La gouvernance d’entreprise

La gouvernance d’entreprise est un ensemble de mĂ©canismes qui rĂ©gie la façon dont une entreprise est gĂ©rĂ©e et contrĂŽlĂ©e. Ces mĂ©canismes ont principalement vocation Ă  limiter les pouvoirs des dirigeants et Ă  influencer leurs dĂ©cisions. En effet, dans les sociĂ©tĂ©s de taille relativement importante, les propriĂ©taires (actionnaires pour les SA ou SAS, associĂ©s pour les SARL) ne sont pas forcĂ©ment les mĂȘmes que les dirigeants (prĂ©sidents pour les SA ou SAS, gĂ©rants pour les SARL). La gouvernance d’entreprise vise alors un meilleur Ă©quilibre entre les instances de direction et les actionnaires/associĂ©s.

Pourquoi la gouvernance d’entreprise existe-elle ?

 L’histoire de la gouvernance d’entreprise

Afin d’entrer dans le vif du sujet et d’expliquer en quoi consiste la gouvernance d’entreprise, il est essentiel de comprendre pourquoi elle existe. Il faut pour cela remonter en arriĂšre, Ă  la fin des annĂ©es 90. C’est Ă  ce moment que le concept a vu le jour, suite aux scandales des sociĂ©tĂ©s Enron et Worldcom. La premiĂšre, Enron, Ă©tait alors une des plus grosses capitalisations boursiĂšres aux US. Toutefois, il a Ă©tĂ© mis en lumiĂšre que la sociĂ©té  gonflait artificiellement ses profits et masquait ses pertes.

MĂȘme son de cloche chez Worldoncom, accusĂ© de truquer ses comptes et de les avoir gonflĂ© artificiellement de quelque 11 milliards d’euros. Sa mise en faillite fut l’une des plus importantes de l’histoire des Etats-Unis.

Des deux cĂŽtĂ©s les mĂȘmes failles : un trop grand pouvoir accordĂ© aux dirigeants, un manque de contrĂŽle Ă©tatique mais aussi des associĂ©s et une complicitĂ© des cabinets d’audit.

Les théories derriÚres la régulation

PremiĂšre thĂ©orie Ă  aborder : la thĂ©orie de l’agence oĂč deux agents s’opposent dans les firmes managĂ©riales :

  • Les actionnaires d’un cĂŽtĂ© qui dĂ©tiennent les moyens de production ;
  • Les dirigeants de l’autre, qui gĂšrent les moyens de production, Ă  la demande du premier.

Une asymĂ©trie de l’information existe entre les deux, au profit des dirigeants. La gouvernance d’entreprise vise donc Ă  protĂ©ger les actionnaires qui prennent le plus de risques. Les dĂ©cisions des dirigeants doivent ĂȘtre orientĂ©es afin que les actionnaires obtiennent un retour sur investissement.

Il existe un autre type d’entreprise : l’entreprise patrimoniale, ou familiale. Dans celle-ci, les propriĂ©taires de l’entreprise et les dirigeants sont les mĂȘmes personnes. D’autres parties prenantes doivent toutefois ĂȘtre protĂ©gĂ©es, puisque les associĂ©s ne sont pas les seuls Ă  prendre des risques. Il s’agit des salariĂ©s, des banques, des clients, des fournisseurs, des sous-traitants


Quels sont les moyens de la gouvernance d’entreprise ?

Les mĂ©canismes de la gouvernance d’entreprise visent Ă  aligner les intĂ©rĂȘts des dirigeants et des actionnaires, Ă  contrĂŽler les actions des dirigeants en amont et en aval ainsi qu’à rĂ©duire les conflits d’intĂ©rĂȘt. Ces mĂ©canismes peuvent ĂȘtre internes ou externes Ă  l’entreprise.

Les mécanismes internes

L’organisation de l’entreprise peut ĂȘtre en elle-mĂȘme un moyen d’amoindrir les pouvoirs des dirigeants et de les contrĂŽler.

C’est le cas avec les assemblĂ©es des actionnaires, comme l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale ordinaire, au cours de laquelle les dirigeants doivent rendre des comptes aux associĂ©s. Le conseil d’administration va ainsi ĂȘtre Ă©lu, ou rĂ©voquĂ©, lors de l’AG, puis c’est le conseil d’administration qui Ă©lira le PDG ou le prĂ©sident du conseil d’administration et le directeur gĂ©nĂ©ral.

Dans certaines sociĂ©tĂ©s anonymes, le conseil d’administration peut ĂȘtre remplacĂ© par un directoire et un conseil de surveillance. Le directoire, dont les membres sont nommĂ©s par le conseil de surveillance, est alors chargĂ© de la gestion. Le conseil de surveillance, composĂ© des actionnaires, va ĂȘtre en charge de contrĂŽler les actions du directoire.

Au sein de l’entreprise, des comitĂ©s peuvent Ă©galement ĂȘtre mis en place afin de conseiller les dirigeants : comitĂ© d’audit, comitĂ© de rĂ©munĂ©ration, comitĂ© stratĂ©gique, comitĂ© de nomination.

Toujours parmi les mĂ©canismes internes, des rĂšgles de contrĂŽle interne doivent ĂȘtre dĂ©finies et appliquĂ©es. C’est le cas par exemple de la procĂ©dure achats qui visera notamment Ă  limiter les conflits d’intĂ©rĂȘt.

Des audits internes pourront Ă©galement ĂȘtre rĂ©guliĂšrement rĂ©alisĂ©s.

Enfin, Ă  noter Ă©galement la recherche d’alignement des intĂ©rĂȘts entre les dirigeants et les associĂ©s via la mise en place de mĂ©canismes de stock-options.

Les mécanismes externes

Les grosses entreprises, mais aussi certaines PME, ont des rĂšgles Ă  respecter comme la nomination d’un commissaire aux comptes. Il est obligatoire pour les sociĂ©tĂ©s anonymes et les sociĂ©tĂ©s en commandite par actions ainsi que les SARL, les SNC et les sociĂ©tĂ©s en commandite simple dĂ©passant deux des trois seuils suivants :

  • 50 salariĂ©s ;
  • Chiffre d’affaires HT supĂ©rieur Ă  3 100 000 d’euros ;
  • Bilan supĂ©rieur Ă  1 550 000 d’euros.

Les SAS dépassant deux des trois seuils suivants doivent également avoir un CAC :

  • 20 salariĂ©s ;
  • Chiffre d’affaires HT supĂ©rieur Ă  2 000 000 d’euros ;
  • Bilan supĂ©rieur Ă  1 000 000 d’euros.

Un cadre lĂ©gal a Ă©galement Ă©tĂ© mis en place au dĂ©but des annĂ©es 2000 afin d’apporter plus de rĂ©gulations :

  • CrĂ©ation de l’autoritĂ© des marchĂ©s financiers (AMF) visant Ă  protĂ©ger les Ă©pargnants, informer les investisseurs et rĂ©guler les marchĂ©s financiers au niveau français ;
  • Instauration de la loi Serbanes-Oxley aux Etats-Unis et de la loi de SĂ©curitĂ© FinanciĂšre (LSF) en France ;
  • Mise en place des normes IFRS (International financial reporting standard) ;
  • CrĂ©ation du H3C (haut conseil du commissariat aux comptes).
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