Construire un tableau de bord commercial

DerniĂšre mise Ă  jour le 27 mars 2023

Quel vendeur, directeur commercial ou rĂ©gional ne rĂȘve pas de disposer d’un outil permettant de piloter efficacement ses ventes ? Cet outil s’appelle le tableau de bord commercial, vĂ©ritable couteau suisse utilisĂ© par le management pour prendre des dĂ©cisions, et par les vendeurs pour connaitre l’avancement de leurs ventes. Toutefois, afin d’ĂȘtre utile et de permettre de piloter vĂ©ritablement l’activitĂ© commerciale, il doit ĂȘtre construit correctement. Pour cela, il faut savoir quels indicateurs doivent y figurer, d’oĂč les donnĂ©es proviennent et comment il doit ĂȘtre paramĂ©trĂ©. 

Qu’est-ce qu’un tableau de bord commercial ?

Un tableau de bord commercial est un outil dĂ©cisionnel, qui s’adresse Ă  toute l’équipe commerciale. Il est donc Ă  la fois utilisĂ© par les vendeurs afin de suivre leur pĂ©rimĂštre (les ventes, les actions en cours, les prospects
) mais aussi par la direction. Les deux ne disposent pas forcĂ©ment des mĂȘmes donnĂ©es dans la mesure oĂč la direction commerciale, centrale et/ou rĂ©gionale, verra des donnĂ©es plus macro. Elle pourra aussi disposer des tableaux de bord individuels des commerciaux afin de discuter des chiffres avec eux et de les challenger le cas Ă©chĂ©ant. 

En tout Ă©tat de cause, il a vocation Ă  aider l’équipe commerciale et Ă  suivre les performances. Outil de gestion et de pilotage, sur lequel des dĂ©cisions opĂ©rationnelles et stratĂ©giques peuvent ĂȘtre basĂ©es, il doit donc ĂȘtre pertinent, synthĂ©tique, simple Ă  lire et Ă  comprendre.

Pourquoi construire un tableau de bord commercial ?

Le tableau de bord commercial a plusieurs niveaux d’analyse : 

  • Niveau micro, c’est-Ă -dire de chaque vendeur : il permet de suivre la performance individuelle de chaque commercial, de comparer ses ventes aux objectifs fixĂ©s et de suivre sa prospection ;
  • Niveau macro, c’est-Ă -dire de la direction : il permet d’avoir une vision claire et prĂ©cise des ventes, de dĂ©terminer les produits qui s’écoulent moins bien, de former les commerciaux et de les challenger.

Il constitue ainsi un support idĂ©al de discussion – et en aucun cas de sanctions – entre les vendeurs et les managers. Ces derniers peuvent inciter les commerciaux Ă  vendre des produits Ă  forte marge ou Ă  rĂ©aliser des actions pour Ă©couler le stock dormant. En connaissant leurs chiffres, les commerciaux peuvent se sentir davantage impliquĂ©s et responsabilisĂ©s.

Le tableau de bord fournit des statistiques pertinentes et contribue Ă  une meilleure diffusion de l’information commerciale, au partage de donnĂ©es clĂ©s concernant les objectifs Ă  atteindre et Ă  leur suivi. A ce titre, il peut ĂȘtre un outil de communication et de motivation. 

Enfin, le tableau de bord est un outil de pilotage permettant de prendre des dĂ©cisions opĂ©rationnelles et stratĂ©giques. Tout commence par l’analyse d’une situation, et sa comparaison aux objectifs pour dĂ©tecter les Ă©ventuels Ă©carts. En cas de dĂ©viance, les alertes peuvent ĂȘtre rapides afin de gagner en flexibilitĂ© dans les actions correctives Ă  mettre en place. Les donnĂ©es de prĂ©vision de ventes sont Ă©galement utiles afin de rĂ©aliser des projections sur l’avenir.

Quels sont les indicateurs Ă  faire figurer dans un tableau de bord commercial ?

Les KPI (Key Performance Indicator), c’est-Ă -dire les indicateurs clĂ©s de performance sont Ă©troitement liĂ©s aux objectifs fixĂ©s par l’entreprise, mais aussi Ă  sa taille et Ă  son secteur d’activitĂ©. C’est pourquoi, tous les tableaux de bord ne se ressemblent et il serait impossible d’en dĂ©finir un type.

