DerniĂšre mise Ă jour le 4 juin 2020
Les provisions comptables sont des passifs dont le montant et/ou la date dâĂ©chĂ©ance ne peuvent pas ĂȘtre dĂ©terminĂ©s de façon prĂ©cise. Elles correspondent Ă un Ă©vĂ©nement qui intervient durant lâexercice comptable et permet de donner une image fidĂšle des comptes de lâentreprise. En d’autres termes, elles traduisent une charge que l’entreprise va devoir supporter mais dont le montant ou la date de survenance du risque ne sont pas encore connus.
Quelles sont les catégories de provisions ?
Il existe plusieurs catégories parmi lesquelles les provisions :
- Pour risques et charges, qui permettent de prĂ©voir une charge risquant dâavoir un impact sur les comptes de lâentreprise, par exemple en cas de procĂšs ;
- RĂ©glementĂ©es qui sâappuient sur des dispositions lĂ©gales ;
- Pour dépréciation qui permettent de valoriser la baisse de valeur des éléments du patrimoine.
Au niveau comptable, elles sont enregistrées dans un compte de classe 15 subdivisé de la façon suivante :
- 151 : provisions pour risques ;
- 153 : provisions pour pensions et obligations similaires ;
- 154 : provisions pour restructurations ;
- 155 : provisions pour impĂŽt ;
- 156 : provisions pour renouvellement des immobilisations ;
- 157 : provisions pour charges à répartir sur plusieurs années ;
- 158 : autres provisions pour charges.
Pourquoi passer des provisions ?
Passer une provision comptable permet de refléter une image des comptes aussi proche de la réalité que possible. Elle correspond au principe de prudence.
Elle permet de traduire en terme comptable un Ă©vĂ©nement qui sâest dĂ©roulĂ© pendant lâexercice comptable mais dont les consĂ©quences en termes dâimpact ne sont pas encore dĂ©terminĂ©es.
En terme financier, la provision permet de dĂ©caler une partie du paiement de lâimpĂŽt car la provision diminue le rĂ©sultat imposable sur lâexercice oĂč elle est passĂ©e et lâaugmente lors de la reprise.
Elles doivent ĂȘtre justifiĂ©es et ne doivent pas servir Ă dĂ©guiser les comptes afin de montrer une perte pour payer moins dâimpĂŽt. Elles sont ainsi attentivement examinĂ©s lors de la rĂ©vision des comptes.
Comment les enregistrer en comptabilité ?
Lors de la provision :
| Débit | Crédit |
| 68Â : Dotation aux provisions | |
| 15 : Provision |
Lors de la survenance du risque : reprise de provisionÂ
| Débit | Crédit |
| 68Â : Dotation aux provisions | |
| 15 : Provision |
A noter que si la provision devient sans objet, c’est un compte de classe 7 qu’il faudra utiliser. Le compte 68 (ou 78) se dĂ©cline de la façon suivante :
- 681/781 en cas de provision concernant l’exploitation courante de l’entreprise ;
- 686/786 en cas de provision concernant un aspect financier de l’entreprise ;
- 687 / 787 en cas de provision concernant un aspect exceptionnel de l’entreprise.
Les provisions comptables ont donc un impact au niveau du compte de rĂ©sultat en augmentant les charges ainsi qu’au niveau du bilan en augmentant le passif.
Comment déterminer les provisions à passer en comptabilité?
Afin de dĂ©terminer les provisions Ă passer en comptabilitĂ©, l’entreprise doit s’appuyer sur diffĂ©rentes outils :
- La balance ĂągĂ©e, qui permet de connaitre l’Ă©tat des crĂ©ances clients. Si un client ne paye pas depuis un certain temps, sa crĂ©ance passera en douteuse et sera provisionnĂ©e. L’entreprise peut aussi s’appuyer sur des documents externes comme en regardant si l’entreprise n’est pas placĂ©e en redressement ou en liquidation judiciaire ;
- Le tableau de suivi des stocks, en particulier le tableau de valorisation des stocks. Un produit en stock depuis assez longtemps et dont les perspectives de vente sont faibles voire nulles doit ĂȘtre dĂ©prĂ©ciĂ© ;
- Un suivi juridique des différents litiges en cours. Ces litiges peuvent intervenir dans plusieurs domaines :
- Dans les ressources humaines, en cas de litige avec un salariĂ© qui peut attaquer l’entreprise aux prud’hommes, s’il estime avoir par exemple Ă©tĂ© licenciĂ© abusivement. Le montant de la provision inclura lâindemnitĂ© en guise de rĂ©paration du prĂ©judice subit ainsi que les frais accessoires (frais de procĂ©dure, honoraires d’avocats…) ;
- Avec un fournisseur, si l’entreprise refuse de payer la marchandise livrĂ©e mais non conforme avec ce qui a Ă©tĂ© commandĂ© ;
- Avec un client, qui est en redressement ou liquidation judiciaire et qui a donc peu de chances de payer sa crĂ©ance. Il peut Ă©galement s’agir d’une provision pour garantie donnĂ©e aux clients. C’est le cas si le client constate un dĂ©faut dans un produit livrĂ© ou une prestation effectuĂ©e. nĂ©cessitant une rĂ©paration ou un remplacement. L’entreprise a l’obligation, lĂ©gale et/ou contractuelle, d’effectuer gratuitement une rĂ©paration ou de procĂ©der au remplacement ;
- Avec l’Etat, en cas de redressement fiscal ;
- En fonction des taux de change si l’entreprise a des partenaires avec qui elle Ă©change dans des devises Ă©trangĂšres. Si elle ne bĂ©nĂ©ficie pas d’une couverture de change, elle doit, Ă chaque clĂŽture des comptes, comparer la valeur de sa facture au moment de son Ă©mission Ă sa valeur actuelle. En cas de perte de change latente, le montant doit ĂȘtre provisionnĂ©.
A chaque clĂŽture comptable, il conviendra de statuer sur la provision :
- Si lâĂ©vĂ©nement a eu lieu, il faudra extourner la provision, c’est-Ă -dire l’annuler :
- Si le montant provisionnĂ© correspond au montant rĂ©el, il n’y aura pas d’impact dans le rĂ©sultat ;
- Si le montant provisionnĂ© est supĂ©rieur au montant rĂ©el, l’impact sera positif au niveau du rĂ©sultat et viendra l’augmenter ;
- Si le montant provisionnĂ© est infĂ©rieur au montant rĂ©el, l’impact sera nĂ©gatif au niveau du rĂ©sultat et viendra de le diminuer.
- Si lâĂ©vĂ©nement n’a pas eu lieu, il faudra conserver la provision et Ă©ventuellement l’ajuster en fonction des nouveaux Ă©lĂ©ments connus.