Recruter un salarié

DerniĂšre mise Ă  jour le 24 mai 2026

Recruter un salariĂ© soulĂšve de nombreuses questions pour un dirigeant. Quel statut choisir entre intĂ©rim, CDD, CDI ou alternance ? Vaut-il mieux recruter en interne ou passer par un cabinet ? Quelles formalitĂ©s respecter pour ĂȘtre en conformitĂ© ? Et quelles aides financiĂšres mobiliser pour rĂ©duire le coĂ»t de l’embauche ?

Ce guide vous accompagne Ă©tape par Ă©tape, de la dĂ©finition du besoin jusqu’Ă  l’intĂ©gration du salariĂ© dans votre entreprise.

Tableau comparatif CDI, CDD, Intérim et alternance

StatutCas d’usageDurĂ©eCoĂ»t employeurContraintes principales
CDIBesoin durable et rĂ©gulierIndĂ©terminĂ©eCharges sociales complĂštesDifficile Ă  rompre hors pĂ©riode d’essai
CDDSurcroĂźt d’activitĂ©, remplacement18 mois max (renouvellements inclus)Charges + prime de prĂ©caritĂ© (10%)Motif obligatoire, risque de requalification
IntĂ©rimBesoin ponctuel et urgent18 mois maxFacturation agence (majoration ~15-20%)CoĂ»t plus Ă©levĂ©, salariĂ© liĂ© Ă  l’agence
ApprentissageFormation + production1 à 3 ansRéduit (exonérations importantes)Tuteur obligatoire, cadre pédagogique
ProfessionnalisationInsertion ou reconversion6 Ă  12 moisRĂ©duit (aide Ă  l’embauche possible)Organisme de formation obligatoire

Choisir entre intérim, CDD, CDI ou alternance

La premiÚre chose à déterminer lorsque vous souhaitez recruter un salarié est de bien déterminer vos besoins et vos ressources afin de faire le choix entre intérim, CDD ou CDI :

đŸ§”â€â™‚ïž Le CDI (contrat Ă  durĂ©e indĂ©terminĂ©e) est adaptĂ© Ă  un besoin permanent et rĂ©gulier. C’est le contrat le plus protecteur pour le salariĂ©, et donc le plus contraignant Ă  rompre pour l’employeur une fois la pĂ©riode d’essai terminĂ©e.

đŸ‘šđŸ»â€đŸŠČ Le CDD (contrat Ă  durĂ©e dĂ©terminĂ©e) rĂ©pond Ă  un besoin temporaire et prĂ©cisĂ©ment identifiĂ© : remplacement d’un salariĂ© absent, surcroĂźt d’activitĂ© saisonnier, mission ponctuelle. Sa durĂ©e maximale est de 18 mois renouvellements inclus. À l’issue du CDD, le salariĂ© perçoit une prime de prĂ©caritĂ© Ă©gale Ă  10% de la rĂ©munĂ©ration brute totale versĂ©e pendant le contrat.

đŸ‘šđŸŒâ€đŸŒŸ L’intĂ©rim rĂ©pond aux mĂȘmes cas d’usage que le CDD, mais le salariĂ© est juridiquement liĂ© Ă  l’agence de travail temporaire et non Ă  votre entreprise. C’est une solution rapide mais plus coĂ»teuse.

đŸ‘© Le contrat d’apprentissage permet d’accueillir un jeune en formation initiale (CAP, BTS, licence, master
) qui partage son temps entre l’entreprise et un centre de formation (CFA). C’est une formule trĂšs avantageuse financiĂšrement grĂące aux exonĂ©rations de charges et aux aides Ă  l’embauche.

đŸ€”đŸ»â€â™€ïž Le contrat de professionnalisation vise quant Ă  lui l’insertion ou la reconversion professionnelle d’un demandeur d’emploi ou d’un salariĂ©. Il ouvre droit Ă  des exonĂ©rations de charges et, sous conditions, Ă  des aides financiĂšres.

Recruter un salarié en interne ou sous-traiter à un cabinet

Afin de rechercher un salariĂ©, vous avez le choix entre la solution la plus simple mais la plus couteuse : sous-traiter la recherche Ă  un cabinet de recrutement ou rechercher le candidat vous mĂȘme.

