Les sources de financement pour la création d’une entreprise

Vous êtes en cours de création d’une entreprise et vous cherchez des moyens pour réaliser vos investissements et lancer votre société ? Voici un tour d’horizon des sources de financement pour la création d’entreprise. La première source est bien entendu l’apport personnel. Mais il ne se limite pas qu’à l’argent que les associés mettront dans le capital. On y trouve aussi les prêts d’honneurs, les concours à la création d’entreprise, les subventions…Il est aussi possible d’accroître le nombre d’associés pour augmenter le capital. Viennent ensuite les financements extérieurs comme les prêts à la création d’entreprise.

L’apport personnel, le premier financement pour la création d’ entreprise

L’apport personnel est la première source de financement à laquelle on pense quand on veut créer une entreprise. Et malgré ce que l’on peut penser, il ne se résume pas uniquement à l’argent dont le créateur dispose sur son compte en banque et qu’il est prêt à investir dans l’entreprise. L’apport personnel comprend aussi des aides, prêts et subventions directement octroyés au créateur et non à l’entreprise.

L’apport en numéraire

L’apport en numéraire est constitué de l’apport en argent (virement ou chèque) déposé sur le compte en banque. Ces apports  concourent à la formation du capital social. Ils donnent donc droit à des parts sociales. Les associés obtiennent ainsi des droits de vote et des dividendes s’il est décidé d’en octroyer.

Pour la majorité des sociétés, il n’y a pas de capital minimum requis. Seules les SA (société anonyme)  demandent un capital minimum de 37 000€. Seules les sociétés ont un capital. Les entreprises (entreprises individuelles, auto-entreprises…) n’en n’ont pas.

Deux options sont possibles afin d’accroître les apports de l’entreprise sans pour autant verser de la part des associés un montant trop important sur le compte en banque :

  • Libérer une partie du capital à la création et le reste dans les 5 ans qui suivent la création. Dans les EURL et SARL par exemple, il faudra libérer au moins 20% du capital lors de la création. Dans les SA, il faudra libérer la moitié à la création.
  • Opter pour une société à capital variable. Dans ce cas, le capital pourra librement varier dans les limites du montant plafond et du montant plancher.

L’apport en nature

Il s’agit des biens matériels et immatériels apportés à l’entreprise :

  • Biens immatériels : fonds de commerce, pas de porte, droit au bail, logiciel…
  • Biens matériels : terrain, construction, mobilier, matériel, véhicule…

L’apport en nature concourt également à la formation du capital. Les associés reçoivent des parts sociales en échange de leur apport. Les apports en nature doivent toutefois être évalués par un commissaire aux apports si :

  • L’ensemble des apports en nature représente plus de la moitié du capital social ;
  • Un des apports a une valeur supérieur à 30 000€.

Ces conditions ne s’appliquent pas pour les SA. Les apports en nature doivent systématiquement être évalués par un commissaire aux apports.

L’apport en industrie

L’apport en industrie consiste en un apport de connaissances et de compétences d’un associé. Ce type d’apport ne concourt toutefois pas à la formation du capital mais procure des dividendes et des droits de vote.

L’apport en compte courant

L’apport en compte courant est les sommes d’argent que les associés « prêtent » à l’entreprise. Ils s’agit souvent d’avances faites par les associés au moment de la création de la société. Les associés peuvent ensuite se faire rembourser les sommes par l’entreprise.

Ainsi, l’apport en compte courant ne fait pas partie du capital social. Les sommes avancées par les associés sont inscrites dans un compte de tiers dans le bilan.

Le prêt personnel

Il s’agit d’un prêt qui est accordé directement au chef d’entreprise et non à l’entreprise. Il n’est toutefois pas conseillé de souscrire un prêt personnel quand on créer une société. En effet, on ne sait pas à l’avance si la société va marcher et si les bénéfices seront au rendez-vous. De ce fait, la rémunération du dirigeant n’est pas certaine et il serait risqué de s’engager à rembourser un prêt alors qu’on ne sait pas quels seront les revenus futurs.

Le prêt d’honneur

Le prêt d’honneur est un prêt attribué après rédaction d’un dossier et présentation devant un jury. Il est accordé à l’entrepreneur et non à l’entreprise. L’avantage de ce type de prêt est qu’ils sont souvent à taux zéro. Le créateur n’a donc pas d’intérêts à rembourser.

