Lors de la réalisation d’un business plan, il est important d’établir un compte de résultat prévisionnel. C’est ce qui permettra de déterminer la rentabilité future du projet. Il fait donc apparaître les produits et les charges estimés de l’entreprise. Il se présente de la même façon qu’un compte de résultat classique en faisant apparaître le résultat et ce qui le compose sur plusieurs années, en général 3, voire 5.

La présentation du compte de résultat prévisionnel

Le compte de résultat prévisionnel se fait en général sur 3 ans. Il est composé des produits futurs de l’entreprise (principalement le chiffre d’affaires) et des charges futures. Les chiffres présents dans le compte de résultat prévisionnel, à la différence du tableau de trésorerie prévisionnel, sont hors taxe. En effet, comme la TVA est neutre pour l’entreprise, la TVA sur les ventes est collectée pour l’état et la TVA sur les charges est déduite. Cette règle ne concerne toutefois que les entreprises soumises à TVA. Pour celles qui ne le sont pas, il n’y a pas de différence entre le TTC et le HT.

Il se présente de la façon suivante :

1ère année2ème année3ème année
Chiffre d’affaires   
Matières premières consommés
Marge commerciale* 
Sous-traitance
Honoraires
Frais bancaires
Marketing / publicité
Frais administratifs
Frais d’entretien
Assurance
Eau / électricité
Essence
Frais d’actes et de contentieux
Frais de télécommunications
Frais de transport
Loyer
Charges locatives
Impôts et taxes (hors impôt sur les sociétés)
Rémunération du dirigeant et charges Sécurité sociale des indépendants (ex-RSI)
Charges de personnel (salaires et charges sociales)
Dotations aux amortissements et aux provisions
Résultat d’exploitation**
Résultat exceptionnel
Résultat financier
Résultat de l’entreprise***

Le chiffre d’affaires du compte de résultat prévisionnel

Afin de déterminer le chiffre d’affaires, il est préférable de ne pas se baser sur des chiffres trop ambitieux. Plusieurs techniques existent pour estimer le chiffre d’affaires d’une entreprise en création. Il est ainsi possible de se baser sur une moyenne des chiffres du secteur ou de réaliser une étude de marché plus poussée via le biais d’une étude quantitative et de questionnaires. Ensuite, il faudra ensuite faire une moyenne des différents chiffres obtenus ou au contraire écarter certaines données. Lors de la présentation du business plan aux investisseurs, banquier en tête, la détermination du chiffre d’affaires prévisionnel sera un élément clé discuté. Il faudra être en mesure de justifier ses choix.

Le chiffre d’affaires fait partie des produits d’exploitation. Il en existe trois types : produits financiers, produits exceptionnels et donc produits d’exploitation. Il est plus courant de se focaliser uniquement sur les produits d’exploitation dans le compte de résultat prévisionnel mais les deux autres peuvent aussi y figurer. L’entreprise pourra par exemple avoir des produits financiers si son solde de trésorerie est excédentaire. Elle pourra également avoir des produits exceptionnels si elle décide par exemple de revendre une immobilisation.

Les charges du compte de résultat prévisionnel

Il est important de bien réfléchir aux charges que l’entreprise supportera, tant au niveau de la liste que du montant :

  • Si les charges sont sous-estimées, l’entreprise risque de se retrouver dans une situation difficile et de devoir demander de nouveaux prêts pour faire face à ses dépenses ;
  • Si elles sont sur-estimées, le résultat prévisionnel sera dégradé et l’obtention du prêt sera sans doute plus difficile.

Les charges de matières premières prévisionnelles

Si l’entreprise achète des biens pour les revendre en l’état ou les revendre après transformation, le poste matière première sera un des postes de dépenses les plus élevé. Dans le cas de prestations de service, les charges de matières premières prévisionnelles seront moins conséquentes.

A noter un détail qui a son importance : ce sont les matières consommées qui comptent et non juste les achats de matières premières. Il faut ainsi prendre en compte la variation de stock.

Les charges de personnel prévisionnelles

C’est l’autre gros poste de dépense. Il comprend la rémunération brute du salarié (salaire net + charges sociales salariales) ainsi que les charges sociales patronales.

Dans un premier temps, pour les TPE et les PME, il est fréquent de ne pas avoir de salarié. Seul le dirigeant travaillera dans l’entreprise. Ensuite, si l’entreprise peut se le permettre en deuxième ou troisième année d’activité, elle peut embaucher un salarié. Cette solution peut rassurer le banquier car embaucher un salarié, surtout en CDI, est assez risqué en phase de lancement de l’activité. Pour plus de lisibilité, la rémunération du dirigeant sera indiqué à part, notamment s’il est au RSI.

Les charges locatives et loyer prévisionnel

Ils peuvent aussi représenter un autre gros poste de dépense en cas de location d’un local. Si le créateur travaille de chez lui, il pourra faire passer une partie des charges communes sur le compte de l’entreprise. C’est ce qu’on appelle les charges mixtes.

Les taxes et les impôts prévisionnels

Dans cette catégorie sont notamment incluses la CET (CVAE + CFE), la taxe sur les véhicules de société, la taxe d’apprentissage et la taxe sur les salaires (liste non exhaustive).

Les amortissements prévisionnels

Les amortissements représentent la perte de valeur d’une immobilisation dans le temps. Ainsi, un investissement est inscrit en immobilisation, dans l’actif de l’entreprise, lors de son achat. L’achat n’impact donc pas le résultat. Ce sont les amortissements qui sont passés en charges chaque année pour venir réduire le résultat. Ils sont calculés en divisant la valeur de l’immobilisation par la durée usuelle d’amortissement. Il s’agit du nombre d’années pour amortir un bien. Ils seront calculées dans le tableau de suivi des investissements et des amortissements.

Les provisions

Les dotations aux provisions sont des écritures comptables permettant de constater la perte de valeur d’un actif. Plus précisément, il s’agit de passifs dont la date d’échéance et/ou le montant ne peuvent pas être connus à l’avance. Ce sont par exemple des créances clients dont on doute qu’elles seront un jour payées. Il est toutefois rare d’en voir dans un compte de résultat prévisionnel étant donné leur incertitude. 

Les autres charges prévisionnelles

Les autres charges sont pour certaines marginales (eau, électricité, essence, frais d’acte et de contentieux – il s’agit majoritairement des frais à payer au greffe…) mais d’autres peuvent être relativement élevées (sous-traitance, marketing…).

Quelques remarques :

Les indicateurs issus du compte de résultat prévisionnel

Les indicateurs issus du compte de résultat prévisionnel sont :

* Marge commerciale : chiffre d’affaires – matières premières

** Résultat d’exploitation : marge commerciale – charges de l’entreprise (hors charges financières et exceptionnelles)

*** Résultat de l’entreprise : résultat d’exploitation +/- résultat exceptionnel +/- résultat financier

Il est aussi possible de calculer et d’analyser certains soldes intermédiaires de gestion (SIG).

Un autre indicateur essentiel est issu du compte de résultat prévisionnel : le seuil de rentabilité. Aussi appelé point mort, il s’agit du seuil à partir duquel l’entreprise commence à réaliser un bénéfice.

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