointement avec une autre visite médicale, dans les deux ans précédant l’échéance prévue.
Réalisée par le médecin du travail ou, sur délégation, par un infirmier en santé au travail exerçant en pratique avancée, cette visite a pour objectifs de :
- Vérifier l’adéquation entre le poste de travail et l’état de santé du salarié, en tenant compte de son exposition aux facteurs de risques professionnels ;
- Évaluer les risques de désinsertion professionnelle ;
- Sensibiliser le salarié aux enjeux du vieillissement au travail.
La visite médicale de pré-reprise
La visite de pré-reprise est facultative. Depuis le 31 mars 2022, elle peut être demandée dès 30 jours d’arrêt de travail(contre 3 mois auparavant), à l’initiative du salarié, du médecin traitant, du médecin conseil de l’Assurance maladie ou du médecin du travail. Elle a pour objectif de favoriser le maintien dans l’emploi du salarié en anticipant les aménagements nécessaires à sa reprise.
Le rendez-vous de liaison (nouveauté issue de la loi Santé au travail)
Le rendez-vous de liaison est un dispositif facultatif introduit par la réforme de 2021-2022. Il peut être organisé dès 30 jours d’arrêt de travail, quelle qu’en soit la cause, à l’initiative de l’employeur ou du salarié. Il associe l’employeur, le salarié et, le cas échéant, le service de prévention et de santé au travail.
Ce rendez-vous n’est pas une visite médicale : aucune préconisation médicale n’y est formulée. Il a pour objet d’informer le salarié des dispositifs de prévention de la désinsertion professionnelle existants (visite de pré-reprise, aménagements de poste, etc.).
Le salarié est libre de refuser cette proposition sans qu’aucune sanction ne puisse en découler.

La visite post-exposition (remplace l’ancienne « visite de fin de carrière »)
Depuis le 31 mars 2022, la terminologie de « visite de fin de carrière » a été remplacée par celle de visite post-exposition ou post-professionnelle. Elle concerne les salariés ayant bénéficié, à un moment de leur carrière, d’un suivi individuel renforcé (exposition à l’amiante, au plomb, aux agents cancérogènes, aux rayonnements ionisants, etc.). Elle doit être organisée dans les meilleurs délais après la cessation de l’exposition du salarié, ou avant son départ à la retraite.
La visite occasionnelle
La visite occasionnelle est demandée par le salarié, l’employeur ou le médecin du travail, en dehors de tout cadre prédéfini.
Comment se déroule-t-elle ?
Le médecin du travail vérifie les aptitudes mentales et physiques du salarié à effectuer son travail. Il peut, de plus, être force de proposition pour améliorer ses conditions de travail. À l’issue de la visite, le médecin remet au salarié une fiche indiquant s’il est apte ou non. Il peut également remettre au salarié un avis d’aptitude avec réserve, ce qui signifie que le salarié peut travailler mais sous certaines conditions, comme un mi-temps thérapeutique ou un aménagement de poste.
Le médecin qui reçoit les salariés est lié par le secret professionnel. En aucun cas il ne transmettra des informations d’ordre personnel et médical à l’employeur.
Que risque une entreprise qui ne fait pas passer de visite médicale à ses salariés ?
Les employeurs sont dans l’obligation de respecter des règles en matière de santé et de sécurité. Les visites médicales sont donc une obligation légale.
Si une entreprise omet de faire passer une visite médicale à ses salariés, elle risque d’être condamnée à payer des dommages et intérêts pour non-respect de la réglementation relative aux visites médicales, y compris en l’absence de préjudice avéré pour le salarié dans certains cas.
À noter que la demande de visite d’information et de prévention est automatiquement déclenchée avec l’envoi de la DPAE (déclaration préalable à l’embauche).
Lorsqu’il s’agit de la visite de reprise, si elle n’est pas organisée, le salarié peut refuser de se présenter au travail le jour où il doit reprendre. En revanche, si elle est organisée en bonne et due forme, le salarié a l’obligation de s’y rendre. Le refus peut alors être considéré comme une faute professionnelle.
Concernant les modalités, la visite médicale se déroule sur le temps de travail du salarié, et le salaire est donc maintenu. Si elle a lieu en dehors du temps de travail, par exemple si le salarié travaille de nuit, il perçoit une rémunération correspondant au temps que dure la visite (temps de transport compris).