Recruter un salarié en interne

Rechercher des candidats

Si vous faites le recrutement vous mĂȘme, la premiĂšre Ă©tape est de rĂ©diger une offre d’emploi claire et attractive, prĂ©cisant :

  • Les caractĂ©ristiques de l’entreprise et de l’Ă©quipe ;
  • Le poste, les missions et les responsabilitĂ©s ;
  • Le profil recherchĂ© (formation, expĂ©rience, compĂ©tences techniques et comportementales) ;
  • Les conditions du poste (lieu, tĂ©lĂ©travail Ă©ventuel, rĂ©munĂ©ration si possible, date de prise de poste).

Les canaux de diffusion en 2026 :

  • France Travail (ex-PĂŽle Emploi) : dĂ©pĂŽt gratuit sur francetravail.fr, large audience, particuliĂšrement efficace pour les profils opĂ©rationnels ;
  • LinkedIn : incontournable pour les profils cadres et les postes techniques ou commerciaux. Permet aussi de sourcer des candidats en approche directe ;
  • Indeed, Welcome to the Jungle, Apec (cadres), Cadremploi : plateformes spĂ©cialisĂ©es selon le type de poste ;
  • Les rĂ©seaux professionnels et la cooptation : demander Ă  vos salariĂ©s ou partenaires de recommander des candidats. Souvent le canal le plus efficace pour les PME ;
  • Les Ă©coles et universitĂ©s : pour les alternants et jeunes diplĂŽmĂ©s, les forums emploi et les relations Ă©coles sont un canal Ă  ne pas nĂ©gliger.

⚠ Attention Ă  la non-discrimination : votre offre d’emploi ne doit comporter aucun critĂšre discriminatoire, mĂȘme implicite. Sont notamment interdits : l’Ăąge, le sexe, l’origine, la situation de famille, l’Ă©tat de santĂ© ou le handicap. Une offre discriminatoire expose l’entreprise Ă  des sanctions pĂ©nales (jusqu’Ă  45 000€ d’amende et 3 ans d’emprisonnement).

Non-discrimination : ce que la loi interdit

Tout au long du processus de recrutement — de la rĂ©daction de l’offre jusqu’au choix final — l’employeur est tenu de respecter le principe de non-discrimination. La loi française liste 25 critĂšres de discrimination interdits, parmi lesquels :

  • L’origine, le nom, l’apparence physique ;
  • Le sexe, la grossesse, la situation de famille ;
  • L’Ăąge, le handicap, l’Ă©tat de santĂ© ;
  • Les opinions politiques ou syndicales, les convictions religieuses ;
  • L’orientation sexuelle, l’identitĂ© de genre ;
  • Le lieu de rĂ©sidence, la particuliĂšre vulnĂ©rabilitĂ© rĂ©sultant de la situation Ă©conomique.

En pratique, cela signifie que les questions posĂ©es en entretien doivent avoir un lien direct et nĂ©cessaire avec le poste. Demander Ă  une candidate si elle est enceinte ou envisage de l’ĂȘtre, par exemple, est illĂ©gal.

En cas de litige, c’est Ă  l’employeur de prouver que sa dĂ©cision repose sur des critĂšres objectifs liĂ©s aux compĂ©tences, et non au candidat de prouver la discrimination. La vigilance s’impose donc dĂšs la rĂ©daction de l’offre.

Sélectionner des CV

Une fois l’offre dĂ©posĂ©e, vous allez recevoir des candidatures de salariĂ©s, composĂ©es gĂ©nĂ©ralement d’un CV ainsi que d’une lettre de motivation.

La sĂ©lection des candidatures se fait sur plusieurs points :

  • L’adĂ©quation entre le profil recherchĂ© et le profil du candidat ;
  • Ses motivations ;
  • Sa capacitĂ© d’expression.

L’idĂ©al est de retenir cinq ou six candidatures pour rencontrer trois ou quatre candidats (il faut compter qu’une ou deux personnes ne sera pas disponible ou aura dĂ©jĂ  trouvĂ© un poste).

👉 Pour en savoir plus, consultez notre article “Ă©valuer un candidat Ă  partir d’un CV et d’une lettre de motivation“.

