Les produits encaissables et non encaissables

En comptabilité, les produits encaissables et non encaissables doivent être distingués. En effet, même si les deux sont bien comptabilisés en tant que produit, le produit encaissable donne lieu à une rentrée d’argent et augmente donc la trésorerie. Le produit non encaissable est une écriture comptable qui ne donne pas lieu à une entrée d’argent.

Qu’est ce qu’un produit encaissable ?

Un produit encaissable est un produit qui donne lieu à une entrée d’argent. Il a donc un impact direct sur la trésorerie de l’entreprise et sur le compte de résultat. Il augmentera le montant disponible en caisse ou en banque. C’est le cas de la majorité des produits : ventes de matières premières, de produits fabriqués, de marchandises, de prestations de services…Le produit encaissable peut avoir d’autres origines comme un remboursement ou dégrèvement de taxes de la part de l’Etat ou un produit financier reçu de la banque comme des intérêts. Enfin, le produit encaissable peut être de nature exceptionnelle, par exemple lié à la vente d’une immobilisation.

Les produits peuvent être encaissables immédiatement au moment de la vente. C’est souvent le cas en B to C (business to consumer), c’est-à-dire vente aux particuliers, puisqu’ils payent majoritairement comptant. En B to B (business to business), c’est-à-dire vente aux professionnels, les produits sont souvent encaissés avec un délai. Celui-ci est en moyenne de 30 jours et ne pas excéder :

  • 45 jours à compter de la date facture ;
  • 60 jours fin de mois.

Qu’est ce qu’un produit non encaissable ?

Un produit non encaissable est une écriture comptable qui ne donne pas lieu à une entrée d’argent mais qui est comptabilisée dans un compte de classe 7. Il vient donc augmenter le résultat sans pour autant augmenter le résultat. Il s’agit par exemple de :

– Reprises de provisions et d’amortissements :

Une provision est la constatation de la perte de valeur d’un actif. Elle est dotée, c’est-à-dire augmentée au moment où cette constatation se produit même si l’échéance et/ou le montant ne sont pas déterminés de façon précise. Elle constitue donc une charge et vient baisser le résultat même si elle ne baisse pas la trésorerie. La provision est reprise, c’est-à-dire diminuée, au moment où l’échéance a lieu. La reprise de provision constitue donc un produit même si elle n’engendre pas de baisse de la trésorerie.

L’amortissement est la constatation de la perte de valeur d’une immobilisation dans le temps. Il arrive parfois que la valeur réelle soit supérieure à la valeur résiduelle après amortissements. Dans ce cas, l’immobilisation fait l’objet d’une réévaluation et une reprise d’amortissements est effectuée. La trésorerie restera inchangée mais le résultat sera augmenté.

– Quote-part de subvention d’investissement virée au résultat: il s’agit d’une aide reçue pour acquérir ou créer une ou des immobilisations. Le versement de cette aide constitue une entrée d’argent mais l’entreprise a la possibilité d’amortir cette aide et donc de la répartir dans le temps selon la même vitesse que l’amortissement de l’immobilisation. L’amortissement de l’aide ne constitue alors pas une entrée d’argent mais est bien un produit qui vient augmenter le résultat.

Pourquoi distinguer les produits encaissables et non encaissables ?

Distinguer les produits encaissables et non encaissables permet de calculer certains ratios économiques et financiers comme la CAF (la capacité d’autofinancement). Il s’agit du flux de trésorerie dont l’entreprise dispose du fait de son activité. Elle s’obtient pas différence entre les produits encaissables et les charges décaissables. C’est un indicateur clé utilisé par les banquiers afin de déterminer la capacité de l’entreprise à rembourser les échéances d’emprunt.

Il s’agit d’une notion essentielle à appréhender afin de construire certains documents financiers, notamment au moment de la création de la société. Il faudra alors sans doute réaliser un business plan afin de valider la solidité financière du projet. celui-ci comprendra des documents financiers comme le compte de résultat et tableau de trésorerie. Afin de passer de l’un à l’autre, il faudra ajouter et/ou enlever des produits encaissables et non encaissables.

Ces notions sont également utilisées lors de la construction des prévisions de trésorerie.

A noter qu’il existe également des encaissements qui ne sont pas des produits. C’est le cas des remboursements de crédit de TVA qui entrainent une augmentation de la trésorerie mais pas du résultat.


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