Ouvrir un institut de beauté

Ouvrir un institut de beauté est souvent la concrétisation d’un parcours dans l’univers du bien-être. Après des études dans le secteur, ou des années d’expérience, créer son salon de beauté en indépendant marque le début d’une aventure dans l’entrepreneuriat. Toutefois, la décision doit être murement réfléchie : une analyse du marché et du secteur doit être menée à bien, avant d’entamer les formations de création.

Quelles sont les conditions requises pour ouvrir un institut de beauté ?

Il sera nécessaire d’avoir le diplôme ou l’expérience obligatoire. En matière de diplôme, le gérant devra avoir :

  • Un CAP (certificat d’aptitude professionnelle) ;
  • Ou un BEP (brevet d’études professionnelles).

Sinon, pas de panique, il est aussi possible d’ouvrir sans diplôme à condition de pouvoir justifier d’une expérience professionnelle de 3 ans comme gérant ou salarié d’un institut de beauté. Il faut toutefois être en mesure de le prouver en fournissant des documents justificatifs comme des fiches de paie ou des contrats de travail.

A noter que le stage de préparation à l’installation n’est plus obligatoire.

Comment ouvrir un institut de beauté rentable ?

Avant toutes choses, il sera nécessaire de réaliser une étude de marché afin de connaître les attentes et les besoins des client(e)s.

Parallèlement à cette étude, il faudra s’intéresser aux concurrents déjà présents en réalisant une étude de concurrence. L’emplacement devra être choisi avec attention : dans la zone de chalandise la plus large possible (pour attirer un grand nombre de clients) tout en faisant attention aux concurrents déjà présents. S’ils sont en trop gros nombre, et que la demande semble satisfaite, il faudra sans doute revoir l’emplacement.

Il faudra également s’intéresser à ce que les concurrents proposent en termes de prestations et de tarifs.

Une fois ces éléments en tête, il sera nécessaire de se démarquer des instituts déjà présents. Cela passe par :

  • Le choix de l’ambiance et du design ;
  • Les tarifs ;
  • Le concept ;
  • Les prestations proposées.

Il est aussi possible d’ouvrir en franchise. Dans ce cas, le salon bénéficiera de la notoriété d’une marque afin d’attirer des clients. Elle pourra également compter sur l’appui d’un réseau, tant au moment de l’installation qu’au quotidien.

En contrepartie, le franchisé devra s’acquitter d’un droit d’entrée et verser au franchiseur des royalties sur son chiffre d’affaires.

Quelles sont les règles à respecter pour ouvrir un institut de beauté ?

Une fois l’institut créé, de nombreuses règles devront être respectées :

  • L’institut de beauté est un établissement recevant du public. A ce titre, il doit respecter des normes en matière :
    • D’accessibilité aux personnes à mobilité réduite ;
    • De sécurité, notamment en ce qui concerne la prévention et la lutte des risques incendie.
  • Les prix doivent être affichés :
    • A l’extérieur : seuls les tarifs des 10 prestations les plus effectuées doivent être indiqués à l’extérieur ;
    • A l’intérieur : l’ensemble des prix doit être indiqué.
  • Des règles d’hygiène prévoyant la mise à disposition de sanitaires et d’un point d’eau ;
  • Réaliser une déclaration à la SACEM en cas de diffusion de musique ;
  • Se doter d’un logiciel de caisse certifié afin de lutter contre les fraudes fiscales.

De plus, certaines prestations ne peuvent pas être effectuées. C’est le cas :

  • De massages réservés aux masseurs-kinésithérapeutes. On parle dans le cas d’un institut de beauté de modelages. Ils n’ont pas de vocation médicale ou thérapeutique ;
  • Des épilations au laser ou à la lumière pulsée ;
  • De maquillage permanent ou semi-permanent sans formation ;
  • De l’utilisation d’appareils de bronzage, là encore sans formation préalable.

Quelles sont les compétences nécessaires pour créer et gérer un salon d’esthétique ?

Le responsable de l’institut de beauté devra être capable de :

  • Attirer de nouveaux clients et fidéliser les anciens : cela passe par la mise en place d’actions marketing, la réalisation de promotions, la tenue d’un fichier clients, leur satisfaction… ;
  • Gérer le personnel : bien souvent, la gestion de l’institut ne peut pas se faire seul et il faudra recruter des salariés. Au delà de cet aspect recrutement, il faudra également fidéliser les salariés, les motiver et gérer tout l’administratif (planning des salariés, contrat de travail, fiches de paie, déclarations sociales…). De nombreuses règles doivent être respectées avec l’arrivée de salariés, notamment tout ce qui touche à leur santé et leur sécurité ;
  • Gérer le point de vente :
    • Suivre les stocks, les approvisionnements et tout l’aspect logistique ;
    • Négocier les tarifs avec les fournisseurs et choisir les produits qui seront utilisés ;
    • Suivre la marge de l’institut : limiter les dépenses, maximiser les recettes…

Bien entendu, comme pour toutes sociétés, des règles comptables, fiscales et juridiques devront être respectées (tenir une comptabilité, réaliser les déclarations fiscales obligatoires…)

Comment financer l’ouverture de l’institut de beauté?