Le prêt Nacre

Il s’agit d’un prêt à taux zéro accordé aux créateurs d’entreprise sous certaines conditions, notamment quant à la situation du chef d’entreprise.

Le crowfunding entrepreneurial

Le crowdfunding entrepreneurial consiste à présenter son projet sur une plateforme de financement participatif afin de faire appel à la générosité d’inconnus. En français, on parle de financement par la foule ou de financement participatif. Les personnes qui investissent dans l’entreprise n’attendent pas la recherche d’un profit mais croient aux valeurs véhiculées par la société. D’ailleurs, il s’agit de donateurs et non d’investisseurs. Ils peuvent en échange recevoir une rétribution mais ce n’est pas systématique. Les montants donnés viendront augmenter les fonds propres.

Il existe d’autres systèmes comme le crowdlending et le crowdequity. Dans le premier cas, il s’agit de prêts, qui devront être remboursés. Dans le second, il s’agit d’investissements dans l’entreprise. L’investisseur va recevoir des parts sociales en échange de sa donation.

L’épargne du créateur et des associés

Outre les livrets d’épargne classiques, la création d’entreprise est un motif de déblocage anticipé de certains livrets.

Le livret épargne entreprise (LEE)

Le livret épargne entreprise est un livret sur lequel le futur créateur verse une partie de son épargne tous les mois dans le but de se constituer un apport au moment de la création. La phase d’épargne dure de 2 à 5 ans. Le dépôt maximal est de 45 800€. Le montant et la durée du prêt varient en fonction des sommes épargnées et des intérêts acquis. Attention toutefois, si la banque estime le projet trop risqué, elle est en droit de ne pas octroyer de prêt ou de demander des garanties. Le livret épargne entreprise est toutefois assez peu commercialisé par les banques.

Le plan d’épargne en actions (PEA)

Le PEA doit normalement être gardé plus de 5 ans. Toutefois, si les sommes sont affectées dans les trois mois à la création d’une société, il est possible de les retirer sans perdre les avantages fiscaux.

Le plan d’épargne entreprise (PEE)

Le plan d’épargne entreprise est un plan d’épargne sur lequel le salarié peut verser des primes d’intéressement et de participation. L’employeur peut également abonder sur ces versements. Les sommes doivent être placées pendant 5 ans. Toutefois, il est possible de débloquer de manière anticipée l’épargne en cas de création ou de reprise d’une société.

Si malgré tout vos sources de financement pour la création d’entreprise restent faibles…

Malgré toutes ces solutions, il est possible d’avoir très peu d’apports voire pas du tout. Sachez qu’ouvrir une entreprise sans apport n’est pas impossible!

Bien entendu, cela dépendra de la forme juridique choisie et de la nature d’activité. Ainsi, créer une auto-entreprise dans le secteur du conseil ne coûte rien. Les formalités de création sont gratuites et la nature d’activité ne demande pas d’investissement au démarrage. A l’inverse, créer un commerce en SARL demandera à la fois le paiement des formalités juridiques de création et des investissements importants (travaux d’aménagement d’un local, constitution du stock de départ…)

Trouver de nouveaux associés pour augmenter l’apport dans l’entreprise et le financement pour la création d’entreprise

Afin d’augmenter vos fonds propres vous pouvez vous associer. Votre ou vos associés réaliseront alors des apports dans la société.

Le plus simple est de demander à ses proches d’investir dans la société, c’est ce qu’on appelle la Love Money. Elle permet aux investisseurs dans les PME de bénéficier d’une réduction d’impôt si certaines conditions sont respectées. C’est ce qu’on appelle la réduction d’impôt pour souscription au capital de PME.

Pour trouver d’autres investisseurs, il existe des plateformes de mise en relation entre les porteurs de projet et les investisseurs. C’est le cas de la plateforme de BPI France.

Il est ensuite possible de demander à d’autres investisseur un coup de main et de se tourner vers des Business Angels. Il s’agit d’investisseurs qui entreront dans le capital de l’entreprise, souvent avec des montants importants. Ainsi, ils investissent en moyenne 100 000€ et certains investissements peuvent même atteindre 500 000€. La durée d’investissement varie entre 3 et 5 ans. Seuls les projets à fort potentiel peuvent toutefois prétendre à ce type d’investissement.

