Quand on a un gros projet de création de société, on a besoin de fonds importants. Il faut en effet des investissements massifs ainsi que des moyens humains conséquents. Pour cela, l’apport initial doit être élevé. Et quand l’apport des associés, conjugué à un prêt bancaire, ne suffit pas, on peut se tourner du côté des sociétés de capital-risque. Il s’agit d’entreprises qui vont prendre des parts sociales, ou des actions de la société en création. En entrant au capital, ils deviennent des associés ou des actionnaires. Outre leurs apports financiers, ces sociétés vont également jouer un rôle important dans le lancement de l’entreprise en aidant et en accompagnant l’équipe dirigeante. Les sociétés de capital-risque vont par exemple apporter leur carnet d’adresses ainsi qu’un suivi dans la gestion. En contrepartie, elles pourront faire valoir leur droit de regard et pourront éventuellement user de leur pouvoir de décision, notamment lors des assemblées générales.

Quelles entreprises peuvent faire appel à des sociétés de capital-risque ?

Les sociétés de capital-risque sont avant tout destinées aux projets innovants, notamment dans le secteur high tech ou dans le secteur d’internet. Le potentiel de croissance à moyen terme de ces entreprises doit être assez élevé.

Au niveau de la forme juridique des sociétés, elles doivent bien entendu permettre l’entrée et la sortie rapide d’associés. C’est le cas des SA (sociétés anonymes) et des SAS (sociétés à actions simplifiées) mais non cotées. Les associés doivent avoir un apport personnel relativement élevé. Qui accepterait d’investir des sommes importantes dans la société si les associés ne le font même pas ?

Quel est le montant généralement investi par les sociétés de capital-risque ?

Les sociétés de capital-risque investissent en général 1,5 millions d’euros. L’entrée au capital est souvent d’au maximum 25% du capital total.

Elles se désengagent ensuite environ 4 ans après leur apport initial, ou quand l’entreprise atteint un chiffre d’affaires significatif, de l’ordre de 10 millions d’euros. L’intérêt des sociétés de capital-risque est de maximiser leurs plus-values lors de la revente de la société et le moment de la sortie est donc bien étudié au préalable. Leur sortie a lieu de différentes manières et peuvent avoir des conséquences importantes sur la répartition du capital :

  • Revente des parts aux associés fondateurs ;
  • Revente des titres à d’autres investisseurs ;
  • Introduction en bourse ;
  • Rachat des parts par la société et réduction du capital social.

Quand les sociétés de capital-risque investissent elles ?

Les sociétés de capital-risque investissent généralement à deux moments clés, que l’on appelle « tour de table » :

  • Le premier tour de table a lieu pendant la phase des tests et des essais. C’est la phase d’amorçage, c’est-à-dire le moment de la mise en œuvre pratique du projet (par exemple au moment de l’élaboration des prototypes). L’investissement à cette phase permet de financer le matériel et les moyens humains. Le risque est alors plus grand mais les possibilités de plus-values plus importantes ;
  • Le second tour de table a lieu quand le projet est plus abouti et que le produit/service a été testé. Il faut alors investir dans le lancement commercial (communication, publicité…)

Quels sont les types de sociétés de capital-rique ?

On parle de capital-risque mais il existe d’autres formes d’investissements dans le même esprit :

  • FCPI : fonds communs de placement dans l’innovation ;
  • FCPR : fonds à risque ;
  • FIP : fonds de proximité…

Ces fonds ou sociétés peuvent être privés ou publics. Le fonds public le plus important et le plus connu est BPI France (ex Oséo) mais il existe de nombreux fonds régionaux.

Au niveau privé, des fonds appartiennent à de grands groupes industriels (c’est ce qu’on appelle le Corporate venture) ou à des clubs d’investisseurs plus petits, comme les Cigales, mais avec des investissements plus réduits.

Comment attirer les sociétés de capital-risque ?

Afin d’attirer les sociétés de capital-risque, il faut avant tout avoir un projet intéressant. Mais cela ne suffit pas, il faut savoir vendre son projet. Tout se joue dans l’executive summary. La raison d’être de l’entreprise doit y être clairement indiquée. Il faut que le lecteur puisse comprendre le problème que l’entreprise va résoudre chez son client. Si l’executive summmary plait, ce sera au tour du dossier complet, c’est-à-dire principalement du business plan, d’être examiné. Enfin, si tous les voyants sont au vert, il faudra passer un entretien devant un jury. La sélection finale se fera alors sur la qualité de l’équipe qui défend le projet.

Comment choisir la société de capital risque ?

Le choix de la société de capital-risque dépend de :

  • Montant demandé : plusieurs dizaines de milliers d’euros ou centaines ;
  • Du secteur : certaines sociétés et fonds de capital-risque sont spécialisés par secteur d’activité ;
  • De la région : de même, certaines sociétés sont spécialisées par secteur géographique ;
  • Du stade d’intervention : premier tour de table, second…ou parfois reprise d’entreprise.

Il n’existe pas de groupement de sociétés de capital-risque, comme c’est le cas chez les business angels. Ainsi, il faut faire appel à chaque société de capital-risque un à un. Il existe toutefois des intermédiaires, appelés leveurs de fonds. Ils vont aider au montage du dossier puis sélectionner et démarcher les investisseurs moyennant un pourcentage de 3 à 6% sur les fonds levés.

Faire appel au capital-risque pour sa société
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