DerniĂšre mise Ă jour le 5 juin 2020
Le haut de bilan est un terme dĂ©signant en comptabilitĂ© les ressources et les emplois Ă long terme. Comme son nom lâindique, les Ă©lĂ©ments figurent dans la partie haute du bilan. De nombreuses analyses financiĂšres portent sur dessus et des opĂ©rations sont rĂ©alisĂ©es sur les Ă©lĂ©ments le composant.
De quoi est composé le haut de bilan ?
Il est constituĂ© des Ă©lĂ©ments stables et durables de lâentreprise qui se trouvent Ă lâactif et au passif du bilan, respectivement les ressources et les emplois Ă long terme. Ainsi, on retrouve dans le haut de bilan les postes suivants :
- Les immobilisations : il s’agit d’actifs qui ont vocation Ă durer dans l’entreprise. On en attend des avantages Ă©conomiques futurs. Contrairement aux charges, elles ne sont pas consommĂ©es dans la fabrication du produit ou la rĂ©alisation du service. On trouve trois types d’immobilisations :
- Corporelles : il s’agit d’actifs physiques comme les terrains, les constructions, le mobilier, les machines ou les vĂ©hicules ;
- Incorporelles : il s’agit d’actifs immatĂ©riels comme le fonds de commerce, le droit au bail ou les logiciels ;
- FinanciĂšres : il s’agit d’actifs financiers comme les titres de participation.
- Capitaux propres qui correspondent Ă ce que l’entreprise possĂšde. Ils sont composĂ©s des Ă©lĂ©ments suivants :
- Capital social, lui mĂȘme constituĂ© des apports en nature et en numĂ©raire des associĂ©s, apports rĂ©alisĂ©s lors de la crĂ©ation de l’entreprise ou ultĂ©rieurement, Ă l’occasion d’une augmentation de capital ;
- RĂ©sultat de l’exercice ;
- RĂ©serves, c’est-Ă -dire la part du bĂ©nĂ©fice des annĂ©es antĂ©rieures qui n’a pas Ă©tĂ© distribuĂ©e en dividendes. Il en existe trois types :
- RĂ©serves lĂ©gales : elles doivent ĂȘtre dotĂ©es chaque annĂ©e d’au moins 5% du bĂ©nĂ©fice distribuable dans la limite de 10% du capital social ;
- Réserves statutaires : elles sont prévues dans les statuts de la société ;
- RĂ©serves facultatives : comme le nom l’indique, elles n’ont aucun caractĂšre obligatoire et sont dotĂ©es au bon vouloir des associĂ©s.
- Report Ă nouveau : il s’agit de la part des bĂ©nĂ©fices des annĂ©es antĂ©rieures mis en attente, c’est-Ă -dire non distribuĂ©e en dividendes et non dotĂ©e en rĂ©serves ;
- Subventions d’investissement ;
- Provisions rĂ©glementĂ©es, c’est-Ă -dire reposant sur des dispositifs lĂ©gales.
- Emprunts et dettes Ă moyen et long terme (Ă plus dâun an). Ce sont donc principalement les dettes contractĂ©es Ă l’occasion de la souscription d’un emprunt bancaire.
A lâinverse, le bas de bilan est constituĂ© des emplois et des ressources Ă court terme de lâentreprise.
Pourquoi parle t-on de haut de bilan ?
Ce terme est issu de la prĂ©sentation rĂ©elle du bilan qui fait apparaĂźtre les Ă©lĂ©ments par ordre de liquiditĂ© pour l’actif et par ordre d’exigibilitĂ© pour le passif. Les Ă©lĂ©ments les moins liquides sont ainsi les immobilisations et les moins exigibles sont les capitaux propres.
Comment lâanalyser ?
Lâanalyse du haut de bilan passe par le calcul des ratios et des indicateurs d’analyse financiĂšre suivants :
- Fonds de roulement : capitaux propres / immobilisations ;
- Endettement de lâentreprise : total des dettes / total de lâactif ;
- IndĂ©pendance financiĂšre : capitaux propres / capitaux permanents. Son calcul va permettre de dĂ©terminer la capacitĂ© de l’entreprise Ă se financer par ses moyens propres.
- Autonomie financiÚre : capitaux propres / total bilan. Son calcul va permettre de déterminer la part de financement propre sur le financement total ;
- Importance des capitaux propres par rapport au total du passif ;
- Importance des investissements : immobilisations / total de lâactif ;
- ModernitĂ© ou obsolescence de lâoutil de production qui peut se dĂ©terminer de deux façons :
- Amortissements cumulés / immobilisations : plus ce taux est élevé, plus les immobilisations sont vieilles ;
- Immobilisations nettes / immobilisations brutes : plus ce taux est Ă©levĂ©, plus l’outil de production est rĂ©cent.
Il est aussi possible de calculer des indicateurs de rentabilitĂ© qui mĂȘlent Ă©lĂ©ments du haut de bilan et Ă©lĂ©ments du compte de compte de rĂ©sultat :
- ROCE – return on capital employed : EBIT * (1 – taux d’imposition) / capitaux employĂ©s
- ROA – return on assets : rĂ©sultat net / total des actifs ;
- ROE – return on equity : rĂ©sultat net / capitaux propres.
Quâest ce que les opĂ©rations de haut de bilan ?
Les opĂ©rations de haut de bilan concernent les opĂ©rations qui affectent les immobilisations et les capitaux propres. Il sâagit par exemple des opĂ©rations suivantes :
- Investissement/désinvestissement dans une nouvelle activité ;
- Acquisition de nouvelles immobilisations afin de moderniser l’outil de production ;
- Vente d’immobilisations afin de dĂ©gager du cash servant Ă©ventuellement Ă rembourser les dettes ou Ă financer de nouvelles immobilisations ;
- Achat dâactions dâautres sociĂ©tĂ©s ;
- Augmentation de capital de plusieurs façons :
- Création de nouvelles parts sociales achetées par de nouveaux associés ou des associés existants. Ils réaliseront alors des apports en numéraire ou en nature ;
- Incorporation en capital des profits mis en réserves et non distribués ;
- Levée de fonds ;
- Réduction de capital en rachetant des parts ou en réduisant leur valeur nominale ;
Le terme est utilisĂ© dans le domaine de lâingĂ©nierie financiĂšre pour parler des stratĂ©gies de financement Ă long terme : fusion acquisition, opĂ©rations de capital investissementâŠ
Pourquoi améliorer sa solidité financiÚre?
RĂ©aliser des opĂ©rations de haut de bilan va permettre d’amĂ©liorer la soliditĂ© financiĂšre de l’entreprise. Ces opĂ©rations peuvent ainsi avoir lieu en cas de difficultĂ©s financiĂšres pour Ă©viter de se retrouver en situation de redressement ou de liquidation judiciaire.
En pĂ©riode de croissance, cela va permettre d’amĂ©liorer la structure financiĂšre de l’entreprise et d’obtenir du cash. Si l’entreprise souhaite rĂ©aliser des investissements, davantage de capitaux propres permettront d’obtenir un prĂȘt bancaire plus Ă©levĂ© en rassurant les banquiers.