Les charges d’un auto-entrepreneur

DerniĂšre mise Ă  jour le 9 juin 2023

Les charges d’un auto-entrepreneur sont censĂ©es ĂȘtre peu Ă©levĂ©es. Ainsi, les frais de crĂ©ation d’une auto-entreprise sont nuls et les charges de fonctionnement sont relativement faibles : l’auto-entrepreneur doit s’acquitter de la CFE ainsi que des charges sociales et de l’impĂŽt sur le revenu au niveau taxes et impĂŽts. Et bien-sĂ»r, il doit payer ses charges d’exploitation nĂ©cessaires au bon fonctionnement de l’activitĂ©.

Les charges d’un auto-entrepreneur lors de la crĂ©ation 

Un des avantages du statut d’auto-entrepreneur est que la crĂ©ation est gratuite. En effet, le crĂ©ateur d’une auto-entreprise n’a aucun frais administratif Ă  dĂ©bourser lors de la crĂ©ation. Celle-ci se fait directement sur Internet sur le site du centre des formalitĂ©s de l’URSSAF.

De nombreuses sociĂ©tĂ©s proposent sur Internet leurs services pour crĂ©er une auto-entreprise ainsi qu’un suivi personnalisĂ© durant les premiers mois. Ces services sont payants mais n’ont aucun caractĂšre obligatoire.

L’auto-entrepreneur peut ensuite avoir des charges Ă  payer lors de la crĂ©ation en fonction de la nature de son activitĂ© mais ces charges et leur montant seront Ă  prĂ©voir au cas par cas. Parmi les charges que l’auto-entrepreneur peut avoir lors de la crĂ©ation, on peut par exemple citer la constitution d’un stock de dĂ©part ou la publicitĂ© pour faire connaitre son entreprise.

Les impÎts, taxes et charges sociales 

Une fois l’auto-entreprise créée, l’auto-entrepreneur a des charges Ă  payer dĂšs qu’il rĂ©alise des revenus :

  • Charges sociales ;
  • ImpĂŽt sur le revenu ;
  • CFE.

Les charges sociales d’un auto-entrepreneur

Les charges sociales d’un auto-entrepreneur sont :

  • Vente de marchandises : 12,8% ;
  • ActivitĂ©s libĂ©rales : 22%
  • Autres prestations de services : 22%.

Ces taux sont calculĂ©s sur le chiffre d’affaires.

L’auto-entrepreneur peut bĂ©nĂ©ficier de l’ACRE qui consiste en un abattement de 50% de charges sociales lors de la premiĂšre annĂ©e d’activitĂ©. C’est notamment le cas s’il est demandeur d’emploi indemnisĂ©.

Des changements importants ont eu lieu de 2019 et 2020 concernant l’ACRE pour les auto-entrepreneurs :

  • En 2019, le dispositif ACRE Ă©tait Ă©tendu Ă  tous les crĂ©ateurs et les repreneurs d’entreprise. La seule condition Ă  respecter Ă©tait de ne pas avoir un revenu annuel net de plus de 40 000€. Les conditions originelles avant 2019 ont Ă©tĂ© rĂ©tablies ;
  • L’ACRE Ă©tait auparavant sur 3 ans, elle est aujourd’hui limitĂ©e Ă  une annĂ©e ;
  • Les taux ont Ă©galement changĂ©, Ă©galement pour les auto-entreprises créées avant 2020 ;
  • L’ACRE est dĂ©sormais Ă©tendu au conjoint collaborateur.

L’impĂŽt d’un auto-entrepreneur

L’impĂŽt sur le revenu d’un auto-entrepreneur est calculĂ© en dĂ©duisant de son chiffre d’affaires un abattement de :

  • Vente de marchandises : 71% ;
  • ActivitĂ©s libĂ©rales : 34% ;
  • Prestations de services : 50%.

Le rĂ©sultat obtenu est ensuite additionnĂ© aux revenus totaux du foyer fiscal pour obtenir le montant de l’impĂŽt Ă  payer aprĂšs application du barĂšme progressif.

Il est possible d’opter pour le prĂ©lĂšvement libĂ©ratoire de l’impĂŽt. Cela signifie que l’impĂŽt sera payĂ© en mĂȘme temps que les charges sociales. Le taux d’imposition est alors le suivant :

  • Vente de marchandises : 1% ;
  • ActivitĂ©s libĂ©rales : 2,2%
  • Autres prestations de services : 1,7%.

Si l’auto-entrepreneur n’a pas optĂ© pour le prĂ©lĂšvement libĂ©ratoire, il devra tout de mĂȘme payer des acomptes tous les mois ou tous les trimestres, au titre du prĂ©lĂšvement Ă  la source. Ces acomptes sont calculĂ©s sur la base du chiffre d’affaires dĂ©clarĂ© en annĂ©e N concernant les revenus de N-1.