Faire passer un entretien d’embauche

Une fois les candidatures sĂ©lectionnĂ©es, il faudra ensuite faire passer un entretien d’embauche vous permettant d’en savoir plus le salariĂ©. Il faut en gĂ©nĂ©ral compter au moins deux entretiens :

  • Un premier avec le service ressources humaines
  • Un deuxiĂšme avec le manager
  • Eventuellement un troisiĂšme avec le N+2.

Pour les plus petites entreprises et/ou les postes demandant moins de qualifications, deux recrutements peuvent suffire : un premier pour Ă©valuer le profil et la motivation, un second pour valider l’adĂ©quation avec l’Ă©quipe et les conditions du poste.

Au cours de cet entretien seront abordĂ©s le profil du candidat ainsi que ses compĂ©tences. Elles doivent correspondre Ă  celles attendues pour le poste en question. Il existe tout un tas de questions possibles et inimaginables pour cerner le candidat. La meilleure chose Ă  faire est de laisser l’entretien se dĂ©rouler de façon naturelle, comme pour une vĂ©ritable conversation.

Si vous sĂ©chez sur les questions, vous pourrez alors vous tourner vers toute la panoplie de questions habituelles en entretien d’embauche “parlez moi de vous”, “comment vous voyez-vous dans 10 ans?”, “quels sont vos plus gros dĂ©fauts?”…

Quelques bonnes pratiques :
  • PrĂ©parez un guide d’entretien avec les questions clĂ©s liĂ©es au poste, pour Ă©valuer tous les candidats sur les mĂȘmes critĂšres objectifs ;
  • PrivilĂ©giez les questions comportementales (“Racontez-moi une situation oĂč
”) plutĂŽt que les questions hypothĂ©tiques (“Que feriez-vous si
”) — elles donnent des rĂ©ponses plus fiables ;
  • Laissez le candidat s’exprimer : l’entretien doit ĂȘtre un Ă©change, pas un interrogatoire ;
  • Prenez des notes pendant l’entretien pour pouvoir comparer les candidats a posteriori ;
  • Évitez les questions discriminatoires (voir section ci-dessus) : restez sur les compĂ©tences, l’expĂ©rience et la motivation.

Des outils complĂ©mentaires peuvent ĂȘtre utilisĂ©s : tests de compĂ©tences, mise en situation, cas pratiques. Ils doivent rester en lien direct avec les exigences du poste.

Choisir un salarié

L’étape finale est le choix du salariĂ©. Le salariĂ© retenu devra ĂȘtre sĂ©lectionnĂ© sur des critĂšres objectifs : la formation, l’expĂ©rience mais aussi sur des critĂšres plus subjectifs comme ses motivations et sa capacitĂ© Ă  s’intĂ©grer Ă  l’entreprise. Il est recommandĂ© d’inclure une pĂ©riode d’essai dans le contrat de travail afin qu’en cas de mauvais recrutement vous puissiez mettre aisĂ©ment fin au contrat de travail.

Sous-traiter le recrutement

Si l’entreprise manque de temps ou de resources en interne, ou que le recrutement porte sur un poste de travail bien spĂ©cifique et que les candidats se font rares, il peut ĂȘtre intĂ©ressant de passer par un cabinet de recrutement.

Celui-ci se chargera alors de trouver les candidats Ă  la place de l’entreprise. Il procĂ©dera au tri des CV et Ă  un premier entretien avec le candidat.

Les formalités pour recruter un salarié

Plusieurs formalitĂ©s sont obligatoires lors de l’embauche d’un salariĂ© :

  • La dĂ©claration prĂ©alable Ă  l’embauche (DPAE) : Ă  rĂ©aliser en ligne sur net-entreprises.fr dans les 8 jours prĂ©cĂ©dant la prise de poste. Elle informe l’URSSAF, l’assurance maladie et France Travail de l’arrivĂ©e du nouveau salariĂ© ;
  • La rĂ©daction et la signature du contrat de travail : obligatoire pour les CDD (avec mention du motif de recours), fortement conseillĂ©e pour les CDI ;
  • L’inscription auprĂšs de la caisse de retraite complĂ©mentaire Agirc-Arrco ;
  • La visite d’information et de prĂ©vention (VIP) : depuis 2017, elle remplace la visite mĂ©dicale d’embauche systĂ©matique. Elle doit ĂȘtre organisĂ©e dans les 3 mois suivant la prise de poste (avant la prise de poste pour les postes Ă  risque, qui font l’objet d’un examen mĂ©dical d’aptitude) ;
  • L’inscription sur le registre unique du personnel ;
  • La remise du rĂšglement intĂ©rieur si l’entreprise en dispose ;
  • La formation aux rĂšgles de sĂ©curité propres au poste ;
  • La vĂ©rification de l’autorisation de travail pour les salariĂ©s de nationalitĂ© Ă©trangĂšre hors UE.

