Créer un commerce alimentaire

Les commerces alimentaires sont les magasins (ou sites internet) qui achètent et revendent des produits alimentaires sans les transformer. Il peut s’agir d’une épicerie, d’une supérette, d’un super ou d’un hypermarché. Contrairement aux activités artisanales, où la nourriture est transformée sur place, leur création ne requiert pas de qualification spécifique même si elle demande quelques notions de gestion.

Les qualifications et les compétences nécessaires pour créer un commerce alimentaire

La création d’un commerce alimentaire ne nécessite pas l’obtention d’un diplôme ou la justification d’une expérience professionnelle dans le secteur. Comme c’est une activité commerciale et non artisanale, il n’est pas nécessaire non plus de réaliser un stage d’initiation à la gestion (à noter que le stage de préparation à l’installation n’est plus obligatoire pour les activités artisanales). Petite précision : on parle de cet article des commerces de détail alimentaire (achat revenu). C’est le cas si vous souhaitez créer un magasin de vente de fruits et des légumes, une épicerie fine, une cave à vin…En revanche, si vous souhaitez créer une poissonnerie, une boucherie-charcuterie ou une boulangerie-patisserie, il vous faudra avoir des diplômes bien spécifiques.

Toutefois, le créateur d’un commerce de détail alimentaire doit avoir des compétences en matière de gestion. Il devra :

  • Trouver les bons fournisseurs, qui seront capables de fournir les quantités demandées, dans le délai imparti et au juste prix et éventuellement négocier avec eux ;
  • Attirer et fidéliser les clients : marketing, promotions commerciales, communication sur les réseaux sociaux, service de qualité…;
  • Gérer son stock et ses approvisionnements : le stock devra être en quantité suffisante pour répondre à la demande et éviter la rupture. Toutefois, il ne devra pas être trop important afin d’éviter d’avoir des surplus qui risqueraient d’être jetés.
  • Se démarquer des concurrents en proposant des produits différents, dans un marché de niche, en misant sur la qualité (ouvrir un magasin bio par exemple) ou en cassant les prix (se spécialiser dans le hard discount par exemple).

Tous ces points devront être discutés dès les premiers pas du projet. Il faudra aussi, à ce stade du projet, songer à la possibilité d’ouvrir en franchise. Le francisé bénéficiera alors de l’appui d’un réseau, au démarrage mais aussi au quotidien. Autre avantage : il pourra attirer les clients grâce à la notoriété de l’enseigne. En contrepartie, il n’aura pas les coudés franges et devra suivre les recommandations de la marque. Sur le plan financier, il devra verser au franchiseur un droit d’entrée et des royalties.

Les formalités de création d’un commerce alimentaire

Afin de créer un commerce de détail alimentaire, il faut se poser la question de la forme juridique. Il est en effet possible de créer une entreprise (auto-entreprise, entreprise individuelle ou EIRL) ou une société (EURL, SARL, SA…). Dans le premier cas, le patrimoine de l’entreprise et le patrimoine de l’entrepreneur sont confondus. A noter que l’EIRL offre toutefois la possibilité de dissocier les deux. Dans le second cas, les deux patrimoines sont distincts. Les formalités de création et les options fiscales dépendront de la forme juridique choisie.

L’auto-entreprise

Le choix dépendra en grande partie des perspectives de croissance et de la dimension du projet. S’il s’agit d’une activité complémentaire, ou d’un test avant d’éventuellement passer à l’étape supérieure, il peut être possible de choisir l’auto-entreprise, avec ce que cette option implique en avantages et en inconvénients. Ainsi, les formalités de création et de gestion seront assez simplifiées. Toutefois, le statut est limité à 170 000€ de chiffre d’affaires. Au delà, l’auto-entreprise bascule en entreprise individuelle. De plus, les charges, permettant de calculer le résultat et donc l’impôt, sont forfaitaires. Il est essentiel de déterminer ses charges réelles afin de savoir si ce système de calcul est avantageux ou non.

L’entreprise individuelle et l’EIRL

L’entreprise individuelle et l’EIRL sont des statuts dans lesquels le patrimoine de l’entreprise est confondu avec le patrimoine de l’entrepreneur. Ici, l’entreprise n’a pas de personnalité morale propre. Ainsi, en cas de dettes de l’entreprise, les créanciers peuvent se retourner contre l’entrepreneur pour se faire payer. Toutefois, le statut d’EIRL a été crée pour palier à cet inconvénient puisqu’il permet d’affecter un patrimoine à l’entreprise. Il offre également la possibilité de choisir son régime d’imposition (impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés) alors qu’il est uniquement possible d’être à l’IR en entreprise individuelle.

La société

Parmi les sociétés les plus créées en France, on trouve l’EURL/SARL et la SASU/SAS. Ces deux formes ont l’avantage de permettre aux associés d’être uniquement responsables à hauteur de leurs apports dans la société. Ainsi, en cas de dettes, les créanciers ne pourront pas s’en prendre à leurs biens propres.

Les démarches pour créer un commerce alimentaire

Les formalités de création du commerce alimentaire dépendront de la forme choisie. Ainsi, la création d’une auto-entreprise se fait très simplement en ligne sur le site du CFE du l’URSSAF. Les formalités de création d’une société sont plus compliquées et nécessitent le dépôt d’un dossier au centre de formalité des entreprises.

A noter enfin que la création d’un commerce de détail alimentaire peut se faire par l’achat ou la création d’un fonds de commerce ou par le rachat des parts d’une société.

Les règles à respecter pour créer un commerce alimentaire

Certaines règles spécifiques à ce type d’activité doivent être respectées lors de la création et de la gestion d’un commerce de détail alimentaire :

  • En cas de surface supérieure à 1 000m2, une demande d’autorisation d’exploitation commerciale doit être réalisée auprès de la préfecture ;
  • En cas de vente de produits d’origines animales, une déclaration doit être effectuée auprès des services compétents du département. De même, en cas de vente de produits alimentaires à des intermédiaires, une déclaration doit leur être envoyée ;
  • Des normes d’hygiène, notamment en matière de conservation des aliments doivent être respectées ;
  • Les prix de chaque produit doivent être clairement affichés ;
  • Une licence doit être obtenue afin de vendre de l’alcool. Elle s’obtient suite la réalisation d’une formation puis d’une demande en mairie ;
  • Le local doit être adapté aux normes ERP (établissement recevant du public). Il doit ainsi permettre l’accueil de personnes à mobilité réduite et respecter les règles en matière de sécurité, notamment tout ce qui concerne le risque incendie.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.