NĂ©anmoins, on peut citer quelques indicateurs que l’on retrouve frĂ©quemment dans les tableaux de bord commerciaux, et que l’on peut classer par grande catĂ©gorie :

Ventes :

  • Evolution du chiffre d’affaires ;
  • Parts de marchĂ© ;
  • DĂ©coupage du chiffre d’affaires par zone gĂ©ographique, secteur d’activitĂ©, typologie de produits ou services, vendeur
 ;
  • Panier moyen des clients ;
  • QuantitĂ©s vendues ;
  • Montant des commandes Ă  venir ;
  • Carnet de commande.

Qualité / satisfaction :

  • Nombre de rĂ©clamations des clients ;
  • Nombre de produits dĂ©fectueux ;
  • Taux de renouvellement des clients ou de rachat afin de mesurer la fidĂ©lisation ;
  • Taux de recommandation via le NPS (Net Promoter Score) ;
  • Nombre de commandes annulĂ©es / commandes totales ;
  • Nombre de retours ;
  • DĂ©lais de livraison.

Trésorerie :

Rentabilité / efficience :

  • Marge commerciale = chiffre d’affaires moins coĂ»t d’achat des marchandises vendues ;
  • Taux de marge commerciale = marge commerciale / chiffre d’affaires hors taxe * 100 ;
  • Suivi des performances des commerciaux ;
  • Nombre de rendez-vous effectuĂ©s ;
  • Nombre d’appels de prospection passĂ©s ;
  • Taux de transformation ou de conversion ;
  • Nombre d’opportunitĂ©s en cours de nĂ©gociation.

Il est nĂ©cessaire de privilĂ©gier la qualitĂ© Ă  la quantitĂ©, faute de quoi le tableau de suivi pourrait vite se transformer en usine en gaz. On conseille souvent d’ailleurs de se limiter Ă  une dizaine de KPI, parlants et adaptĂ©s Ă  l’entreprise. A noter bien-sĂ»r que le choix n’est pas immuable. Aussi, les indicateurs doivent tenir compte de l’Ă©volution de l’activitĂ©.

Comment construire un tableau de bord commercial ?

Il doit ĂȘtre construit de façon Ă  faire ressortir les informations les plus pertinentes pour l’entreprise. Le tableau ne doit ainsi pas ĂȘtre trop chargĂ© d’information. Afin de parler au plus grand nombre il peut ĂȘtre construit sous forme de graphiques et de schĂ©mas.

Mise Ă  jour

Sa mise Ă  jour doit ĂȘtre facile, d’autant plus s’il est Ă©tabli rĂ©guliĂšrement (tous les jours ou toutes les semaines). Il pourra ĂȘtre actualisĂ© :

  • De façon manuelle, c’est-Ă -dire que les chiffres seront reportĂ©s depuis d’autres sources de donnĂ©es ;
  • Automatiquement, grĂące Ă  des formules de calcul ou Ă  des outils de reporting adaptĂ©s.

A noter que la mise en place et l’actualisation des dashboards est souvent fait par les contrĂŽleurs de gestion.

Concernant la pĂ©riodicitĂ© de mise Ă  jour, celle-ci dĂ©pendra des attentes. Bien entendu, un tableau actualisĂ© frĂ©quemment permettra d’avoir plus rapidement les informations et d’alerter tout de suite en cas de dĂ©crochage par rapport aux objectifs. Il ne faut toutefois pas en abuser, d’autant plus si la mise Ă  jour est complexe.

La frĂ©quence d’actualisation peut ainsi ĂȘtre d’une fois par semaine, deux fois par mois ou tous les mois. La mise Ă  jour journaliĂšre d’un tel tableau permet une rĂ©activitĂ© plus importante mais elle peut demander un investissement important en temps si le process d’actualisation est compliquĂ©. En revanche, certains indicateurs commerciaux peuvent parfaitement ĂȘtre repris dans un daily report. Au-delĂ  d’une actualisation tous les mois, le tableau de suivi perd de son intĂ©rĂȘt dans la mesure oĂč il est alors compliquĂ© d’agir rapidement pour corriger les Ă©carts par rapport aux objectifs fixĂ©s. 

