Devenir chauffeur de taxi en indépendant

DerniĂšre mise Ă  jour le 20 juin 2026

Devenir chauffeur de taxi est un mĂ©tier rĂ©glementĂ©. Il faut ainsi respecter de nombreuses conditions afin d’exercer la profession : conditions d’honorabilitĂ©, obtention de la capacitĂ© professionnelle, rachat d’une licence
 Il faudra Ă©galement crĂ©er une structure juridique comme pour n’importe quelle sociĂ©tĂ©.

Les conditions à respecter pour devenir chauffeur de taxi en indépendant

AfAfin de devenir chauffeur de taxi, le chauffeur doit :

  • Respecter des conditions d’honorabilitĂ©, c’est-Ă -dire ne pas avoir Ă©tĂ© condamnĂ© pour un dĂ©lit comme le vol, l’escroquerie, la conduite sans permis ou d’autres dĂ©lits entraĂźnant un retrait de 6 points (ivresse au volant, excĂšs de vitesse de plus de 50 km/h)
 Le bulletin n° 2 du casier judiciaire doit ĂȘtre vierge ;
  • Être titulaire du permis B depuis au moins 3 ans (ou 2 ans en cas de conduite accompagnĂ©e) ;
  • Avoir Ă©té dĂ©clarĂ© apte par un mĂ©decin agréé (contrĂŽle mĂ©dical obligatoire) ;
  • Avoir obtenu une attestation PSC1 (prĂ©vention et secours civiques de niveau 1) de moins de 2 ans.

À noter que l’exercice d’une activitĂ© de chauffeur de taxi n’est pas compatible avec celle de chauffeur VTC. Les deux activitĂ©s se diffĂ©rencient en ce que le chauffeur VTC doit prendre des clients ayant dĂ©jà effectuĂ© une rĂ©servation. Il ne peut pas prendre un client dans la rue ni attendre de potentiels clients Ă  proximitĂ© des aĂ©roports ou des gares.

L’obtention de la capacitĂ© professionnelle

Afin de devenir chauffeur de taxi en indĂ©pendant, il est nĂ©cessaire d’obtenir le certificat de capacitĂ© professionnelle de conducteur de taxi (CCPCT). Ce diplĂŽme s’obtient aprĂšs le passage d’un examen organisĂ© par la Chambre des mĂ©tiers et de l’artisanat (CMA), et non plus par la prĂ©fecture depuis 2017.

L’examen comprend plusieurs Ă©preuves :

  • RĂ©glementation du transport public particulier de personnes ;
  • Gestion et comptabilitĂ© ;
  • SĂ©curitĂ© routiĂšre ;
  • Conduite et comportement ;
  • Connaissance du territoire et de la rĂ©glementation locale ;
  • Langue française ;
  • Langue anglaise.

L’examen est composĂ© d’une phase d’admissibilitĂ© (Ă©preuves thĂ©oriques) et d’une phase d’admission (Ă©preuve pratique). En cas de succĂšs, une carte professionnelle est dĂ©livrĂ©e par la prĂ©fecture, prĂ©cisant le ou les dĂ©partements dans le(s)quel(s) le titulaire peut exercer.

Il est recommandĂ© de suivre une formation prĂ©paratoire (gĂ©nĂ©ralement entre 150 et 250 heures selon les centres). Cette formation peut ĂȘtre prise en charge par France Travail pour les demandeurs d’emploi ou dans le cadre du CPF (compte personnel de formation).

À noter qu’il est ensuite nĂ©cessaire de rĂ©aliser un stage de formation continue tous les 5 ans.

Le rachat de la licence

AAfin d’exercer le mĂ©tier de chauffeur de taxi en indĂ©pendant, si toutes les conditions prĂ©cĂ©dentes sont remplies, il faut obtenir une licence, appelĂ©e officiellement « autorisation de stationnement » ou ADS. Il est possible de :

  • L’obtenir gratuitement auprĂšs de la mairie (ou du prĂ©fet de police pour Paris) en s’inscrivant sur une liste d’attente et en renouvelant sa demande chaque annĂ©e. L’attente peut ĂȘtre trĂšs longue ;
  • Racheter une ADS dĂ©livrĂ©e avant le 1er octobre 2014 auprĂšs d’un titulaire qui cesse son activitĂ©. Le coĂ»t est toutefois trĂšs Ă©levĂ© (entre 100 000 € et 200 000 € selon les zones). Dans les faits, il s’agit souvent de chauffeurs partant Ă  la retraite.

Être propriĂ©taire de l’ADS permet de devenir artisan et de conduire son propre vĂ©hicule. Il est Ă©galement possible de louer l’ADS mais dans ce cas les gains mensuels sont plus faibles car il faut payer la location.

La création de la structure juridique, derniÚre étape avant de devenir chauffeur de taxi

Comme pour toutes les activitĂ©s rĂ©alisĂ©es en indĂ©pendant, il est nĂ©cessaire de crĂ©er sa structure juridique (entreprise individuelle, EURL/SARL, SAS/SASU
).

À noter : le statut d’EIRL n’existe plus depuis le 15 mai 2022 (loi du 14 fĂ©vrier 2022). Il a Ă©tĂ© remplacĂ© par le nouveau statut unique d’entrepreneur individuel, qui bĂ©nĂ©ficie automatiquement d’une sĂ©paration entre patrimoine personnel et professionnel.

Le choix de la forme juridique

Le choix dĂ©pend notamment de la protection souhaitĂ©e et de la dimension de la sociĂ©tĂ© (volontĂ© de s’associer ou non
).

Ainsi, en entreprise individuelle, le dirigeant exerce seul, sans capital minimum. Depuis la rĂ©forme de 2022, son patrimoine personnel est automatiquement protĂ©gĂ© des dettes professionnelles.

