DerniĂšre mise Ă jour le 5 novembre 2022
Le contrĂŽle de gestion en entreprise est d’une importance capitale puisqu’il permet dâanalyser la rentabilitĂ© dâune sociĂ©tĂ©, ou dâune activitĂ©, et dây apporter des solutions correctives. Pour cela, il est nĂ©cessaire de s’appuyer sur des outils et des donnĂ©es. La rĂ©alisation d’un budget est une Ă©tape clĂ©, qui se traduit ensuite en analyse des Ă©carts entre le rĂ©el et ce dernier. Bien entendu, le contrĂŽle de gestion doit sâappuyer sur un systĂšme dâinformation efficace afin de transmettre des informations fiables.
La réalisation du budget, une étape incontournable du contrÎle de gestion en entreprise

Le budget est un Ă©lĂ©ment clĂ© dans le contrĂŽle de gestion. RĂ©alisĂ©e annuellement aux alentours de septembre (pour les entreprises clĂŽturant au 31 dĂ©cembre), la construction du budget permet dâavoir une ligne directrice pour lâannĂ©e Ă venir.
Il est rĂ©alisĂ© par les contrĂŽleurs de gestion en Ă©troite relation avec les opĂ©rationnels. Sa construction se fait sur la base des annĂ©es antĂ©rieures en y intĂ©grant des projections pour lâannĂ©e future (croissance du marchĂ©, Ă©volution du prix de vente moyenâŠ). Il est toutefois Ă©galement possible de suivre une autre dĂ©marche en optant pour le budget base zĂ©ro. PlutĂŽt que de se baser sur l’historique des charges et d’y appliquer un pourcentage d’augmentation, ou de baisse, tous les postes de dĂ©penses seront Ă zĂ©ro. Un nouveau chiffre sera alors indiquĂ©, souvent sur la base d’un benchmark. Il s’agira alors de se comparer aux autres entreprises afin de retenir les meilleures pratiques de chaque.
Le budget est ensuite rĂ©actualisĂ© en cours dâannĂ©e afin dâavoir une projection proche de la rĂ©alitĂ© en fin de pĂ©riode. C’est ce qui s’appelle le forecast ou rolling forecast. Sont alors intĂ©grĂ©s dans les chiffres les premiers rĂ©sultats des mois de l’annĂ©e Ă©coulĂ©e, ainsi que le prĂ©visionnel pour les mois restants. Il peut d’ailleurs y avoir deux forecasts dans l’annĂ©e, avec des rĂ©actualisations diffĂ©rentes (par exemple avec 6 mois d’activitĂ© puis 6 mois de prĂ©visionnel, ou avec 9 mois d’activitĂ© et 3 de prĂ©visionnel).
Lâanalyse des Ă©carts entre les prĂ©visions et le rĂ©el
Lâanalyse des Ă©carts consiste Ă dĂ©terminer les diffĂ©rences entre le rĂ©el et le budget, puis le forecast. Cette analyse se fait sur plusieurs axes : Ă©cart par produit, par catĂ©gorie de produit, par dĂ©partementâŠmais aussi sur les grands postes de charges et de produits et seuils intermĂ©diaires de gestion :
- Chiffre dâaffaires ;
- Charges de matiĂšre premiĂšre ;
- Salaires et charges sociales ;
- Frais de structure ;
- Marge brute ;
- EBITDA ;
- EBIT.
Le chiffre dâaffaires et la marge peuvent ensuite ĂȘtre dĂ©composĂ©s en effets :
- Lâeffet prix : diffĂ©rence entre le prix de vente rĂ©el et budgĂ©tĂ© ;
- Lâeffet volume : diffĂ©rence entre les quantitĂ©s rĂ©ellement vendues et les quantitĂ©s prĂ©vues ;
- L’effet mix : dĂ©composition des ventes. Par exemple, si le prix de vente moyen est plus faible ainsi que les quantitĂ©s vendues mais que le chiffre dâaffaires est supĂ©rieur, le calcul de lâeffet mix permet de lâexpliquer car une telle situation signifie que davantage de produits avec un prix de vente Ă©levĂ© ont Ă©tĂ© vendus.
Le systĂšme dâinformation, la clĂ© d’un contrĂŽle de gestion efficace
Afin dâavoir un contrĂŽle de gestion efficace, il est nĂ©cessaire dâavoir un systĂšme dâinformation fiable et sur lequel les contrĂŽleurs de gestion peuvent se reposer. Pour cela, faut savoir dâoĂč vient lâinformation qui est utilisĂ©e et il faut savoir comment la rĂ©cupĂ©rer.
