Les couveuses d’entreprises

Les couveuses d’entreprises permettent de tester une idée de création d’entreprise en grandeur nature. Le passage en couveuse permet à l’entrepreneur de connaitre le métier de chef d’entreprise tout en développant son activité. Les entreprises bénéficient de soutien et de conseils, tout en évitant toute la paperasse administrative puisque l’entrepreneur est salarié de la structure.

Quel est le fonctionnement d’une couveuse d’entreprises ?

La gestion administrative

La couveuse d’entreprises gère la partie administrative, comptable et juridique pour le compte de l’entrepreneur. Elle s’occupe ainsi notamment de :

  • L’hébergement juridique ;
  • L’émission des bon de commande, devis, contrats, factures ;
  • La gestion du recouvrement ;
  • Le suivi de la comptabilité.

Comme la société n’est pas encore créée au niveau légal (elle n’est pas enregistrée au registre du commerce et des sociétés ou au registre des métiers), l’entrepreneur n’est pas encore chef d’entreprise mais est salarié de la couveuse. Attention toutefois, même si le couvé est salarié de la couveuse, il n’y a pas de lien de subordination entre les deux parties comme dans n’importe quel contrat de travail.

Le chiffre d’affaires est encaissé par la couveuse. Le résultat s’obtient après déduction des charges et de la commission de la couveuse (généralement 10% du chiffre d’affaires avec un montant plancher). Il est ensuite reversé à l’entrepreneur.

L’accompagnement 

En plus de cet aspect administratif, la couveuse va accompagner l’entrepreneur dans le développement de son activité de bien des façons :

  • Des formations afin de parfaire les connaissances de l’entrepreneur en matière de création et de gestion d’entreprise (comptabilité, droit, ressources humaines, marketing…) ;
  • Des conseils pour se développer et adopter la meilleure stratégie commerciale et financière ;
  • Une mise en réseau, avec les autres couvés, les anciens couvés et les intervenants experts.

Sur toute la durée du passage en couveuse (au moins un an), l’accompagnement change pour laisser l’entrepreneur de plus en plus autonome au fil du temps. A la fin de la période passée en couveuse, l’entrepreneur décidera de créer ou non sa société.

A qui s’adressent les couveuses d’entreprises ?

Les couveuses d’entreprises s’adressent aux porteurs de projets qui n’ont pas encore crée leur société mais qui ont déjà une idée de projet bien avancée. C’est en cela qu’elles différent des pépinières d’entreprises qui s’adressent aux sociétés déjà créées.

Elles différent également des incubateurs puisque dans ces structures, la gestion comptable et financière est du ressort des entreprises.

Les couveuses conviennent ainsi parfaitement aux entrepreneurs qui n’ont pas envie de sauter le pas de la création tout de suite. Les start-ups à fort potentiel, qui ont besoin de réaliser des levées de fonds, auront donc plutôt intérêt à se tourner vers les incubateurs ou les accélérateurs.

Comme dans le portage salarial, elles permettent aux entrepreneurs de se focaliser uniquement sur le développement de leur activité, en laissant de côté tout l’aspect administratif.

Comment intégrer une couveuse d’entreprises ?

L’intégration d’une couveuse d’entreprises se fait via la présentation d’un dossier puis via la rédaction d’un contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE). Il va porter sur :

  • Les engagements des deux parties ;
  • Les mesures d’accompagnement ;
  • Les modalités de reporting ;
  • Les conditions de rupture ;
  • Les moyens à disposition du créateur ;
  • L’aspect financier :  calcul de la rétribution financière pour la couveuse et de la rémunération pour le couvé.

La période en couveuse est donc limitée à la période du CAPE (12 mois renouvelable 2 fois).

En plus de ce contrat, la couveuse va réaliser une DPAE (déclaration préalable à l’embauche) afin d’informer la Sécurité Sociale de l’embauche.

L’entrepreneur sera donc couvert comme un salarié classique. Il bénéficiera de prestations sociales (indemnités journalières, remboursement des soins, protection en cas de maladie professionnelle ou d’accident du travail ainsi que d’une protection en cas de chômage).

Couveuse, portage, incubateur, pépinière, accélérateur, coworking, quelles différences?

Ce sont des structures d’accompagnement de l’entrepreneur mais chacune revêt des particularités propres :

  • Dans le portage salarial, l’entrepreneur est salarié de la structure mais réalise ses missions en toute indépendance et autonomie. Toutefois, la société de portage ne s’occupe que de la partie administrative sans accompagner l’entrepreneur dans le lancement de l’activité ;
  • La pépinière va accompagner le créateur d’entreprise dans le lancement de son activité mais s’adresse aux sociétés déjà créées (relativement jeunes – moins de 3 ans d’existence) ;
  • L’incubateur d’entreprise va davantage s’adresser à des porteurs de projets à fort potentiel, souvent dans le domaine numérique. Leur objectif : transformer des projets en start-up et, dans des cas exceptionnels, en licorne ;
  • L’accélérateur fonctionne plus ou moins comme un incubateur, le volet financier en plus. Il est ainsi à mi-chemin entre l’incubateur et le fonds d’investissement ;
  • Le coworking : il s’agit d’un espace de travail partagé où les entrepreneurs se rencontreront pour travailler, échanger et se constituer un réseau. Il n’a pas vocation à accompagner les créateurs dans le lancement de leur activité.

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