Tableau récapitulatif des visites médicales
| Type de visite | Déclencheur | Délai |
|---|---|---|
| Visite d’information et de prévention (embauche) | Prise de poste | Avant la fin de la période d’essai |
| Visite d’aptitude (SIR) | Prise de poste à risque | Avant la prise de poste |
| Visite de reprise – accident du travail | Absence pour accident du travail | Au moins 30 jours d’arrêt |
| Visite de reprise – maladie/accident non professionnel | Absence pour maladie ou accident non professionnel | Au moins 60 jours d’arrêt |
| Visite de reprise – maladie professionnelle / congé maternité | Retour de congé maternité ou maladie professionnelle | Systématique, dans les 8 jours du retour |
| Visite périodique (suivi simple) | Suivi de routine | Tous les 5 ans maximum |
| Visite périodique (suivi adapté) | Salariés handicapés, invalides, travailleurs de nuit… | Tous les 3 ans |
| Visite périodique (suivi renforcé) | Postes à risques | Tous les 4 ans (+ visite intermédiaire à 2 ans) |
| Visite de mi-carrière | Âge du salarié | Année civile des 45 ans (ou accord de branche) |
| Visite de pré-reprise (facultative) | Arrêt de travail en cours | Dès 30 jours d’arrêt |
| Rendez-vous de liaison (facultatif) | Arrêt de travail en cours | Dès 30 jours d’arrêt |
| Visite post-exposition | Fin d’exposition à un risque ou départ en retraite | Dans les meilleurs délais |
Checklist employeur : suivi médical des salariés
☐ Déclencher la visite d’information et de prévention (ou visite d’aptitude pour les postes à risque) dès l’embauche ;
☐ Vérifier l’éligibilité à une dispense de visite d’embauche (poste identique occupé dans les 5 dernières années) ;
☐ Identifier les salariés relevant du suivi individuel renforcé (SIR) et planifier leurs visites périodiques tous les 4 ans ;
☐ Organiser la visite de mi-carrière durant l’année civile des 45 ans de chaque salarié ;
☐ Informer le salarié de la possibilité de bénéficier d’un rendez-vous de liaison ou d’une visite de pré-reprise en cas d’arrêt de plus de 30 jours ;
☐ Organiser la visite de reprise dans les 8 jours suivant le retour du salarié (accident du travail : 30 jours ; maladie/accident non professionnel : 60 jours) ;
☐ Planifier la visite post-exposition pour les salariés ayant bénéficié d’un SIR, avant leur départ à la retraite ;
☐ Maintenir la rémunération du salarié pendant le temps de la visite médicale.
Foire aux questions
Qui organise et paie la visite médicale ? La visite médicale est organisée par le service de prévention et de santé au travail (SPST) auquel adhère l’entreprise, qui la finance via ses cotisations. Elle se déroule sur le temps de travail, avec maintien du salaire.
Le salarié peut-il refuser une visite de reprise organisée par l’employeur ? Non, si la visite est organisée dans les règles, le salarié doit s’y rendre. Un refus peut être considéré comme une faute professionnelle. En revanche, si l’employeur omet d’organiser la visite de reprise obligatoire, le salarié peut refuser de reprendre le poste.
Qu’est-ce que le suivi individuel renforcé (SIR) ? Il s’agit du régime de suivi médical applicable aux salariés occupant un poste à risque particulier pour leur santé ou leur sécurité (amiante, plomb, agents cancérogènes, rayonnements ionisants, travail en hauteur, etc.), impliquant des visites plus fréquentes et un examen d’aptitude avant la prise de poste.
La visite de mi-carrière est-elle obligatoire pour tous les salariés ? Oui, elle concerne tous les salariés, quel que soit leur type de suivi médical, et doit être organisée durant l’année civile de leur 45e anniversaire, sauf échéance différente fixée par un accord de branche.
Que devient l’ancienne « visite de fin de carrière » ? Depuis le 31 mars 2022, elle a été remplacée par la visite post-exposition (ou post-professionnelle), qui s’adresse aux salariés ayant bénéficié d’un suivi individuel renforcé et qui doit être organisée à la cessation de l’exposition au risque ou avant le départ à la retraite.