Racheter une entreprise en liquidation

DerniĂšre mise Ă  jour le 20 novembre 2020

Lorsqu’une entreprise souffre de difficultĂ©s financiĂšres, plusieurs types de recours sont mis en place en fonction de la gravitĂ© du problĂšme. La liquidation judiciaire est l’ultime recours. Elle est demandĂ©e quand l’entreprise est en cessation de paiements et que tout redressement est impossible. Elle ne peut pas bĂ©nĂ©ficier d’une procĂ©dure de redressement ou de sauvegarde. Il est alors souvent envisagĂ© de la vendre. L’acheteur peut soit choisir de la racheter entiĂšrement soit de racheter seulement certaines activitĂ©s. S’engage alors un long parcours dans un temps trĂšs court pour racheter l’entreprise en liquidation.

L’étude Ă  mener pour racheter une entreprise en liquidation

Afin de se dĂ©cider quant Ă  la reprise ou non de la sociĂ©tĂ© en liquidation judiciaire ainsi que sur le pĂ©rimĂštre de la reprise (toutes les activitĂ©s ou seulement une partie), une Ă©tude poussĂ©e doit ĂȘtre menĂ©e. Elle sera basĂ©e sur les documents fournis par le liquidateur ainsi que sur les visites terrain. L’administrateur remet gĂ©nĂ©ralement les documents suivants Ă  l’acquĂ©reur potentiel :

  • Les bilans et comptes de rĂ©sultat des derniers exercices ;
  • Le rĂ©sultat de la pĂ©riode d’observation ;
  • La liste des contrats en cours ;
  • La liste du personnel et, s’il a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©, le bilan social.

Il est nĂ©cessaire de faire plusieurs visites dans l’entreprise afin de rencontrer les dirigeants, les salariĂ©s, les syndicats, l’expert-comptable


Si la reprise porte sur une activitĂ© spĂ©cifique, il sera difficile d’obtenir les informations financiĂšres adĂ©quates. Il faudra alors se baser sur les contrats, les carnets de commande, les installations, les machines


Afin de bien analyser la société et de mesurer le risque, il est souvent nécessaire de se faire aider par un spécialiste.

Se décider rapidement

Le moment entre lequel le repreneur potentiel prend connaissance de la vente et la date de dĂ©pĂŽt de l’offre de rachat est assez court. Le repreneur dispose donc de peu de temps pour Ă©tudier le rachat et les informations dont il dispose sont moins complĂštes qu’en cas de reprise « classique ».

Ainsi, les repreneurs informĂ©s en amont des difficultĂ©s de l’entreprise et ceux qui ont un accĂšs privilĂ©giĂ© Ă  l’information, comme un salariĂ© ou un ancien dirigeant, disposent donc d’atouts majeurs.

L’offre de reprise

Le repreneur devra dĂ©poser une offre de reprise publique. Devront y ĂȘtre indiquĂ©s les Ă©lĂ©ments suivants :

  • Le prix de vente et les modalitĂ©s de paiement ;
  • Le pĂ©rimĂštre de la reprise (activitĂ©s, contrats clients et fournisseurs, contrats de location, contrats de travail, stocks, immobilisations
) ;
  • Les conditions dans lesquelles la reprise pourra avoir lieu (accord des clients par exemple) ;
  • Les prĂ©visions d’activité ;
  • Le financement : qualitĂ© des apporteurs de capitaux, modalitĂ©s du prĂȘt bancaire Ă©ventuel, garant le cas Ă©chant ;
  • Les prĂ©visions de cession d’actif ;
  • La date de rĂ©alisation de la cession ;
  • La durĂ©e des engagements pris par l’acquĂ©reur ;
  • Les garanties souscrites pour assurer l’exĂ©cution de l’offre.

L’offre de reprise doit ĂȘtre transmise au liquidateur qui la transmet ensuite Ă  l’entreprise et au reprĂ©sentant des salariĂ©s puis au greffe du tribunal en charge de la liquidation judiciaire. Il s’agit du tribunal de commerce en cas d’activitĂ© commerciale et du tribunal de grande instance en cas d’activitĂ© civile.

L’offre, mais aussi le profil du repreneur, seront attentivement examinĂ©s. Le tribunal analysera tous les dossiers de reprise reçus et retiendra l’offre qui prĂ©sente le meilleur maintien de l’emploi et le plus grand apurement du passif (c’est-Ă -dire le paiement des dettes) tout en prĂ©sentant les garanties d’exĂ©cution les plus solides. Dans les faits, ces conditions de reprise pourront faire l’objet de discutions et de nĂ©gociations entre le repreneur et le tribunal.

L’offre lie celui qui l’a dĂ©posĂ© au tribunal pendant toute la durĂ©e de l’étude des offres. Cela signifie qu’il ne peut pas la modifier, sauf dans un sens plus favorable, ni l’annuler.

Les acquĂ©reurs d’une entreprise en liquidation

N’importe qui peut dĂ©poser une offre de reprise d’une entreprise en liquidation sauf :

  • L’entreprise en difficultĂ© elle-mĂȘme ;
  • Les dirigeants de l’entreprise en liquidation ;
  • Les parents et les proches des dirigeants ;
  • Les personnes ayant eu la qualitĂ© de contrĂŽleur au cours de la procĂ©dure.
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