Autre investisseur potentiel : les sociétés de capital risque. De la même façon que pour les business angels, les sociétés de capital-risque s’adressent avant tout aux projets innovants à fort potentiel. Les montants investis sont toutefois beaucoup plus élevés qu’avec les business angels puisqu’ils sont de l’ordre du million d’euro.

L’avantage de tous ces financements, qui vont venir augmenter les fonds propres, est qu’il vont agir en effet de levier. Cela signifie qu’ils vont permettre d’augmenter les sources de financements externes, comme le prêt bancaire. En effet, le banquier aura beaucoup plus de facilités à accorder un prêt à une société ayant déjà des apports conséquents qu’à une société qui n’en a pas. Et plus le montant des fonds propres sera important, plus le montant emprunté le sera également.

Faire appel à des sources extérieurs de financement pour la création d’entreprise

Parmi les autres sources de financement possibles quand on crée son entreprise, on peut se tourner vers des financements externes.

Le prêt bancaire

Le prêt bancaire est une somme d’argent que l’entreprise va recevoir de la banque. Elle devra ensuite lui rembourser, avec des intérêts, en tenant compte de l’échéancier mis en place. Le choix de la banque est donc primordial. Il faut non seulement trouver une banque qui accepte d’accorder un prêt mais aussi qui le fasse avec des taux d’intérêts satisfaisants. En plus de ça, il faudra vérifier les frais bancaires classiques et s’assurer qu’ils soient corrects.

L’octroi du prêt se fait en présentant le business plan. Sans ce document, la demande de prêt ne sera pas prise en compte. En plus de tous les documents financiers, le banquier va s’intéresser au porteur de projet et à ses compétences pour mener à bien le projet.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à lire notre article sur les éléments clés pour obtenir un prêt bancaire.

Le crédit-bail, une alternative au prêt bancaire

Le crédit-bail consiste pour une entreprise à louer un bien au lieu de l’acheter. C’est la banque, l’organisme de crédit ou de crédit-bail qui s’occupe d’acheter l’immobilisation auprès du fournisseur. Elle en est donc le propriétaire. Elle loue ensuite le bien à l’entreprise qui l’utilise et paye l’organisme bancaire ou de crédit tous les mois.

Cela permet à l’entreprise de diminuer son endettement, puisque la location passe directement en charge. Elle n’a pas à financer non plus une partie de l’achat (la banque ne finance jamais à 100% l’acquisition d’une immobilisation, mais plutôt à 70%), ni l’avance de TVA.

Pour en savoir plus, consultez notre article investissement via prêt bancaire ou crédit-bail?

Les aides à la création d’entreprise

Nous avons déjà abordé les prêts d’honneurs qui font partie des fonds propres. Il existe un tas d’autres aides qui permettent d’accroître le financement :

Enfin, même s’il ne s’agit pas d’un financement à proprement parlé, il ne faut pas oublier de mentionner les garanties bancaires. Elles sont octroyées par des organismes, comme le FGIF (fonds de garantie à l’initiative des femmes) et permettent de garantir les remboursements d’un prêt.

Le plan d’actions pour optimiser les sources de financement pour la création d’entreprise

Plutôt que de se lancer dans tous les sens pour trouver des sources de financement pour la création d’entreprise, mieux vaut établir un plan d’actions.

1. La première chose est d’augmenter les financements propres. Pourquoi? ils permettront de rassurer les investisseurs et d’accroître la solidité financière de l’entreprise. On l’a vu également ils permettront d’agir en effet de levier. Plus les fonds propres seront importants, plus le montant du prêt bancaire le sera également.

2. Il faut ensuite réaliser un business plan et en particulier un plan de financement initial. Il permettra de cibler avec précision ce qui doit être financé. Sans explication, les investisseurs ne prêteront jamais d’argent à l’entreprise. Ils ont besoin de savoir pourquoi ils prêtent. Les banquiers le font ainsi souvent pour financer des investissements. Pour financer le besoin en fonds de roulement (BFR) (financement du stock de départ et décalage entre les premiers achats et les premières ventes), il faudra mieux se tourner vers un autre investisseur comme BPI France.

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