Si le crĂ©ateur opte pour une sociĂ©tĂ©, il aura le choix entre SNC, EURL/SARL et SAS/SASU. Il est possible d’opter pour une SA mais l’inconvĂ©nient majeur est le capital minimum requis (37 000 €). En SNC, les associĂ©s sont responsables indĂ©finiment et solidairement des dettes de l’entreprise. Ce n’est pas le cas en EURL/SARL et en SAS ou SASU. C’est pourquoi il s’agit des formes les plus souvent utilisĂ©es.

Les formalités de création

Les formalitĂ©s de crĂ©ation sont Ă  peu de choses prĂšs les mĂȘmes pour une SARL/EURL et pour une SAS/SASU. Elles se font dĂ©sormais entiĂšrement en ligne sur le guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), qui remplace les CFE depuis le 1er janvier 2023 :

  1. Rédiger des statuts, acte constitutif de la société définissant les rÚgles de la société ;
  2. Publier un avis de constitution dans un JAL (journal d’annonces lĂ©gales) ;
  3. Ouvrir un compte en banque et y déposer le capital ;
  4. Choisir un nom de société ;
  5. Choisir le rĂ©gime de TVA et le rĂ©gime d’imposition ;
  6. Rédiger un acte de nomination de la premiÚre gérance (ou présidence) ;
  7. Rédiger un acte de non-condamnation et de filiation ;
  8. Remplir la liste des souscripteurs d’actions dans le cas d’une SAS ou d’une SASU ;
  9. Remplir le registre des bénéficiaires effectifs ;
  10. Éventuellement Ă©tablir un Ă©tat des actes accomplis pour le compte de la sociĂ©tĂ© en formation ;
  11. Souscrire une assurance (notamment RC professionnelle pour le véhicule professionnel) ;
  12. DĂ©poser le dossier sur le guichet unique de l’INPI.

âžĄïž Cet article pourrait vous intĂ©resser : Chauffeur VTC, taxi ou transport lĂ©ger de voyageurs

Tableau synthÚse : les conditions pour devenir chauffeur de taxi indépendant

ConditionDétail
Permis BDepuis au moins 3 ans (ou 2 ans avec conduite accompagnée)
Casier judiciaireBulletin n° 2 vierge
ContrĂŽle mĂ©dicalAvis favorable d’un mĂ©decin agréé
PSC1Attestation de moins de 2 ans
CCPCTExamen organisé par la CMA
ADS (licence)À obtenir en mairie ou par rachat (100 000 – 200 000 €)
Formation continueStage obligatoire tous les 5 ans

Check-list devenir chauffeur de taxi indépendant

☐ VĂ©rifier les conditions d’honorabilitĂ© (casier judiciaire)

☐ Être titulaire du permis B depuis au moins 3 ans

☐ Passer le contrĂŽle mĂ©dical auprĂšs d’un mĂ©decin agréé

☐ Obtenir l’attestation PSC1 (moins de 2 ans)

☐ S’inscrire Ă  l’examen CCPCT auprĂšs de la CMA

☐ Suivre une formation préparatoire (financement CPF ou France Travail possible)

☐ Obtenir ou racheter une ADS (autorisation de stationnement)

☐ Choisir la forme juridique

☐ Créer la structure via le guichet unique INPI

☐ Souscrire une assurance RC professionnelle pour le véhicule

FAQ — Devenir chauffeur de taxi indĂ©pendant

Qui organise l’examen pour devenir chauffeur de taxi ? Depuis 2017, l’examen CCPCT est organisĂ© par les Chambres des mĂ©tiers et de l’artisanat (CMA) et non plus par les prĂ©fectures. À la rĂ©ussite, la carte professionnelle est dĂ©livrĂ©e par la prĂ©fecture.

Combien coĂ»te l’examen de chauffeur de taxi ? Les frais d’inscription varient lĂ©gĂšrement selon les annĂ©es. À titre indicatif, ils s’Ă©levaient Ă  237 € pour les Ă©preuves complĂštes en 2025 (233 € en 2024).

Peut-on ĂȘtre Ă  la fois chauffeur de taxi et chauffeur VTC ? Non. Les deux activitĂ©s sont incompatibles. Le chauffeur VTC ne peut prendre que des clients ayant effectuĂ© une rĂ©servation prĂ©alable, contrairement au taxi qui peut charger des clients Ă  la rue ou sur des stations dĂ©diĂ©es.

Faut-il racheter une licence pour devenir chauffeur de taxi ? Il est possible soit d’attendre une ADS gratuite dĂ©livrĂ©e par la mairie (liste d’attente pouvant ĂȘtre trĂšs longue), soit de racheter une ADS dĂ©livrĂ©e avant le 1er octobre 2014 auprĂšs d’un chauffeur cessant son activitĂ©, pour un coĂ»t gĂ©nĂ©ralement compris entre 100 000 € et 200 000 €.

La formation prĂ©paratoire au CCPCT est-elle financeable par le CPF ? Oui. La formation prĂ©paratoire Ă  l’examen de chauffeur de taxi est Ă©ligible au compte personnel de formation (CPF). Elle peut Ă©galement ĂȘtre financĂ©e par France Travail pour les demandeurs d’emploi.

Quelle est la diffĂ©rence entre l’EIRL et l’entreprise individuelle depuis 2022 ? Le statut d’EIRL a Ă©tĂ© supprimĂ© par la loi du 14 fĂ©vrier 2022. Depuis le 15 mai 2022, l’entreprise individuelle bĂ©nĂ©ficie automatiquement d’une sĂ©paration entre patrimoine personnel et professionnel, sans formalitĂ© particuliĂšre. Il n’est plus possible de crĂ©er une EIRL.

4.5/5 - (2 votes)

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.