On ne va pas se mentir, ouvrir un institut de beauté requiert des besoins de financement importantes. Il faudra ainsi prévoir :

  • L’acquisition du local (pas de porte ou droit d’entrée à payer) ;
  • Les travaux d’aménagement ;
  • L’acquisition du matériel ;
  • L’installation des éléments de décoration ;
  • La constitution d’un stock de départ ;
  • Des dépenses de publicité afin de faire venir les premiers clients.

Pour tous ces frais, il faudra avoir les ressources en face. La première ressource à constituer est l’apport du ou des associés, qui peut être en numéraire ou en nature. Cet apport pourra ensuite être complété par un emprunt bancaire. Il faudra dans ce cas présenter un business plan au banquier. C’est sur la base des résultats présentés mais également de la solidité du projet que le banquier motivera sa décision. Le BP contiendra les documents financiers suivants :

  • Compte de résultat prévisionnel : il fera apparaître les produits et les charges ;
  • Bilan prévisionnel permettant de connaître le patrimoine de l’entreprise ;
  • Plan de financement initial, indiquant tous les éléments cités ci-dessus ;
  • Tableau de trésorerie prévisionnelle détaillant mois par mois pendant la première année les encaissements et les décaissements.

Afin de compléter les ressources, pourront s’ajouter des aides extérieures :

  • Subventions à la création d’entreprise ;
  • Prêt d’honneur ;
  • Concours à la création d’entreprise ;
  • Dons lors de campagne de crowdfunding.

Il peut aussi être possible de reprendre un fonds de commerce (c’est-à-dire un ancien institut de beauté) ou de racheter directement la société.

Quelles sont les démarches à accomplir pour ouvrir un institut de beauté ?

L’ouverture d’un institut de beauté nécessite la création d’une structure juridique. Les formalités dépendront de la forme juridique choisie.

Choix de la forme juridique

Compte tenu des investissements de départ et des revenus potentiels, mieux vaut choisir d’ouvrir sous forme de société. En effet, les entreprises ne semblent pas adaptées.

Tout d’abord, en auto-entreprise, le chiffre d’affaires est limité. La forme peut convenir pour une activité de moindre envergure, par exemple pour devenir esthéticienne à domicile. L’entreprise individuelle, autre forme d’entreprise, ne permet pas de distinguer le patrimoine personnel du patrimoine professionnel. Ainsi, en cas de dettes de l’entreprise, les créanciers peuvent se retourner contre le dirigeant de l’entreprise pour se faire rembourser.

Mieux vaut donc créer sous forme de société, comme une EURL/SARL, une SASU/SAS ou un SA. La forme choisie dépendra notamment de la volonté de s’associer ou non et du statut social du dirigeant (assimilé salarié ou travailleur non salarié).

Formalités de création

Les formalités de création sont, à quelques détails près, les mêmes pour toutes les sociétés :

  • Rédiger les statuts, acte constitutif de la société ;
  • Rédiger les documents annexes aux statuts : acte de nomination de la première gérance ou présidence et état des actes accomplis pour le compte de la société en formation ;
  • Choisir un nom de société, et éventuellement un logo ;
  • Ouvrir un compte en banque et y déposer le capital. Le créateur recevra un justificatif de dépôt de capital qu’il devra transmettre au CFE ;
  • Publier un avis de constitution dans un journal d’annonces légales afin d’informer les tiers de la création de la société ;
  • Choisir les options fiscales ainsi qu’une date de clôture ;
  • Compléter l’imprimé M0 ;
  • Choisir le siège social ;
  • Compléter la liste des souscripteurs d’actions pour une SASU/SA ;
  • Compléter le registre des bénéficiaires effectifs ;
  • Remplir le formulaire TNS (travailleur non salarié) le cas échéant ;
  • Remplir une demande d’ACCRE le cas échéant ;
  • Eventuellement prendre une assurance ;
  • Pour le dirigeant, rédiger une attestation de filiation et de non condamnation et fournir une copie de la pièce d’identité.

Il faudra ensuite déposer le dossier de création au centre de formalité des entreprises.

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