[Pour en savoir plus, consultez notre article sur les taxes et les l’impĂŽt des auto-entrepreneurs].

Les autres taxes de l’auto-entrepreneur

L’auto-entrepreneur doit s’acquitter de deux autres taxes, Ă©galement fonction du chiffre d’affaires. Il s’agit de la contribution Ă  la formation professionnelle (CFP) et de la taxe pour frais de chambre (TFC). Ces taux sont les suivants :

Contribution Ă  la formation professionnelle :

  • 0,1% pour les activitĂ©s d’achat/vente ;
  • 0,2% pour les professions libĂ©rales relevant de la CIPAV ;
  • 0,3% pour les autres activitĂ©s.

Taxe pour frais de chambre :

  • 0,015% pour activitĂ©s d’achat/vente ;
  • 0,48% pour les prestations de services artisanales ;
  • 0% pour les professions libĂ©rales relevant de la CIPAV et du RSI ;
  • 0,044% pour les autres prestations de services commerciales et les location d’habitations meublĂ©es.

La CFE d’un auto-entrepreneur

La CFE (cotisation fonciĂšre des entreprises) est une des constituantes de la CET (contribution Ă©conomique territoriale). Elle est calculĂ©e Ă  partir de la valeur locative des biens utilisĂ©s pour l’activitĂ© des auto-entrepreneurs. C’est le conseil municipal qui fixe le taux Ă  appliquer ainsi que la cotisation minimum.

La CFE n’est pas due la premiĂšre annĂ©e d’activitĂ© d’un auto-entrepreneur. Elle est due les annĂ©es suivantes. Il existe toutefois des mesures d’exonĂ©ration pour les entrepreneurs exerçant dans certaines zones. [Pour savoir lesquels, consultez notre article sur les incitations dans les ZUS, ZRU ou ZFU].

A noter Ă©galement que les entreprises rĂ©alisant un chiffre d’affaires infĂ©rieur Ă  5 000€ par an sont exonĂ©rĂ©es de CFE.

La TVA

La TVA (taxe sur la valeur ajoutĂ©e) n’est pas une charge Ă  proprement parlĂ© pour les entreprises car c’est le consommateur final qui la supporte. Les entreprises n’ont qu’un rĂŽle de collecteur : elles en collectent sur leurs ventes et en dĂ©duisent de leurs achats.

Les auto-entrepreneurs sont en franchise de TVA jusqu’Ă  une certaine limite de chiffre d’affaires :

  • Pour la vente de marchandises et la fourniture de logements :
  • Pour les prestations de services :

Au-delà, ils passent au régime réel simplifié (ils peuvent opter pour le régime réel normal).

Les charges courantes

En plus de ces charges obligatoires, l’auto-entrepreneur peut avoir des charges de gestion courante Ă  payer en fonction de la nature de son activitĂ©. Voici une liste non exhaustive de charges que l’auto-entrepreneur peut avoir Ă  payer au cours de sa vie :

  • Achat de marchandises ou de matiĂšres premiĂšres ;
  • Frais de transport ;
  • Frais de publicitĂ© et de prospection ;
  • DĂ©penses de tĂ©lĂ©communication (affranchissement, tĂ©lĂ©phone, Internet) ;
  • Eau et Ă©lectricitĂ© ;
  • Frais de mission et rĂ©ception (essence, pĂ©age, train, restaurant
) ;
  • Fournitures administratives et matĂ©riels de bureau


Suivre et dĂ©clarer les charges de l’auto-entrepreneur

L’auto-entrepreneur n’a pas Ă  dĂ©clarer ses charges. Il dĂ©clare uniquement ses recettes sur lesquelles sont calculĂ©es ses charges sociales et son impĂŽt Ă  payer. De plus, parmi les obligations qui lui incombent, il peut aussi devoir tenir un registre des achats.

Toutefois, il est intĂ©ressant qu’il suive ses charges. En effet, dans certains cas, si les charges sont importantes, il peut ĂȘtre prĂ©fĂ©rable pour lui d’ĂȘtre imposĂ© sur son rĂ©sultat et non sur son chiffre d’affaires (avec des charges calculĂ©es de façon forfaitaire).

Il devra alors changer de rĂ©gime d’imposition et changer de forme juridique. De plus, si son chiffre d’affaires dĂ©passe les seuils pour bĂ©nĂ©ficier du statut, il changera automatiquement de forme juridique. En consĂ©quence, il devra tenir une comptabilitĂ© et calculer son rĂ©sultat.


Pour en savoir plus sur le statut, consultez notre guide de l’auto-entrepreneur

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