Source d’informations

Afin de reporter les bonnes informations, il est nĂ©cessaire de se baser sur un systĂšme d’information efficace. En ce qui concerne les montants (de chiffre d’affaires et de charges), il faudra se baser sur la comptabilitĂ© analytique. Les factures seront alors saisies par destination (et non uniquement par nature comme c’est le cas pour la comptabilitĂ© gĂ©nĂ©rale).

Pour les autres informations figurant sur le dashboard, par exemple les indicateurs plus qualitatifs, il sera possible d’utiliser les donnĂ©es provenant directement des vendeurs ou de certains logiciels, comme le logiciel de caisse en BtoC.

Outils d’analyse et de reporting

Les plus petites sociĂ©tĂ©s pourront se contenter d’outils de reporting basique comme Excel. Il permettra d’automatiser certains calculs et de rĂ©aliser des graphiques. Pour des bases de donnĂ©es plus poussĂ©es, il pourra ĂȘtre intĂ©ressant d’utiliser des outils comme Power BI et Knime. Toutefois, ces outils restent majoritairement manuels et nĂ©cessitent d’ĂȘtre alimentĂ©s depuis d’autres bases de donnĂ©es. A ce titre, le risque d’erreur n’est pas nul et la rĂ©alisation de tableaux de suivi peut devenir chronophage. 

Les entreprises de plus grande taille pourront investir dans des outils de reporting spĂ©cifiques et sur-mesure. L’utilisation d’un ERP et/ou d’un CRM prend ici tout son sens. Ces logiciels permettent non seulement de collecter les informations alimentant le tableau de bord, mais aussi parfois de le crĂ©er. L’ERP est un outil de gestion visant le suivi et la gestion des services opĂ©rationnels et des informations d’une entreprise. Le CRM (customer relationship management) est, quant Ă  lui, purement commercial. VĂ©ritable outil de gestion de la relation client, son utilisation dĂ©bute dĂšs la prise de contact initial et continue dans le suivi de l’activitĂ© commerciale bien aprĂšs la conclusion de la vente. Il rĂ©pertorie ainsi le suivi des prospects, les relances, les devis envoyĂ©s, les factures rĂ©alisĂ©es, les retards de paiement


Référentiel

Le tableau de bord doit ĂȘtre construit par rapport Ă  un rĂ©fĂ©rentiel comme un budget, un rolling forecast (rĂ©actualisation du budget) ou par rapport Ă  la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente. Les indicateurs pourront ainsi ĂȘtre comparĂ©s Ă  un objectif et ĂȘtre Ă©valuĂ©s d’annĂ©e en annĂ©e. Cette Ă©tude va dĂ©terminer si les actions mises en place permettent ou non d’atteindre les objectifs fixĂ©s, et d’apporter des mesures correctives rapidement. Si l’objectif est d’accroitre le chiffre d’affaires de 10% sur un nouveau produit, et, qu’à la lecture du tableau de bord, l’entreprise rĂ©alise qu’il n’est atteint que de 5%, elle pourra trouver des solutions rectificatives. Il est possible alors d’allouer un budget publicitaire plus important pour faire connaitre le produit ou de revoir la politique de prix. 

Présentation

Il faut garder en tĂȘte que le tableau de bord commercial ne s’adresse pas Ă  des financiers, et qu’il ne doit pas contenir que des chiffres bruts dans des tableaux. Il est donc nĂ©cessaire de soigner sa prĂ©sentation, par exemple en crĂ©ant un code couleur facilement lisible (chiffres en rouge si l’objectif n’est pas atteint, en vert s’il l’est). Le caractĂšre visuel du tableau peut aussi se traduire par des graphiques (courbes pour visualiser l’évolution, diagrammes circulaires pour voir les rĂ©partitions
)

Qui sont les destinataires du tableau de bord commercial ?

On l’a vu, plusieurs typologies de personnes sont destinataires du tableau :

  • Les vendeurs, afin de suivre leurs performances ;
  • Les directeurs de vente rĂ©gionaux, afin de challenger les commerciaux et de remonter des informations correctes Ă  leurs supĂ©rieurs ;
  • La direction commerciale pour piloter l’activitĂ© en ayant toutes les informations Ă  disposition ;

Il peut Ă©galement s’adresser aux dirigeants, afin de leur faire remonter des informations cruciales sur les performances de ventes. A noter que certains indicateurs devront ĂȘtre transmis au service production afin de gĂ©rer la fabrication, les commandes fournisseurs et le stock.

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