S’il s’agit de votre premier salariĂ©, des formalitĂ©s supplĂ©mentaires s’imposent :

L’onboarding : une Ă©tape clĂ© souvent nĂ©gligĂ©e

Recruter un bon candidat ne suffit pas : encore faut-il bien l’intĂ©grer. Un onboarding ratĂ© est l’une des premiĂšres causes de dĂ©part prĂ©coce, et donc de coĂ»t de recrutement perdu.

Un onboarding réussi passe par :

  • La prĂ©paration avant l’arrivĂ©e : poste de travail configurĂ©, badge, accĂšs aux outils, prĂ©sentation prĂ©vue avec l’Ă©quipe — le salariĂ© doit sentir qu’il Ă©tait attendu ;
  • L’accueil le premier jour : tour des locaux, prĂ©sentation des collĂšgues, remise des documents obligatoires (contrat, rĂšglement intĂ©rieur, convention collective
) ;
  • La dĂ©signation d’un rĂ©fĂ©rent ou tuteur qui accompagne le nouveau salariĂ© dans ses premiĂšres semaines ;
  • Un parcours d’intĂ©gration structuré sur les premiĂšres semaines : formation aux outils, aux process, Ă  la culture de l’entreprise ;
  • Des points rĂ©guliers pendant la pĂ©riode d’essai pour s’assurer que le salariĂ© est bien intĂ©grĂ© et que ses attentes sont satisfaites.

Un bon onboarding rĂ©duit le turnover, accĂ©lĂšre la montĂ©e en compĂ©tences et renforce l’engagement du salariĂ© dĂšs le dĂ©part.

Le coût et les aides

Recruter un salarié représente un coût global qui va bien au-delà du salaire brut. Il faut intégrer :

  • Le temps passé à la recherche, Ă  la sĂ©lection et aux entretiens ;
  • Les frais de diffusion des annonces (gratuit sur France Travail, payant sur les plateformes privĂ©es) ;
  • La commission d’un cabinet de recrutement le cas Ă©chĂ©ant (gĂ©nĂ©ralement 15 Ă  25% du salaire brut annuel) ;
  • Le coĂ»t d’intĂ©gration et de formation initiale du salariĂ©.

Les principales aides Ă  l’embauche en 2026 :

  • Aide Ă  l’embauche d’un apprenti : les entreprises de moins de 250 salariĂ©s bĂ©nĂ©ficient d’une aide de 6 000€ la premiĂšre annĂ©e du contrat d’apprentissage. C’est aujourd’hui l’une des aides les plus significatives pour les PME ;
  • Aide au contrat de professionnalisation : aide variable selon le profil du salariĂ© (demandeur d’emploi de longue durĂ©e, senior, personne handicapĂ©e
) ;
  • RĂ©duction gĂ©nĂ©rale des cotisations patronales (ex-rĂ©duction Fillon) : applicable sur tous les salaires infĂ©rieurs à 1,6 fois le SMIC, elle rĂ©duit significativement le coĂ»t des bas salaires ;
  • ExonĂ©rations en QPV (quartiers prioritaires de la ville) : les entreprises implantĂ©es dans ces zones bĂ©nĂ©ficient d’exonĂ©rations de charges patronales et d’impĂŽt sur les sociĂ©tĂ©s sous conditions ;
  • Aides Ă  l’embauche de travailleurs handicapĂ©s : l’Agefiph propose des aides financiĂšres Ă  l’employeur ainsi qu’un accompagnement pour l’adaptation du poste de travail ;
  • Contrat unique d’insertion (CUI) : aide financiĂšre Ă  l’embauche de personnes Ă©loignĂ©es de l’emploi, sous forme de prise en charge partielle du salaire.

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