Créer un commerce alimentaire

DerniĂšre mise Ă  jour le 5 octobre 2020

Les commerces alimentaires sont les magasins (ou sites internet) qui achĂštent et revendent des produits alimentaires sans les transformer. Il peut s’agir d’une Ă©picerie, d’une supĂ©rette, d’un super ou d’un hypermarchĂ©. Contrairement aux activitĂ©s artisanales, oĂč la nourriture est transformĂ©e sur place, leur crĂ©ation ne requiert pas de qualification spĂ©cifique mĂȘme si elle demande quelques notions de gestion.

Les qualifications et les compétences nécessaires pour créer un commerce alimentaire

La crĂ©ation d’un commerce alimentaire ne nĂ©cessite pas l’obtention d’un diplĂŽme ou la justification d’une expĂ©rience professionnelle dans le secteur. Comme c’est une activitĂ© commerciale et non artisanale, il n’est pas nĂ©cessaire non plus de rĂ©aliser un stage d’initiation Ă  la gestion (Ă  noter que le stage de prĂ©paration Ă  l’installation n’est plus obligatoire pour les activitĂ©s artisanales). Petite prĂ©cision : on parle de cet article des commerces de dĂ©tail alimentaire (achat revenu). C’est le cas si vous souhaitez crĂ©er un magasin de vente de fruits et des lĂ©gumes, une Ă©picerie fine, une cave Ă  vin…En revanche, si vous souhaitez crĂ©er une poissonnerie, une boucherie-charcuterie ou une boulangerie-patisserie, il vous faudra avoir des diplĂŽmes bien spĂ©cifiques.

Toutefois, le crĂ©ateur d’un commerce de dĂ©tail alimentaire doit avoir des compĂ©tences en matiĂšre de gestion. Il devra :

  • Trouver les bons fournisseurs, qui seront capables de fournir les quantitĂ©s demandĂ©es, dans le dĂ©lai imparti et au juste prix et Ă©ventuellement nĂ©gocier avec eux ;
  • Attirer et fidĂ©liser les clients : marketing, promotions commerciales, communication sur les rĂ©seaux sociaux, service de qualitĂ©…;
  • GĂ©rer son stock et ses approvisionnements : le stock devra ĂȘtre en quantitĂ© suffisante pour rĂ©pondre Ă  la demande et Ă©viter la rupture. Toutefois, il ne devra pas ĂȘtre trop important afin d’Ă©viter d’avoir des surplus qui risqueraient d’ĂȘtre jetĂ©s.
  • Se dĂ©marquer des concurrents en proposant des produits diffĂ©rents, dans un marchĂ© de niche, en misant sur la qualitĂ© (ouvrir un magasin bio par exemple) ou en cassant les prix (se spĂ©cialiser dans le hard discount par exemple).

Tous ces points devront ĂȘtre discutĂ©s dĂšs les premiers pas du projet. Il faudra aussi, Ă  ce stade du projet, songer Ă  la possibilitĂ© d’ouvrir en franchise. Le francisĂ© bĂ©nĂ©ficiera alors de l’appui d’un rĂ©seau, au dĂ©marrage mais aussi au quotidien. Autre avantage : il pourra attirer les clients grĂące Ă  la notoriĂ©tĂ© de l’enseigne. En contrepartie, il n’aura pas les coudĂ©s franges et devra suivre les recommandations de la marque. Sur le plan financier, il devra verser au franchiseur un droit d’entrĂ©e et des royalties.

Les formalitĂ©s de crĂ©ation d’un commerce alimentaire

Afin de crĂ©er un commerce de dĂ©tail alimentaire, il faut se poser la question de la forme juridique. Il est en effet possible de crĂ©er une entreprise (auto-entreprise, entreprise individuelle ou EIRL) ou une sociĂ©tĂ© (EURL, SARL, SA
). Dans le premier cas, le patrimoine de l’entreprise et le patrimoine de l’entrepreneur sont confondus. A noter que l’EIRL offre toutefois la possibilitĂ© de dissocier les deux. Dans le second cas, les deux patrimoines sont distincts. Les formalitĂ©s de crĂ©ation et les options fiscales dĂ©pendront de la forme juridique choisie.

