Comment améliorer sa trésorerie

Avoir un résultat excédentaire, c’est bien. Mais avoir une trésorerie positive, c’est mieux ! Pour financer son BFR (besoin en fonds de roulement) ou ses investissements, dégager des ressources et améliorer sa trésorerie est toujours une bonne chose. C’est le signe d’une gestion saine, surtout quand on sait que le manque de trésorerie est un des principaux facteurs de défaillance des entreprises ! Un gros client avec une créance importante placé en redressement judiciaire, une mauvaise anticipation des ventes et des stocks qui s’accumulent ou tout simplement une fermeture des commerces liée à une crise sanitaire… et c’est parfois le drame pour une entreprise qui avait peu de liquidités disponibles !

Analyser la trésorerie pour mieux comprendre la situation

Avant toutes choses, il est essentiel d’analyser la société et sa trésorerie afin de déceler d’éventuels problèmes.

Calcul de ratios

Il conviendra, à partir du bilan, de calculer des ratios comme le BFR (besoin en fonds de roulement). Il permet de déterminer la capacité de l’entreprise à dégager des ressources à court terme. Sa formule de calcul est la suivante : créances + stocks – dettes. Certaines entreprises ont des BFR structurellement négatifs, c’est-à-dire avec un excédent de ressources par rapport aux besoins. C’est le cas du secteur de la grande distribution, puisque les clients payent comptant alors que les fournisseurs se font payer avec un décalage. C’est pourquoi, il est nécessaire de comparer le BFR à la moyenne du secteur.

Il peut être aussi intéressant de calculer les ratios suivants :

Balance âgée

La balance âgée va permettre de voir en un coup d’œil les créances clients avec celles échues et celles à échoir. Pour les créances échues, l’entreprise pourra également voir quel est le délai de retard avec des seuils (moins de 30 jours, entre 30 et 60 jours, plus de 60 jours…).

Analyse du bilan

L’analyse du bilan, en plus du BFR, pourra mettre d’autres éléments en lumière. Il permettra par exemple d’apprécier la structure financière et les grands équilibres :

  • Actif à court terme financé par le passif à court terme (BFR) ;
  • Actif à long terme (immobilisations) financé par le passif à long terme (capitaux propres et emprunt bancaire).

Analyse du compte de résultat

L’analyse du compte de résultat va permettre d’avoir différentes informations comme :

  • Le montant des charges financières : des agios importants vont montrer que le découvert est fréquent et peut être le signe d’une mauvaise gestion de la trésorerie ;
  • La répartition du chiffre d’affaires par client : si un client représente une part trop importante du chiffre d’affaires de l’entreprise, sa perte peut signifier une baisse conséquente de l’activité de l’entreprise, voire la faillite ;
  • Le manque de rentabilité, engendrant une insuffisance de trésorerie. Cela signifie simplement que les charges sont trop élevées par rapport aux produits. Le prix de vente est trop faible ou les quantités vendues trop peu nombreuses. Il pourra être intéressant de calculer le seuil de rentabilité, c’est-à-dire le niveau de ventes à partir duquel l’entreprise réalise un bénéfice.

Il pourra également être intéressant d’analyser les provisions pour créances douteuses et les pertes sur créances irrécouvrables.

Réaliser un tableau de suivi de trésorerie

Le tableau de trésorerie permettra de voir mois par mois les encaissements et les décaissements.

En cas de trésorerie insuffisante sur certains mois, il conviendra de trouver des solutions à court terme : négocier un délai plus long avec un fournisseur, décaler un investissement. S’il s’agit d’une situation récurrente, il faudra mettre en place des solutions plus structurelles.

Le tableau de trésorerie prévisionnel permettra également de mettre en lumière un effet de saisonnalité. Les encaissements seront alors concentrés sur une période donnée et les décaissements répartis dans l’année. Il faut également savoir que certains décaissements ont lieu avec un important décalage. C’est le cas des charges au RSI (régime social des indépendants), aujourd’hui devenu Sécurité Sociale des Indépendants. Les charges sont forfaitaires la première année et une régularisation intervient seulement en fin de deuxième année sur la base des revenus de N-1.

Améliorer sa trésorerie en accélérant les rentrées d’argent

Une fois l’audit réalisé, il faut trouver des solutions. Voici des idées :

  • Faire payer un acompte de 30% avant la livraison de la marchandise ou la réalisation de la prestation. Cela permettra d’avoir une avance de trésorerie mais aussi une plus grande garantie que les travaux seront intégralement menés et réglés ;
  • Réaliser des factures de situation, aussi appelées factures d’avancement : des factures seront réalisées régulièrement à chaque grande échéance ;
  • Prévoir une clause de réserve de propriété ou la possibilité de suspendre les travaux en cas de non paiement d’une échéance ;
  • Réaliser la facture immédiatement : au moment de la livraison ou à l’achèvement de la prestation ;
  • Mettre en place une procédure de recouvrement des factures impayées afin de relancer les clients avec du retard ;
  • Négocier des délais de paiement plus courts avec les clients ;
  • Mettre en place des solutions pour se faire payer plus rapidement les créances. On parle de crédits de mobilisation de créances : affacturage, Dailly, escompte…

Retarder les sorties d’argent pour améliorer sa trésorerie

Autre levier pour améliorer sa trésorerie : jouer sur les décaissements avec les solutions suivantes :

  • Négocier des délais de paiement plus longs avec les fournisseurs ;
  • Ne pas payer avant l’échéance ;
  • Limiter les charges de structure au maximum ;
  • Limiter les stocks, qui représentent de l’argent immobilisé.

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