Comment éviter la faillite d’une entreprise ?

On a tendance à dire que beau nombre d’entreprises font faillite avant la troisième année d’existence. Les causes sont nombreuses mais trois reviennent souvent : un projet pas assez bien ficelé, une mauvaise de gestion de la trésorerie et des charges trop importantes. Heureusement, il existe des moyens pour éviter la faillite d’une entreprise, pour peu que l’on s’y prenne à temps.

Eviter la faillite d’une entreprise en travaillant le projet en amont

Eviter la faillite d’une entreprise passe par le travail du projet en amont. On a souvent tendance à dire qu’il faut réaliser un business plan uniquement en cas de recours à un prêt bancaire. C’est une erreur! Le BP va aussi permettre au créateur d’avoir une ligne directrice et de savoir où il s’aventure.

Aussi est il nécessaire de réaliser un business plan complet faisant apparaître notamment :

  • Une étude de marché : étude préalable au lancement de l’activité, il va permettre de valider le projet. Première réponse qu’il doit donner : existe t-il une demande non satisfaite pour le produit ou le service ou, en d’autres termes, le produit/service va t-il se vendre? Si oui, l’étude devra permettre de savoir comment il va se vendre, où, à quel prix, et à qui?
  • Une étude de concurrence : cette seconde étude va s’intéresser aux acteurs déjà présents, c’est-à-dire les concurrents. Il en existe deux types :
    • Les concurrents directs c’est-à-dire qui proposent le même service ou produit ;
    • Les concurrents indirects, c’est-à-dire qui proposent des produits similaires, comme des produits de substitution.
  • Une analyse stratégique, qui pourra reposer sur la réalisation de plusieurs outils d’analyse comme une matrice BCG, un SWOT, une matrice Pestel…
  • Les documents financiers :
    • Un compte de résultat prévisionnel qui fera apparaître les charges et les produits constitutifs du résultat de l’entreprise. S’il n’est pas rare de voir un résultat déficitaire la première année, il devra s’améliorer au fil du temps et devenir excédentaire lors de la deuxième ou troisième année ;
    • Un bilan prévisionnel permettant de voir à chaque date de clôture, pendant les 3 premières années, le patrimoine de l’entreprise ;
    • Un plan de financement initial faisant apparaître les besoins de financement (immobilisation, stock de départ) et les ressources (apports, prêt bancaire…)
    • Un tableau de trésorerie prévisionnel indiquant mois par mois les encaissements et les décaissements. Ce tableau devra être remis à jour fréquemment au cours de la première année afin de prendre en compte les chiffres réels. Il s’agira alors tout simplement de réaliser des prévisions de trésorerie. S’il s’avère que l’entreprise passe dans le rouge certains mois de l’année il faudra anticiper la situation en trouvant des moyens de financement à court terme ou en décalant des sorties d’argent.

Eviter la faillite d’une entreprise en gérant la trésorerie

La faillite est souvent due au manque de maîtrise de la trésorerie, c’est-à-dire au manque de maîtrise du crédit client, du crédit fournisseur et des stocks, chacun ayant un impact direct sur le BFR (besoin en fonds de roulement) de l’entreprise.

Afin de maîtriser au mieux la trésorerie, il est donc important de :

  • Suivre le crédit client : les clients doivent payer le plus rapidement possible. Cela passe par :
    • Une négociation avec les clients afin d’avoir un délai de paiement court (en cas de clients professionnels, les particuliers payant généralement au comptant) ;
    • Suivre les paiements à l’aide d’une balance âgée qui indiquera en un coup d’œil les factures échues et celles à échoir ;
    • Avoir recours à des crédits de mobilisation de créances (escompte, Dailly, affacturage) ;
    • Mettre en place une procédure de recouvrement des impayés en cas de retard de paiement ;
    • Sous-traiter le suivi des paiements et des recouvrements à des experts comme des sociétés d’affacturage ou des sociétés de recouvrement ;
  • Régler les fournisseurs à la bonne date et pouvoir éventuellement négocier avec eux des conditions de règlements avec des délais de paiement égaux voire plus long que les délais accordés aux clients ;
  • Maîtriser au mieux ses stocks afin d’en avoir suffisamment pour ne pas se retrouver en situation de retard de règlement mais pas excessivement afin d’éviter d’immobiliser une partie de sa trésorerie.
  • Négocier avec sa banque des crédits de trésorerie : découvert bancaire, facilité de caisse, crédit campagne…;

De plus, la faillite étant souvent causée par un manque de trésorerie, il important que l’entreprise anticipe ses décaissements. En effet, elle peut avoir d’importantes sorties d’argent au moment de payer les charges sociales et fiscales. Ainsi, en fonction du régime choisi, les charges sociales à payer à la Sécurité Sociale ainsi que la TVA à décaisser interviennent fréquemment au même moment de l’année (généralement vers la fin de l’année civile) obligeant les gérants à avoir suffisamment de ressources de coté.

Troisième et dernier levier : maîtriser les charges

Quand on analyse la composition du résultat, on dissocie généralement les charges fixes et les charges variables. L’entreprise, en cas de baisse d’activité, peut ajuster ses charges variables mais ne peut pas faire de même avec ses charges fixes. En effet, les charges variables sont les charges qui varient proportionnellement à l’activité comme par exemple les achats de matières premières.

Les charges fixes quant à elles ne varient pas, comme le loyer. L’entreprise doit donc trouver le bon équilibre entre charges variables, qui permettent de s’adapter au marché et charges fixes qui coûtent en général plus chères que les charges variables. C’est par exemple le cas pour le travail en intérim. A poste égal, il coûte plus cher que le travail en CDI mais il est la première variable d’ajustement en cas de baisse d’activité.

Il existe de nombreux moyens de réduire les coûts d’une entreprise :

  • Réduire les frais généraux : centraliser les achats, limiter les déplacements, réduire le nombre de fournisseurs ;
  • Optimiser ses achats : créer une liste de vendeurs préférentiels, réaliser régulièrement des appels d’offres, négocier avec les fournisseurs ;
  • Diminuer la masse salariale…
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