L’auto-entreprise

Le choix dĂ©pendra en grande partie des perspectives de croissance et de la dimension du projet. S’il s’agit d’une activitĂ© complĂ©mentaire, ou d’un test avant d’Ă©ventuellement passer Ă  l’Ă©tape supĂ©rieure, il peut ĂȘtre possible de choisir l’auto-entreprise, avec ce que cette option implique en avantages et en inconvĂ©nients. Ainsi, les formalitĂ©s de crĂ©ation et de gestion seront assez simplifiĂ©es. Toutefois, le statut est limitĂ© Ă  170 000€ de chiffre d’affaires. Au delĂ , l’auto-entreprise bascule en entreprise individuelle. De plus, les charges, permettant de calculer le rĂ©sultat et donc l’impĂŽt, sont forfaitaires. Il est essentiel de dĂ©terminer ses charges rĂ©elles afin de savoir si ce systĂšme de calcul est avantageux ou non.

L’entreprise individuelle et l’EIRL

L’entreprise individuelle et l’EIRL sont des statuts dans lesquels le patrimoine de l’entreprise est confondu avec le patrimoine de l’entrepreneur. Ici, l’entreprise n’a pas de personnalitĂ© morale propre. Ainsi, en cas de dettes de l’entreprise, les crĂ©anciers peuvent se retourner contre l’entrepreneur pour se faire payer. Toutefois, le statut d’EIRL a Ă©tĂ© crĂ©e pour palier Ă  cet inconvĂ©nient puisqu’il permet d’affecter un patrimoine Ă  l’entreprise. Il offre Ă©galement la possibilitĂ© de choisir son rĂ©gime d’imposition (impĂŽt sur le revenu ou impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s) alors qu’il est uniquement possible d’ĂȘtre Ă  l’IR en entreprise individuelle.

La société

Parmi les sociĂ©tĂ©s les plus créées en France, on trouve l’EURL/SARL et la SASU/SAS. Ces deux formes ont l’avantage de permettre aux associĂ©s d’ĂȘtre uniquement responsables Ă  hauteur de leurs apports dans la sociĂ©tĂ©. Ainsi, en cas de dettes, les crĂ©anciers ne pourront pas s’en prendre Ă  leurs biens propres.

Les démarches pour créer un commerce alimentaire

Les formalitĂ©s de crĂ©ation du commerce alimentaire dĂ©pendront de la forme choisie. Ainsi, la crĂ©ation d’une auto-entreprise se fait trĂšs simplement en ligne sur le site du CFE du l’URSSAF. Les formalitĂ©s de crĂ©ation d’une sociĂ©tĂ© sont plus compliquĂ©es et nĂ©cessitent le dĂ©pĂŽt d’un dossier au centre de formalitĂ© des entreprises.

A noter enfin que la crĂ©ation d’un commerce de dĂ©tail alimentaire peut se faire par l’achat ou la crĂ©ation d’un fonds de commerce ou par le rachat des parts d’une sociĂ©tĂ©.

Les rÚgles à respecter pour créer un commerce alimentaire

Certaines rĂšgles spĂ©cifiques Ă  ce type d’activitĂ© doivent ĂȘtre respectĂ©es lors de la crĂ©ation et de la gestion d’un commerce de dĂ©tail alimentaire :

  • En cas de surface supĂ©rieure Ă  1 000m2, une demande d’autorisation d’exploitation commerciale doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e auprĂšs de la prĂ©fecture ;
  • En cas de vente de produits d’origines animales, une dĂ©claration doit ĂȘtre effectuĂ©e auprĂšs des services compĂ©tents du dĂ©partement. De mĂȘme, en cas de vente de produits alimentaires Ă  des intermĂ©diaires, une dĂ©claration doit leur ĂȘtre envoyĂ©e ;
  • Des normes d’hygiĂšne, notamment en matiĂšre de conservation des aliments doivent ĂȘtre respectĂ©es ;
  • Les prix de chaque produit doivent ĂȘtre clairement affichĂ©s ;
  • Une licence doit ĂȘtre obtenue afin de vendre de l’alcool. Elle s’obtient suite la rĂ©alisation d’une formation puis d’une demande en mairie ;
  • Le local doit ĂȘtre adaptĂ© aux normes ERP (Ă©tablissement recevant du public). Il doit ainsi permettre l’accueil de personnes Ă  mobilitĂ© rĂ©duite et respecter les rĂšgles en matiĂšre de sĂ©curitĂ©, notamment tout ce qui concerne le risque incendie.
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