Les informations doivent en effet ĂȘtre rĂ©cupĂ©rĂ©es le plus facilement possible et de façon automatisĂ©e pour consacrer un temps plus important Ă lâanalyse. Les contrĂŽleurs de gestion doivent dâautant plus maĂźtriser le systĂšme dâinformation afin de repĂ©rer dâĂ©ventuelles erreurs.
La comptabilité analytique
C’est grĂące Ă un systĂšme d’information correctement paramĂ©trĂ© que la comptabilitĂ© analytique va ĂȘtre mise en place. Les factures seront ainsi enregistrĂ©es en comptabilitĂ© par destination (en comptabilitĂ© gĂ©nĂ©rale, elles sont Ă©galement enregistrĂ©es par nature). Cette approche va permettre d’analyser le rĂ©sultat et de le dĂ©composer par produit et catĂ©gories de produits.
Les mĂ©thodes d’analyse des coĂ»ts
En contrÎle de gestion, les charges sont réparties entre :
- Charges fixes et variables : les charges fixes sont constantes. Elles ne varient pas avec l’augmentation ou la diminution de la production. Les charges variables quant Ă elles suivent le volume de production ;
- Charges directes et indirectes : les charges directes sont directement imputables Ă la fabrication d’un produit ou Ă la rĂ©alisation d’un service. Les charges indirectes doivent ĂȘtre imputĂ©es Ă l’aide d’une clĂ© de rĂ©partition.
Cette rĂ©partition est le prĂ©alable Ă la mise en place de mĂ©thodes d’analyse des coĂ»ts comme :
- La méthode des coûts partiels ;
- La méthode des coûts complets ;
- La méthode du direct costing ;
- La méthode ABC.
Ces mĂ©thodes permettent de dĂ©composer le rĂ©sultat de l’entreprise selon plusieurs axes et notamment les produits et catĂ©gories de produits. Elles ne sont donc pas nĂ©cessaires si l’entreprise est mono-produit ou mono-service. En revanche, elles prennent tout leurs sens dans le cas contraire et constituent alors le prĂ©alable pour dĂ©terminer avec prĂ©cision les produits qui rĂ©alisent une forte marge, et celles dont la marge est plus faible. S’en suivent des actions au niveau de la direction afin de trouver des solutions correctives : augmenter le prix de vente, rĂ©duire les charges ou tout bonnement arrĂȘter la fabrication et commercialisation d’en produit ou d’un service.
La réalisation de tableaux de bord
Les analyses en contrĂŽle de gestion reposent sur la mise en place de tableaux de bord. Ils vont permettre de suivre une activitĂ© et de piloter l’entreprise. Ils sont composĂ©s d’indicateurs, qui vont ĂȘtre comparĂ©s Ă un rĂ©fĂ©rentiel (budget ou forecast). On peut en citer deux grands types :
- Indicateurs financiers : ils sont issus directement du bilan ou du compte de rĂ©sultat comme le chiffre d’affaires, la marge et l’EBITDA ou sont le fruit de calculs comme le ROCE (return on capital employed) ou le BFR (besoin en fonds de roulement) ;
- Indicateurs non financiers : ils proviennent alors de donnĂ©es issues d’autres sources d’informations comme le nombre de rĂ©clamations des clients pour la partie commerciale ou le taux dâabsentĂ©isme pour la partie sociale.
Ces tableaux de suivi doivent ĂȘtre actualisĂ©s pĂ©riodiquement (tous les jours, les semaines, les mois…). Il est possible d’en mettre en place dans de nombreux domaines :
- Tableau de bord financier : suivi de la trĂ©sorerie (crĂ©ances clients, BFR…), suivi du rĂ©sultat (chiffre d’affaires, charges, EBE, rĂ©sultat net), suivi de la rentabilitĂ©…
- Tableau de bord RH : nombre de salariĂ©, pyramide des ages, taux de turn-over…tous ces indicateurs vont permettre, entre autres, de mesurer le climat social ;
- Tableau de bord commercial : suivi du chiffre d’affaires, parts de marchĂ©, panier moyen, marge commerciale, taux de satisfaction des clients…
LâintĂ©rĂȘt du contrĂŽle de gestion
On l’aura compris, le contrĂŽle de gestion permet de suivre les activitĂ©s de l’entreprise et d’en amĂ©liorer ses performances. Toutefois, il ne faut pas que les analyses restent vaines. Les destinateurs, comme les opĂ©rationnels et la direction, doivent ensuite mettre en place des mesures correctives qui s’imposent. Le contrĂŽle de gestion n’est que la premiĂšre Ă©tape : informer et alerter le cas Ă©chĂ©ant. Le contrĂŽleur de gestion peut Ă©ventuellement Ă©mettre des recommandations, en se basant sur les donnĂ©es collectĂ©es et les calculs rĂ©alisĂ©s mais doit travailler en Ă©troite collaboration avec les opĂ©rationnels avec de rĂ©aliser un plan d’actions.