Réaliser un business plan pour son auto-entreprise

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L’auto-entreprise, ou micro-entreprise, est une forme d’entreprise individuelle. Ainsi, elle a la particularité de ne pas dissocier le patrimoine de l’entreprise du patrimoine de l’entrepreneur. Elle présente toutefois l’avantage d’être très simple à créer et tout aussi facile à gérer. Pas de comptabilité à tenir, pas de formalités juridiques à effectuer, les démarches liées à sa gestion sont assez simples. Ainsi, réaliser un business plan pour son auto-entreprise ne revêt pas la même dimension que pour créer une société, où il est parfois une étape incontournable. Toutefois, sa réalisation peut être utile pour avoir une ligne directrice et pour s’assurer que le choix de la micro-entreprise fait sens.

Est-il obligatoire de réaliser un business plan pour son auto-entreprise ?

Non, il n’est pas obligatoire de réaliser un business plan pour son auto-entreprise. Le BP est en effet généralement réalisé quand l’entreprise a besoin de réaliser un emprunt bancaire. Or, dans le cas d’une auto-entreprise, les investissements sont limités et il n’y a pas de raison de demander un prêt.

Si les investissements sont importants, il ne sera alors pas conseillé de créer une auto-entreprise et il faudra mieux choisir une autre forme juridique comme une EURL/SARL ou une SASU/SAS.

Quels sont les avantages à réaliser un business plan pour son auto-entreprise ?

Rien n’empêche l’auto-entrepreneur de réaliser un business plan pour avoir une ligne directrice dans son activité, anticiper ses charges et ses revenus et pourquoi pas songer à changer de société.

En effet, s’il se rend compte que le chiffre d’affaires peut vite dépasser les plafonds autorisés pour bénéficier du statut, il pourra être préférable de songer à une autre forme juridique dès le début. Les plafonds sont les suivants :

  • 70 000€ pour les activités libérales ;
  • 70 000€ pour les prestations de services ;
  • 170 000€ pour les activités commerciales.

Le listing des charges réelles peut également avoir du bon puisque l’auto-entreprise est imposée sur un résultat forfaitaire. Ainsi, un abattement est appliqué sur le chiffre d’affaires :

  • 34% pour les activités libérales ;
  • 50% pour les prestations de services ;
  • 71% pour les activités commerciales.

L’auto-entrepreneur paye également des charges sociales sur son chiffre d’affaires :

  • 22% pour les activités libérales ;
  • 22% pour les prestations de services ;
  • 12,8% pour les activités commerciales.

Avec une autre forme juridique, l’auto-entrepreneur pourrait opter pour une imposition réelle, c’est-à-dire déduire les charges de son chiffre d’affaires. Si les charges sont élevées, cette solution peut être plus avantageuse. De même, s’il ne se prend pas de rémunération et décide de laisser tout le bénéfice dans la société, son imposition pourrait être différente.

Le business plan permet alors de simuler ces cas de figure.

Comment réaliser un business plan pour son auto-entreprise ?

Le compte de résultat prévisionnel

En général, le chiffre d’affaires et les charges sont assez faibles en auto-entreprise, mais il faudra toutefois les noter scrupuleusement.

Chiffre d’affaires : 

Déterminer le chiffre d’affaires d’une entreprise en création est assez périlleux car on ne sait jamais précisément combien elle pourrait réaliser. C’est pour cela qu’il est préférable de se baser sur plusieurs hypothèses : le chiffre d’affaires réalisé par les concurrents, à partir d’un questionnaire, à partir d’une zone de chalandise…

A noter que le chiffre d’affaires est hors taxe en auto-entreprise dans la limite de :

  • 82 800€ pour les activités commerciales ;
  • 33 200€ pour les prestations de services.

Au-delà le chiffre d’affaires est TTC. Il faudra bien faire attention à ce point lors de la réalisation du business plan.

Charges forfaitaires : 

Au niveau comptable et fiscal, les charges sont forfaitaires en auto-entreprise. Ainsi, il est appliqué un pourcentage sur le chiffre d’affaires afin de calculer le résultat (cf paragraphe précédent).

Charges réelles : 

Afin de vous assurer d’avoir choisi la bonne forme juridique, il peut être utile de lister toutes les charges réelles :

  • Achat de matières premières ou de marchandises ;
  • Loyer, eau, électricité et autres charges locatives. En général, l’auto-entrepreneur travaille de chez lui et il est possible de déduire une quote-part des frais (avec une autre forme juridique) ;
  • Rémunération et cotisations sociales ;
  • Frais de déplacement : transport (billets d’avion, de train, taxis, location de voiture, péage, essence, indemnités kilométriques), repas ;
  • Frais de livraison, aussi bien pour faire venir les produits que pour les livrer ;
  • Publicité ;
  • Frais de télécommunication (internet, téléphonie, poste) ;
  • Frais bancaires et éventuellement assurance.

Comme pour la TVA collectée sur le chiffre d’affaires, les limites de TVA sont les mêmes pour les charges. En dessous de 82 800€ pour les activités commerciales et de 33 200€ pour les prestations de services, l’auto-entreprise ne pourra pas déduire de TVA sur ses achats. Au-delà, elle pourra les déduire.

Le plan de financement initial et le tableau de trésorerie prévisionnel

Deux autres documents financiers peuvent être intéressants à réaliser : le plan de financement initial et le tableau de trésorerie prévisionnel.

Le plan de financement initial :

Il va indiquer :

  • Les besoins : investissement, stock de départ, besoin en fonds de roulement ;
  • Les ressources : en auto-entreprise, il s’agit quasi uniquement des apports de l’auto-entrepreneur. En effet, ce statut ne permet pas d’avoir accès au prêt bancaire ou aux différentes aides et subventions octroyées aux sociétés.

Le tableau de trésorerie prévisionnel :

Il fera apparaître mois par mois pour la première année d’activité les encaissements et les décaissements de l’auto-entreprise.

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